Un mouvement «bon enfant»?

L’expression « bon enfant » a qualifié largement les différentes actions des gilets jaunes dans les médias et dans la parole politique.

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Quelques exemples :

Barrages filtrants bon enfant

Marée de gilets jaunes bon enfant

Gilets jaunes, ambiance bon enfant

Le  mouvement bon enfant des gilets jaunes

Gilets jaunes, pique-nique bon enfant

Des rassemblements bon enfant

Des blocages bon enfant

« Deux types de manifestants : ceux que je qualifie de "bons enfants" passant un message, une revendication et ceux qui sont violents. » (Le ministre de l’intérieur)

L’expression n’a pas été employée pour le mouvement #NousToutes ou alors nuancée : « Les défilés du 24 novembre initiés par le mouvement #NousToutes se sont déroulés dans une ambiance bon enfant, mais consciente de la gravité du combat. »

Les principales définitions de l’expression « bon enfant » :

L'événement est joyeux, bon enfant, il y a presque un côté festif,

Qui a une gentillesse simple et naïve.

Aimable, indulgent, bon, pour une personne.

Le mouvement des gilets jaunes serait donc joyeux, festif, gentil…  voire naïf ?

Pourtant sur tout le territoire,  le rejet des nouvelles taxes sur le carburant s’est nourri des difficultés matérielles, de la baisse de pouvoir d’achat et du mépris des élites politiques. Les témoignages des gilets jaunes révèlent un fort malaise général, une perte de dignité et un fort ressentiment contre la politique de Macron.

Avec une nouvelle donne pour un mouvement national : la mobilisation s’est faite en dehors des organisations politiques et syndicales traditionnelles, grâce aux réseaux de proximité  ou « sociaux ».  

 Jusqu’au 24 novembre, les actions des gilets jaunes ont été qualifiées de « bon enfant » et ont reçu un accueil exceptionnel de la part des chaînes d’information continue ce qui a rapidement donné au mouvement une dimension et une sympathie nationales.  L’audience recherchée était assurée par la forme de la médiatisation : mise en spectacle des actions et des témoignages en s’appuyant sur le côté « bon enfant » des gilets jaunes. 

Au lendemain des incidents sur les Champs-Élysées, on n’entend plus l’expression « bon enfant » pour les gilets jaunes, mais plutôt de « Français paisibles » et pour les auteurs d’incidents de « Français en colère ».

Les chaînes d’information continue insistent plutôt sur la désignation de porte-paroles, sur l’abandon d’un projet péage à l’entrée des villes, sur les propositions à venir de Macron et un peu moins sur les blocages du jour.  Les autres points d’actualités sont traités au même niveau que les actions des gilets jaunes…

Pas d’état d’âme, l’audience avant tout, les chaînes d’information continue feront le spectacle avec les actions des « Français paisibles » ou des « Français en  colère » selon ce qui pourra rapporter le plus d’audience.

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