Vous avez dit philo ?

Bac philo, bac philo... la musique de la journée sur toutes les radios, les télés, etc. La philosophie, on ne peut pas s’en passer aujourd’hui ! Et pourtant, la philo ce n'est pas pour tout le monde !

Bac philo, bac philo... la musique de la journée sur toutes les radios, les télés, etc. La philosophie, on ne peut pas s’en passer aujourd’hui ! Et pourtant, la philo ce n'est pas pour tout le monde !

Tous les candidats ne sont pas concernés. Seules certaines filières proposent des cours de philo, pour les « professionnels » restons dans l'utilitaire, la réflexion, ça ne sert à rien pour démonter un moteur, pour soigner un malade, pour couper les cheveux… et on n'a pas le temps !

Ces candidats au bac pro exclus de l’épreuve de philo, comment se sentent-ils aujourd’hui ? Même s’ils sont préoccupés par leurs épreuves, ils ressentiront cette indifférence, voire le mépris de notre société sur leur parcours scolaire. Sans oublier ceux qui ne passent pas le bac, ces milliers de jeunes invisibles.

Faut dire qu’ils ont l’habitude, ils se sont retrouvés pour la plupart au lycée professionnel, car ils étaient jugés incapables de suivre les filières générales et techniques, l’humiliation et le mépris de l’institution, ils connaissent. Heureusement, souvent ils retrouveront un peu d’estime d’eux et de confiance au sein du lycée professionnel qui leur offre un parcours restructurant et des professeurs bienveillants.

Mais pour autant, les disciplines qui ouvrent sur le monde, le questionnent, c’est fini : pas de philosophie et peu d’histoire-géo et de littérature.

Une partie de la jeunesse est ainsi considérée par notre système éducatif comme incapable de penser et de comprendre la complexité du monde

La philosophie, on ne peut pas s’en passer aujourd’hui !

Eh oui ! C’est dans la nature de l’être humain de se questionner sur le monde et dès ses premiers pas et ses premières expérimentations sur le monde.

Donner du temps à la réflexion, au questionnement dès la maternelle, c’est non seulement possible, mais indispensable.

Des temps de réflexion, de débat devraient ainsi jalonner toute la scolarité pour :

– Prendre conscience de ses représentations du monde et découvrir celles des autres, les exprimer et les transformer, car nourries des connaissances mutualisées.  

– Relier ce qu’on pense avec ce qu’on apprend est essentiel pour donner du sens aux savoirs qu’ils soient scolaires ou non et aux cultures familiales.

– Penser avec ses pairs avec l’accompagnement d’un adulte permet de se distancier des informations qui déferlent dans les médias et sur les réseaux.

– Chercher des informations, des textes pour consolider son discours et argumenter.

– Écouter, entendre les idées de l’autre et accepter de ne pas avoir le même avis.

Le nouveau socle commun publié en 2015 prévoit des temps de réflexion et de débat dans tous ses cinq domaines, utilisons-les, développons-les sans oublier les espaces éducatifs hors scolaire. Et les grands textes de philosophes trouveront naturellement leur place dans tous les établissements scolaires au grand plaisir des professeurs !

La réflexion, le questionnement et la mise en mots de sa pensée tout au long de la scolarité permettraient à tous les jeunes d’être des citoyens acteurs et auteurs de leur participation à la société.

Des enseignants, des éducateurs dès la maternelle l’ont compris, ce sont souvent des praticiens des mouvements pédagogiques et d’éducation populaire.

La philosophie tout au long de la vie et pour tous !

Réfléchir et questionner le monde, ce n'est pas que pour quelques-uns !

Notre monde a besoin de toute sa jeunesse !

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