Non à la répression pédagogique, soutien à Hélène Careil

Hélène Careil, professeure des écoles à l’école Marie Curie de Bobigny, militante pédagogique à l’ICEM-pédagogie Freinet et militante syndicale à SUD Education, a reçu un courrier du DASEN du 93 lui indiquant qu’il prévoyait une mutation « dans l’intérêt du service » à son encontre.

 Groupe Départemental 75, ICEM pédagogie Freinet Paris, le 8 février 2021

sorcieres93
Nous enseignant•e•s, praticien•ne•s de la Pédagogie Freinet dans nos classes, militons pour une école publique, émancipatrice et porteuse de sens pour les élèves qui nous sont confié•e•s.

A ce titre nous apportons notre soutien à notre collègue Hélène Careil de l'école Marie-Curie à Bobigny (93), injustement soumise à des pressions hiérarchiques qui se transforment aujourd'hui en une sanction injustifiée.

Il nous parait inconcevable qu’une collègue experte, conceptrice de ses outils, très fortement impliquée dans la vie de sa classe et de son école, se voie sanctionnée alors que RIEN ne peut, objectivement, lui être reproché. Cette mutation, en cours d’année, brise des vies : la sienne, celles de ses élèves et de ses collègues. C’est inacceptable.

D'autre part, cette répression s'attaque à la liberté pédagogique. Cette liberté pédagogique doit pourtant rester le cœur de notre métier : c'est elle qui nous permet de nous positionner en tant que chercheur•se, expert•e de terrain face aux élèves que nous rencontrons chaque année, toujours différents.

Attachée à celle-ci et aux valeurs de coopération et d’émancipation, nous continuerons à les faire vivre au quotidien dans nos classes et à être au côté de ceux et celles qui se voient attaqués dans cet engagement auprès de leurs élèves.

Le groupe départemental parisien de l'Icem-pédagogie Freinet sera présent mercredi devant la Dsden, pour soutenir Hélène Careil.

Tou·tes au rassemblement de soutien pour Hélène avec conférence de presse

mercredi 10 février à 15h devant la DSDEN 8 rue Claude Bernard à Bobigny

 

 Groupe Départemental 93, ICEM pédagogie Freinet , le 8 février 2021 

Nous, membres du groupe ICEM pédagogie Freinet 93 (GD93), tenons à partager notre indignation face à la répression que subit notre collègue Hélène Careil.

Il s’agit d’un exemple révélateur de ce que nous risquons aujourd’hui lorsque l’on essaie encore de penser par soi-même et que l’on cherche à travailler en équipe.

Qui sommes-nous pour considérer que l'émancipation des enfants est supérieure à celle de l’analyse des résultats des évaluations nationales ?

Qui sommes-nous pour chercher à nous former grâce au partage d'expériences au lieu d'avaler, sans réfléchir, les injonctions de l’institution ?

Serions-nous des brebis égarées ou bien représentons-nous une réelle force d’innovation au sein de ce marasme pédagogique qu’est l’Education Nationale ?

Hélène est investie depuis 7 ans dans le GD 93. S’engager dans un tel groupe c’est se placer en position de chercheur·euse pour analyser et améliorer sa pratique pédagogique.

Pour les pédagogues Freinet, il est essentiel de placer aussi les élèves dans cette position de chercheur.euse, en leur permettant de tâtonner dans leurs expérimentations. Démarche qui pour les enseignant·e·s, est devenue presque dangereuse car l’on voit comment l’innovation est valorisée par notre ministre : une mutation forcée !

Ce qui nous motive, c’est la coopération entre pairs et nous souhaitons partager cette expérience émancipatrice au sein des équipes pédagogiques. A l’école Marie Curie, où Hélène est investie depuis le début de sa carrière, l’équipe pédagogique fonctionne depuis presque 20 ans en privilégiant les projets coopératifs entre élèves, entre classes et entre enseignant·e·s.

Nous n’organisons pas de hiérarchie dans nos groupes ; nous avons tout·e·s quelque chose à apprendre des autres. Malheureusement notre institution est bien trop attachée à ce système archaïque donnant surtout aux petit·e chef·fe·s le pouvoir de sanctionner ! Pourtant, remplir les nombreuses tâches administratives nécessaires au bon déroulement de l’école est une missions effectuée par un·e ensignant·e déchargé·e, et non par un·e enseignant·e devenu notre supérieur.e hiérarchique. Il n’est, pour le moment encore, écrit nulle part que les enseignant·e·s ne doivent pas impulser de projet d’équipe. C’est précisément ce qui est reproché à notre camarade Hélène ; prendre des initiatives pour impulser des projets d’équipe au service des élèves.

Dans un département où l’institution peine à recruter de nouveaux enseignants, voilà que celles et ceux qui s’investissent le plus se voient remercié.es et déplacé.es. Nous peinons à voir autre chose dans cette sanction qu’un besoin de réprimer celles et ceux faisant vivre leur liberté pédagogique. Peut-être est-ce motivé par la crainte que cette liberté, cherchant à développer l’esprit critique des enseignant·e·s comme des élèves, finisse par remettre en question les injonctions de l’institution.

Nous demandons l'arrêt immédiat des poursuites à l'encontre de notre collègue accusée à tort par un pouvoir autoritaire qui cherche à nous museler.

Nous appelons au durcissement du mouvement si une quelconque sanction est retenue contre Hélène.

 

Il est également possible de signer la pétition : http://chng.it/q74dLDCp

Le soutien de l'ICEM-pédagogie Freinet : https://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files/soutien_icem.pdf

 

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