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Billet de blog 11 mars 2009

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Rapport concernant les incidents survenus en gare Montparnasse

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Rapport établi à Cenon le 6/3/2009.

Nous avions organisé, Mme. Pebarthe et moi, un voyage pédagogique à Paris pour la classe de 3eme. La journée s'était bien déroulée et nous nous trouvions sur l'esplanade devant la gare Montparnasse près du
manège, non loin de l'avenue du Maine, aux environs de 18h45. Vers 19h nous avons vu arriver, sirènes hurlantes, un nombre important de camions de police (?) de CRS (?), certain d'entre eux tractaient des petites
remorques. Ils se sont garés rue du Départ du côte de la Tour Montparnasse et sur l'avenue du Maine, près de l'entrée de la Gare.
Pour fuir le vacarme et parce qu'il était l'heure de nous acheminer vers notre train, nous avons pris les escalators et rejoint la plateforme des quais ... pour constater qu'il n'y avait aucun départ, ni aucun affichage du quai de notre train. Un message sonore nous a informés que les voies étaient bloquées par un groupe de manifestants. Probablement, ai-je pensé, ce doit être le petit groupe d'étudiants que nous avions aperçu à notre arrivée et qui chantait bruyamment* *sur les escalators 20 minutes plus tôt, en brandissant quelques banderoles.
Lorsque j'ai eu confirmation du message, par l'employée SNCF qui se tenait dans le kiosque vitré au centre de la gare, j'ai proposé aux 2 élèves qui le souhaitaient de les accompagner aux toilettes, puisque nous allions avoir un temps d'attente plus long que prévu.
Au sortir des toilettes situées côté rue du Départ au fond de la salle d'attente, alors que nous rejoignions le groupe, nous avons été obligées comme les voyageurs qui nous côtoyaient, de nous reculer précipitamment pour éviter une collision avec un groupe compact de policiers armés, casqués, boucliers sur le côté, marchant en une colonne. Au fur et à mesure que cette colonne avançait, en fonçant droit devant eux, leurs pas augmentaient de vitesse puis, ils se sont mis à courir en longeant les quais, en direction de la sortie rue de
l'Arrivée.Notre groupe était donc sur leur trajectoire.
J'ai guidé mes deux élèves vers la pharmacie, nous avons enjambé des bancs (!) et nous nous sommes refugiées derrière ceux-ci à l'entrée de la pharmacie. J'ai tenté vainement d'avertir Corinne Pebarthe sur son
portable. J'ai entendu des hurlements, des cris perceptibles malgré le bruit de la cavalcade.
Lorsque les passagers sont de nouveau allés près des voies, j'ai rejoint avec les deux élèves le groupe de 3eme. Corinne, persuadée qu'il restait encore deux élèves derrière le cordon de policiers, tentait vainement
d'obtenir la possibilité d'aller les chercher au delà du barrage du côté du hall central. J'avais peur pour elle, les policiers étant agressifs, menaçants et moqueurs. Je suis partie sur le quai du train avec le
groupe d'élèves, et j'ai essayé de la joindre pour lui expliquer que les deux élèves avaient réussi à passer par un autre barrage et nous avaient rejoints. Finalement, elle est venue sur le quai.
L'agent SNCF du quai nous a indiqué notre wagon tout proche et dès le départ du train, le contrôleur SNCF nous a pris en charge et s'est occupé de rechercher puis seconder le médecin militaire qui s'est portée
volontaire. Elle a examiné et secouru les enfants blessés et ma collègue ( brutalisée et blessée elle aussi).
A notre arrivée en gare de Bordeaux, les parents alertés dont les enfants nécessitaient des examens complémentaires se sont rendus à la clinique des 4 Pavillons de Lormont.
Catherine Brétéché
Enseignante de français
Collège Jean Jaurès

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