« Cinquantenaire de la disparition de Célestin Freinet : lancement du numéro spécial du Nouvel Éducateur, revue pédagogique du mouvement Freinet. »
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Une table ronde avec : Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche - Catherine Chabrun, rédactrice en chef du Nouvel Éducateur - Pierre Frackowiak, inspecteur de l’Éducation nationale honoraire - Arnold Lambert, professeur au collège-lycée expérimental Freinet (CLEF) - Claude Lelièvre, professeur honoraire d’histoire de l’éducation, université Paris V - Christian Rousseau, directeur d’école, ICEM-pédagogie Freinet.
Ont suivi de nombreux échanges et interventions de la part des invités. Un moment riche et dense avec des questions pertinentes à la ministre qui a répondu sans artifices.
Les invités représentaient le monde de l’éducation : syndicats, associations, enseignants des premier et second degré, chercheurs, formateurs….
Avec une grande absente la Presse !
Deux journalistes seulement étaient présents – merci à eux, notamment à ToutEduc qui a publié un article*.
La pédagogie n’attire pas les professionnels des médias… sauf quand elle est sur le banc des accusés pour assassinat de l’école, avec la photographie de ses complices !
Ou quand elle se vend, car rejetée par l’Éducation nationale qui refuserait ce qui est bon pour les élèves comme dans l’ouvrage de Cécile Alvarez.
Il faut aussi que le sujet soit « vendeur » avec un titre à faire le buzz !
Une pédagogie qui chemine au sein de l’Éducation nationale, même si c’est en petite quantité… n’attire pas les colonnes des journaux. Il faudrait qu’elle défende la méthode globale, qu’elle refuse l’orthographe, qu’elle supprime le latin… pour faire hurler les journalistes chargés d’éveiller la prise de conscience de leurs lecteurs et des dangers potentiels d’une telle pédagogie.
Mais quatre-vingts ans de bons services pour l’éducation des enfants, particulièrement ceux des milieux populaires n’inspirent guère leur plume ou leur clavier. Qu’importe si trop peu d’enfants en profitent, tant que l’école reste ce qu’elle est, car elle a été bonne pour eux et le sera pour leurs héritiers, tout va bien.
Ces journalistes écriront encore de nombreux articles sur les inégalités scolaires, sur les insuffisances en français des élèves des milieux populaires, sur la violence à l’école…
Mais quand une pédagogie rassure, redonne confiance, apaise une classe tout en permettant à chacun de ses élèves de progresser dans leurs apprentissages selon des rythmes personnalisés, de prendre des responsabilités, d’agir sur leur travail, de prendre en compte l’autre dans ses attitudes et comportement…. on n’en parle guère. Pourtant, c’est ce que permet la pédagogie Freinet aujourd’hui de la maternelle au Lycée et dans l’enseignement public. Mais ce n’est pas vendeur !
Les médias préfèrent Montessori et ses écoles privées à Freinet et l’École publique.