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Cette COP ne se limitera pas à la réduction des gaz à effet de serre, elle inclura également la biodiversité, la bioéconomie, la justice climatique et le rôle important des forêts et de l’océan.
Dans un contexte international complexe la COP30 devra réaffirmer la détermination des Parties à travailler ensemble pour faire avancer l’action climatique au niveau mondial.
Les 194 Parties à l’Accord de Paris (193 pays ainsi que l'Union européenne) devaient soumettre leur nouveau plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant la conférence, mais à quelques jours de son ouverture, seuls 64 pays ont rendu leurs « contributions déterminées au niveau national ». Même le Brésil n’a pas proposé son calendrier de sortie des énergies fossiles et la Chine a envoyé des objectifs intéressants, mais qui pourraient être plus ambitieux. Les autres pays se regardent, s’analysent, mais beaucoup d’entre eux attendent les propositions de l’Union européenne pour placer au mieux la limite de leurs ambitions climatiques.
Il existe de grandes disparités entre les pays, les régions, les villes… : les émissions de GES (Gaz à effet de serre), sont proportionnelles au niveau de développement des pays et au niveau de richesse des habitants. Les 10% les plus riches sont responsables d’environ 40% de leurs émissions, soit 15 fois plus par personne que les 50% les plus pauvres. Les systèmes humains et naturels qui ont le moins contribué au changement climatique sont les plus affectés, ce qui entraîne des migrations contraintes d’Afrique, Asie et d’Amérique du Nord. Quant aux villes, l’intensification des évènements météorologiques cause des dégâts aux infrastructures (transport, hygiène, eau, énergie), ce qui va toucher encore plus fortement les habitants socialement et économiquement marginalisés.
L’objectif de rester en dessous de 1,5 °C en danger
Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, tire la sonnette d’alarme et déclare que les pays ont échoué à contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Même si l’Accord de Paris a permis d’envoyer des signaux forts, à inciter les États à investir dans de nouveaux secteurs comme les énergies renouvelables et à établir un objectif collectif face à la crise climatique, il atteint bientôt ses limites.
En juillet 2025, la Cour de justice internationale édite un avis consultatif rappelant que l’objectif de +1,5 °C n’est pas seulement politique, mais qu’il est une obligation juridique pour les États qui ont ratifié l’Accord de Paris.
Le 20 mars 2023, Le Giec (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) publie son sixième rapport de synthèse qui indique que pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, sans dépassement ou avec un dépassement limité, les réductions des émissions de GES devraient d'ici à 2035, atteindre 60 % de celles de 2019.
Au regard des éléments fournis dans les CDN (conservatoires d’espaces naturels), il est prévu une réduction des émissions de GES en 2035 estimées en moyenne à 17 % en dessous de leur niveau de 2019. La réduction totale des émissions sera donc très inférieure à ce qui est nécessaire pour le Giec.
La COP30 devra donc faire la synthèse des contributions nationales, préparer leur mise en œuvre collective et signaler les déficits dans les objectifs prévus de l’Accord de Paris, notamment la réduction des émissions des gaz à effet de serre avec surtout celle du méthane responsable du réchauffement rapide de l’atmosphère. Sans oublier de mettre en avant les solutions et les coopérations qui existent déjà (déforestation, développement des énergies renouvelables, promotion des transports décarbonés… ).
Les dossiers les plus délicats seront certainement la faiblesse des ambitions climatiques internationales, le manque de financement pour les pays pauvres, et la protection des forêts.
Les urgences
· Mettre fin à la déforestation et à l’effondrement des écosystèmes
Les forêts ont un rôle vital essentiel : elles stockent le carbone, protègent la biodiversité et régulent le climat. Pourtant, elles sont menacées et disparaissent de plus en plus rapidement pour satisfaire les intérêts économiques à court terme, comme incendier la forêt pour installer des fermes et pâturages pour d’immenses troupeaux de bovins ou cultiver du soja.
L’Europe et la France sont aussi responsables, car elles participent activement à la déforestation en important de la viande et des grandes quantités de soja pour l’alimentation des animaux d’élevage.
· Sortir des énergies fossiles
La production du pétrole, du gaz et du charbon est en grande partie responsable de la crise climatique, car elle représente 86 % des émissions mondiales de CO₂.
Partout sur la Terre, les populations en subissent les conséquences : vagues de chaleur, inondations, tempêtes, incendies… extrêmes et inédits. Ces catastrophes mettent en danger l’habitat, la santé, les conditions de vie et les écosystèmes.
Les Pays développés doivent programmer la sortie des énergies fossiles en commençant à mettre fin à tous les projets pétroliers et gaziers et s’engager pour une transition rapide, durable en garantissant l’accès à l’énergie pour tous.
· Faire payer les pollueurs
Pendant que les habitants, et surtout les plus vulnérables, subissent les conséquences de la crise climatique au quotidien, les principaux responsables de cette catastrophe engrangent des milliards de profits chaque année. Cette situation doit cesser : les entreprises polluantes doivent réparer les dégâts qu’elles font.
Les peuples autochtones et les communautés locales sont en première ligne. Ils luttent pour la reconnaissance et la protection de leurs territoires, pour leur survie et celle de leurs cultures.
· Lutter contre la pollution plastique
Des avancées clés ont été réalisées lors des pourparlers de novembre 2024 pour appeler à utiliser un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin. Il s’agit de parvenir à un accord sur trois domaines essentiels : les produits, leur production et leur consommation durables et le financement.
La COP, un moment décisif pour la planète et les populations
Cette COP30 ne peut pas être une COP « de plus ». Elle doit marquer un tournant historique : celui où les États cessent d’être commandés par les représentants d'intérêts économiques qui font passer leurs profits avant les vies humaines.
La situation en 2025 s’intensifie …
L’augmentation des températures et le niveau des mers
La fonte des masses de glace
La modification du cycle de l'eau
Le dégel du permafrost
Le dérèglement des écosystèmes
Ces effets sont surtout dus aux émissions de GES issues des activités humaines et si elles progressent s'intensifieront.
- « Des vagues de chaleur sans précédent » : l’année 2025 devrait être la 2e ou la 3e plus chaude jamais enregistrée, selon l’ONU
- D'ici à 2050, le niveau de la mer devrait s'élever de 10 à 25 cm supplémentaires et d’ici 2100, ce niveau atteindrait 26 à 82 cm.
- L’augmentation du taux de fonte des glaces en 30 ans est de 65%
- Les concentrations en gaz carbonique dans l’atmosphère sont les plus élevées depuis au-moins 2 millions d’années, elles ont augmenté de 11,4 % en l’espace de 20 ans
… et ce n’est pas fini
Depuis les années 1970, la date du Jour du dépassement avance. En 1998, il avait lieu le 30 septembre, en 2025 c’était le 24 juillet. A cette date, l'humanité a déjà consommé l'ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an. Chaque année, c'est le même constat, il arrive de plus en plus tôt.
En France, le jour du dépassement est arrivé le 19 avril 2025, soit plus de trois mois avant la moyenne mondiale. Si toute l'humanité vivait comme les Français, nous aurions déjà consommé toutes les ressources annuelles disponibles dès le printemps.
Et ce ne sont pas les mesures du gouvernement qui ralentiront le phénomène.
Car la route est toujours privilégiée au détriment du ferroviaire. Pour les déplacements humains, on ferme des lignes de train et on développe celles des cars. Pour les transports de marchandises, de moins en moins de trains et de plus en plus de camions.
L’alimentation, l'agriculture continuent d'utiliser des pesticides ravageurs comme le glyphosate qui n’est toujours pas interdit en France en 2025, même si son utilisation est encadrée. L'élevage reste très industriel et surdimensionné et la consommation de produits lointains ne diminue pas.
La production de l'huile de palme comme l’importation de bois sont responsables de la déforestation qui s’amplifie. Ces atteintes à la forêt est une véritable menace pour de nombreuses espèces animales et végétales qui disparaissent.
Côté positif : la part des énergies renouvelables progresse et est légèrement plus importante en France à environ 16 % que dans le monde (14 %).
Le 24 juillet 2025, l’humanité a donc consommé tout ce que produit la planète pour l'année, bien sûr pas toute l’humanité, celle qui vit au-dessus de ses besoins pour vivre, voire mal vivre… pendant que des centaines de millions d'humains meurent de faim.
Il est encore temps… mais urgence !
Pour que les adultes des pays développés soient conscients, vivent, produisent et consomment différemment, il faut que les enfants qui entrent à l'école maternelle soient sensibilisés à leur environnement et formés pour penser et agir ensemble, la coopération doit faire oublier la compétition et son enchaînement exponentiel de comportements dangereux pour l'humanité et la planète...
Et dans les programmes scolaires, dans les formations des enseignants et des éducateurs certes on parle un peu d'éducation à l’environnement, mais on n'évoque guère le mot nature et jamais les contacts avec elle. L'articulation entre la complexité du monde et la complexité de l'environnement naturel proche n'est guère envisagée.
· Et pourtant !
Les enfants doivent pouvoir explorer le monde naturel qui les entoure : sentir, toucher, regarder, écouter, être imprégnés, immergés, jouer librement... et le plus tôt possible. La nature n'est pas réservée aux seuls enfants des campagnes, elle est là partout... parfois un peu plus difficile à voir, à sentir, à écouter, à toucher dans les milieux urbains.
C’est de la responsabilité des adultes qui accompagnent l'enfant dans sa découverte du monde.
Les pédagogies humanistes et coopératives, comme la pédagogie Freinet ont les réponses. Mais qui le sait ou s'en préoccupe. On préfère à ces pédagogies – sans doute trop émancipatrices – des méthodes qui vont du plus simple au plus compliqué, sans surprise, sans détour, sans création où l'élève et l'enseignant sont de gentils exécutants.
Et pourtant, plusieurs milliers d’enseignants choisissent la pédagogie Freinet dans des établissements publics citadins et sont même très présents dans les quartiers prioritaires. Et ils sortent de l’école ! Car la découverte de l’environnement est naturelle à la pédagogie Freinet, même dans les grandes villes.
« Naturelle » est d’ailleurs une expression utilisée par Freinet pour montrer l’importance de ne pas séparer l’apprentissage du développement de l’enfant et du respect de ses cheminements singuliers et de ses tâtonnements.
Mais même s’il apprend par ses essais et ses erreurs, l’enfant a besoin d’un milieu suggestif, qui suscite le désir, d’un environnement bienveillant, riche de relations humaines et d’échanges de savoirs.
C’est toute la part des familles, des adultes qui accompagnent l’enfant.
C’est toute la part de l'enseignant, cet artisan de situations pédagogiques authentiques qui suscitent désir, curiosité, questionnements et donc recherches, enquêtes et travaux chez l’enfant.
C’est toute la part de la pédagogie Freinet qui vise des apprentissages ancrés sur la vie, sur l’environnement culturel, social, familial pour que l’enfant en devienne vraiment acteur, mais pas dans n’importe quel milieu éducatif, il lui en faut un libérateur, coopératif et démocratique, car être citoyen ne se décrète pas à seulement à partir de 18 ans.
· En quoi l'Éducation peut-elle peser sur l’avenir de l’humanité et de la planète ?
L’éducation devrait apporter à tous les enfants les moyens et les outils de lire et de comprendre le monde. Ainsi devenu adulte, chaque enfant aurait les capacités d’agir sur lui, en coopération avec les autres pour l’améliorer et le transformer. Il deviendrait ainsi un citoyen conscient, acteur et auteur !
J’emploie le conditionnel, car difficile lorsque l'on apprend par cœur pour des évaluations et des examens sans donner de sens, sans relier, sans tisser les savoirs et les connaissances dans un système compétitif et sélectif de comprendre son environnement.
Le monde est complexe, mais l’école continue de morceler, de simplifier, de résumer… et elle forme un citoyen individualiste et passif. Et nous, pédagogues Freinet, nous souhaitons construire un citoyen émancipé et créateur !
· Dans une classe Freinet
L’environnement qu’il soit naturel, social, culturel entre dans la classe : moments de paroles, exposés d’enfant ou de parents, correspondances, invitation de professionnels, utilisation de médias écrits ou visuels…
Les enfants sortent, l’environnement proche est une véritable encyclopédie à ciel ouvert. Le regard de l’enfant guidé, accompagné s’aiguise sur le vivant, la société, l’histoire, la géographie, la culture, les sciences…
Une plaque de rue, une vieille maison, une tour d’immeuble, un arbre penché, un coup de vent, l’envol d’un oiseau, une femme très âgée, un rai de lumière, une ombre sur le mur, un fauteuil roulant, un homme couché sur le trottoir, un musicien, un chauffard, une affiche… seront des amorces de questionnements, de débats, de recherches et de travaux.
Et dans les murs de l’école naîtront des poésies, des textes libres, des œuvres d’art, des exposés, des articles de journaux, de blogs… bref l’expression, la création, la coopération et la communication ne sont plus des vains mots parsemés dans les programmes scolaires, ils prennent sens et vie.
Et dans les murs de l’école, les enfants débattront, proposeront et élaboreront des projets, ils décideront… un véritable exercice quotidien de la citoyenneté et de la participation dans un environnement démocratique où empathie, compréhension, coopération, laïcité, diversité, mixité…. auront toute leur place.
· Si dans toutes les écoles c’était ainsi, les enfants devenus adultes
… dans les quartiers, les villes, les villages auront les capacités de participer et de prendre les bonnes décisions pour l’humanité et la planète.
… au sein du parlement, seront représentés les citoyens et les citoyennes avec la conscience du bien commun que représentent l’humanité et la planète.
N’oublions pas l’École est fille et mère de la société, une histoire pleine d’avenir !