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Billet de blog 24 septembre 2014

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L'Ecole ne pourrait pas tout ?

De rapport en rapport, PISA, OCDE… notre école est la championne de la reproduction des inégalités sociales.L’École en prendrait conscience : loi de refondation de l’école en 2013, développement de l’éducation prioritaire, nouveaux programmes, réflexion sur l’évaluation en 2014 et 2015…

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

De rapport en rapport, PISA, OCDE… notre école est la championne de la reproduction des inégalités sociales.

L’École en prendrait conscience : loi de refondation de l’école en 2013, développement de l’éducation prioritaire, nouveaux programmes, réflexion sur l’évaluation en 2014 et 2015…

Pourtant, on entend encore que l’échec scolaire n’est pas toujours de la responsabilité de l’école et de ses professeurs, mais de celle des enfants et de leur famille :
-  ils sont malades (décrochage, agressivité, hyperactivité, dyslexie, dysorthographie), les parents devraient les soigner ;

-  ils ne veulent pas travailler, leurs parents sont laxistes ;

-  ils sont d’origine étrangère, leurs parents n’utilisent pas le français à la maison ;

-  ils ont une autre culture, leurs parents ne respectent pas les valeurs de l’École ;

-  ils vivent dans la pauvreté, leurs parents ont quitté très tôt l’École et ne peuvent pas les aider…

Les experts et les spécialistes sont là pour tout expliquer !

Et si l’École ne peut pas tout, le marché de l’éducation se lèche les babines en les écoutant, un magnifique gâteau à se partager :

- des  consultations, des prescriptions de médicaments ;

- des livres et des cahiers de soutien pour les « aides personnalisées », l’aide aux devoirs…

- du soutien scolaire, des révisions et des mises à niveaux pour passer en classe supérieure, et ceci dès la maternelle ;

Un vaste marché de l’exploitation de l’échec et de la souffrance scolaires, de l’angoisse des parents et de l’espoir qu’ils projettent.

Et l’École continue :

 - de transformer les erreurs en échec oubliant qu’elles ne sont que parties prenantes des démarches d’apprentissage de l’enfant qu’elle étiquettera « élève en difficulté » ;

- d’ajouter du travail supplémentaire dans les temps prévus de l’APC (Activité pédagogique complémentaire) si l’enfant ne suit pas le rythme d’apprentissage de la classe, ce qui va l’exclure des projets culturels de l’école proposés sur les mêmes temps ;

- de qualifier d’« élève non motivé », celui qui ne s’intéresse pas au cours ou à la leçon du professeur, sans remettre en question la manière magistrale de transmettre ;

- d’orienter précocement l’élève qui persiste à ne pas réussir, les savoirs savants ne sont pas pour lui, quelques savoirs techniques lui suffisent et elle lui apprend le métier auquel il n’a jamais rêvé ;

- de le mettre en apprentissage s’il continue à ne pas suivre, tant pis pour les cours d’enseignement général qu’il ne pourra plus suivre ;

- de stigmatiser un adolescent violent, agressif en « jeune délinquant », même si elle concède qu’il a des circonstances atténuantes, il perturbe et elle l’exclut de l’établissement.

Et en 2014, l’École ignore encore trop souvent les mouvements pedagogiques qui l'aideraient à résoudre une partie de ses difficultés, celles bien sûr qui ne sont pas liées à la dégradation du niveau de vie des familles, au recul des droits sociaux et à la stigmatisation de notre société de certaines de ses composantes…

Mais il faudrait une véritable volonté politique pour décider que l’École permette à tous les enfants d’apprendre ensemble, de se construire, de comprendre le monde et l’humanité dans un système coopératif, participatif et non sélectif !

Quels bouleversements démocratiques pourrait-on s’attendre avec de tels citoyens et citoyennes ainsi formés ? Ce qui freine sans doute les élus et les gouvernants successifs.

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