On ne peut pas être riche et conscient du monde

La manipulation de l'esprit c'est la culture des faignasses de la conscience

Comment la foule, si peu solidaire aux alentours de l’opulence, si syndrôme-de-Stockholmisée quand elle est opprimée, et si émouvante quand on la libère (mais pas trop tôt surtout), tout d'abord adhère à l'oppresseur rassurant: pourvu qu'il soit malhonnête et lui permette aussi le "pas vu pas pris".

On se débrouille et d'onctueux bergers de toutes obédiences anesthésient en nous la dignité qui se révolte en absolvant l'impardonnable, à coup d'exercices de conformité, prières et pénitences.

La réussite sociale est accessible aux crétins pas trop mal nés pourvu qu'ils sachent en imposer et laisser présager d'un potentiel sadique en cas de contradiction, c'est une expérience tellement reproduite qu'on dirait un protocole scientifique pour une thèse de socio.

C'est le côté sympa des richissimes-en-poste, qui se disent simples pour faire du lien avec les masses qui les nourrissent, félicitent beaucoup, paient peu, et c'est la raison pour laquelle soit ils désignent les professionnels de l'art et de la culture comme la caste privilégiée à abattre, soit ils la singent (dans ce cas on comprend rien à ce qu'ils disent, ils ont appris à enfumer avec les mots des poètes et des grands hommes, et c'est assez dégueu).

Des fois que des gens prendraient goût à prendre le temps d'articuler des raisonnements complexes... Des fois que des gens se mettraient à trouver que c'est important d'éprouver de la joie sans rire, de créer... Des fois que tout le monde s'apercevrait que nous en avons tous le potentiel de tout cela si personne ne traque nos faux-pas d'apprenants pour en faire de malhonnêtes preuves d'incompétence...

Ceux qui dirigent ce monde ont la sympathie des faignasses du ciboulot de tous les horizons, et de toutes les classes sociales, bien contents d'être félicités, pour leur modestie, rassurés par la récompense. C'est l'Internationale Libérale. Cette fratrie-là est depuis toujours majoritaire et responsable de l'état du monde.

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