Le discours que pourrait faire Benoit Hamon pour rejoindre la France insoumise

Benoit Hamon a réclamé, au sortir de la primaire du PS, que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise le rejoignent pour constituer une force de gauche sociale et progressiste. Aujourd'hui le PS ne fait pas campagne pour Benoit Hamon qui paye les trahisons multiples de ceux qui s'étaient engagés à le soutenir. Ce billet est le discours que Benoit Hamon pourrait tenir dans quelques jours.

" Mes chers amis, mes chers concitoyens,

Le programme que je porte pour les élections présidentielles et législatives a été plébiscité à l'issu de la primaire de la belle alliance populaire. C'est alors plus d'un million de citoyens qui m'accordent leur confiance pour mener le combat politique nécessaire afin d'éviter la faillite humaine programmée par tant d'autres candidats. L'élan et la ferveur dont je fus témoin lors des réunions publiques auxquelles je participais m'ont poussé à croire que ces soutiens seraient suffisants. Le parti socialiste, et ceux qui s'en réclament, pensais-je, ne pourraient pas décemment s'opposer aussi frontalement et avec autant de cynisme, au candidat choisi par cette primaire. 

Je n'ai pas pris la mesure de l'ampleur des renoncements, des mises en retrait, des lourds et terribles silences de tous ceux qui,  par manque de courage, par opportunisme, ou encore par calcul politique, ont décidé d'attendre les bras croisés que la situation politique sondagière se décante avant d'arrêter leur préférence et de faire un choix. Etre dans cette état d'esprit et pratiquer l'attentisme c'est n'être déjà plus dans la défense des idées que nous portons, c'est surtout baffouer notre ambition et notre vision politiques pour la France. Ces postures faibles montrent à quel point les positionnements sont intéressés et combien je me suis trompé en considérant que la légitimité de la primaire serait suffisante pour faire campagne.

Les défections se succédent, les hésitations coupables sont nombreuses et je comprends avec douleur que le Parti Socialiste, compte désormais naviguer dans les eaux troubles d'un néo-libéralisme conforté par un réformisme comptable réduisant l'action publique à une soumission volontaire aux contraintes du marché et de la finance. Chaque jour qui passe les trahisons multiples à l'histoire et aux valeurs du Parti Socialiste, par ceux-là même qui sont censés le représenter, portent des coups funestes au programme que je porte et à ma candidature. Deux choix s'offrent aujourd'hui à moi, le premier serait de continuer à déplorer, abattu, la tournure que prennent les évènements dans une position de spectateur face à l'écroulement idéologique du Parti Socialiste dont la mission, quand il est au gouvernement, serait de faire office de chambre d'enregistrement des décisions prises par les acteurs économiques privés, les lobbies et les milieux financiers, à tous les intrus de la démocratie. Le second choix auquel je me dois de faire face, permet, de mon point de vue, de trouver une issue à la hauteur de la responsabilité qui est la mienne aujourd'hui afin de nous engager sur la voie d'un futur désirable.

Ce second choix s'est progressivement imposé à moi car je me trouve, suite aux agissements coupables d'individus de mon propre camp, dans l'impossibilité de poursuivre sereinement cette campagne électorale. J'ai donc décidé, dès à présent, de me dissocier du Parti Socialiste, qui n'a plus le ressort politique nécessaire, afin de permettre à la gauche et à ceux qui ne croient pas que nous n'avons plus pour seul horizon que la destruction de notre modèle social sur l'autel du remboursement panique de notre dette publique, de l'emporter. Comment accepter pour seul proposition politique et projet de société le remboursement d'une dette, par ailleurs tout à fait soutenable, que des esprits calculateurs essaient de nous présenter comme l'unique urgence démocratique?

J'ai donc décidé, pour en finir avec l'esclavage idéologique de la pensée économique néolibérale, qui a, rappelons le, profondemment et durablement perverti la société jusque dans les rangs du Parti Socialiste, de rejoindre dès à présent le seul mouvement en capacité de porter sans ambiguïté un projet honnête, intègre et dont les propositions permetteront de relever collectivement la tête quand tant d'acteurs politiques nous font l'injonction de la baisser. Une dynamique populaire sans précédent est en effervescence et nous ne pouvons pas l'ignorer. Cette dynamique nous  permet d'ores et déjà de nous projeter réunis pour sortir vainqueurs des élections à venir. Ce mouvement ample et généreux c'est celui de la France Insoumise et c'est celui de son candidat Jean-Luc Mélenchon.   

J'aurais l'occasion dans les prochains jours de préciser ma participation et la participation de mon équipe au sein de la France Insoumise. J'appelle donc tous les français, soucieux de justice sociale, de paix, tous ceux pour qui les priorités de la transition écologique et de la proclamtion d'une 6ème république citoyenne sont au centre de leurs préoccupations, à se mobiliser. Pour vous qui faites de l'apaisement de notre société et du respect des sociétés à travers le monde notre devoir, je vous invite à porter votre suffrage le 23 avril sur Jean-Luc Mélenchon et sur la France Insoumise. Je souhaite pouvoir dans les jours qui viennent, faire des propostions au mouvement de la France Insoumise afin d'enrichir et de compléter les propositions contenues dans le programme de l'Avenir en commun. 

Merci de votre attention et à très bientôt pour une victoire éclatante"

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.