Applaudir au balcon ...Voter comme des cons...

Applaudir au balcon …et voter comme des cons…

Applaudir au balcon, c’est bien, c’est gentil, c’est sympa, c’est peut-être même nécessaire
Le président des ultra-riches a même dit dans son appel du 16 mars : « le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences. »
Oui… mais ?

Mais le jour d’après, recommencer à voter pour des cons serait catastrophique et à désespérer du genre humain.
Faudra quand même réaliser que ce sont les mêmes qui surtout aujourd’hui (mais aussi depuis des décennies, avec notre complicité d’électeurs naïfs) en ont plein la bouche des « nos infirmières et nos médecins sont admirâââbles, ce sont nos héros du quotidien », qui ont organisé méthodiquement la destruction du système de santé, à coups d’exonérations de cotisations sociales, de T2a, de précarisation des agents publics, de bas salaires…
Les mêmes qui n’ont cessé de proclamer « il faut dégraisser le mammouth, il faut moins de fonctionnaires mais qu’ils soient mieux payés ».
Les mêmes qui ont réduit la recherche, notamment fondamentale, à la misère, pour privilégier la recherche et développement des entreprises, leur offrant les milliards du CICE avec les résultats que l’on sait : baisses d’effectifs, presque rien en termes de résultats (les investissements des labos pharmaceutiques auraient même diminué ! si l’on en croit France Culture de ce matin 21 Mars)
C’est vrai que les agents des services publics sont d’autant plus admirâââbles qu’ils sont de moins en moins nombreux et de plus en plus précarisés.

Les bonnes paroles, les riches n’en sont jamais avares : le bon peuple est si sensible, reconnaissant et affectueux quand on le caresse… Et il sait si bien se contenter de peu…

Alors ce jour d’après, préparons-le dès maintenant et le plus largement possible, en se répétant comme antidote: « cessons d’avoir peur, surmontons notre peur en échangeant entre-nous, en partageant nos connaissances, nos intelligences, nos sensibilités, nos savoirs et savoir-faire et ainsi se mettre en capacités de dire ce que nous voulons réellement comme destin de vie, de société ».

Ainsi pour répondre à la Macronie et consorts, en seulement quelques mots:
Oui NOUS allons vous en faire tirer les conséquences, Toutes les conséquences !

Alors, le jour d’après, il faudra se réveiller en commençant par ne plus re-voter …pour des cons. Vive l’autogestion !…

 

Appel:

Le Président l’a dit : « Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent (sic) . (…) le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant ».

Et si nous lui répondions : « Chiche ! Nous allons recenser toutes les aspirations au changement, toutes les propositions de changements, que la crise générée par l’épidémie aura suscitées. Nous allons les classer, les analyser, les hiérarchiser et les faire remonter au Président, au Gouvernement, aux Parlementaires, à toutes les institutions et corps constitués du pays. »

Mais nous allons aussi surtout les faire circuler au sein de la population du pays tout entier pour qu’elle s’en empare et organise elle-même les changement auxquels elle aspire. Et nous allons créer une plateforme pour recueillir toutes les propositions de changement.

C’est pourquoi nous pourrions lancer cet appel, et demander à tous de le faire circuler tout autour de soi tel un bon et utile virus, aussi efficacement et rapidement que l’a fait le méchant Covid-19 : « Connectez vous sur la plateforme XYZ (à créer) et exprimez-vous librement, mais surtout déposez les propositions concrètes qui vous tiennent à coeur, des plus modestes aux plus ambitieuses ! »

Des propositions qui, en tous cas changeraient vraiment votre vie au quotidien et celles de vos enfants, qui tiendraient enfin compte de l’intérêt général et pas de celui des 1% qui nous dirigent et qui décident de tout, en se moquant bien d’un Parlement qui ne sert plus qu’à changer des virgules dans les textes de loi dictés au gouvernement par leur petite minorité d’ultra-riches.

Pas besoin de se casser la tête : on écrit ce qui vient à l’esprit, comme ça vient.
Ne surtout pas se sentir illégitime, ignorant, impuissant et se comparer aux crânes d’oeuf de l’ENA, de l’Inspection des Finances et de Polytechnique qui nous gouvernent …avec la réussite que l’on sait.
C’est comme cela qu’ont été rédigés les Cahiers de Doléances avant le début de notre Révolution Française.

Mais ce pourraient être plutôt, cette fois-ci, les « Cahiers pour les jours d’après », parce que des Cahiers de Doléances s’adressent à quelqu’un (ou quelques uns) dont on attend quelque chose alors que désormais, par précaution, il nous semble, 231 ans après, que c’est A NOUS TOUS de faire nous-mêmes ce que nous avons à faire pour que ça change comme NOUS le souhaitons.
De ce fait les propositions pourront aussi concerner les moyens à se donner pour mettre en oeuvre le processus de changement, sans l’attendre une fois de plus « d’en haut ».

Souvenons-nous de ce qu’avait écrit, il y a cinq siècles, Etienne de LA BOETIE : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

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