Une invitation dans la poche, ce matin, je me suis rendue à la cérémonie en hommage à Jean Jaurès au Café du Croissant – renommé la Taverne du Croissant – là où il y a 100 ans, Jaurès était assassiné.
Il est 9 h 30, beaucoup de journalistes, de policiers, et de personnalités, une petite cohue dans un espace restreint, mais à part les journalistes, peu de personnes derrière les barrières pour assister à cette cérémonie.
9 h 40, François Hollande entre dans le Café avec Bertrand Delanoé.
9 h 45, il ressort avec Sigmar Gabriel (vice-chancelier allemand), ils déposent chacun une gerbe.
9 h 50, ils entrent de nouveau dans le Café et s’attablent un petit moment.
À la question d’un journaliste pour savoir quel est le message de Jean Jaurès, cent ans après, François Hollande répond : « La paix et l'unité, le rassemblement de la République ». Quel engagement !
Avant de monter dans sa voiture, Hollande cherche le bain de « foule » des quelques personnes présentes derrière les barrières. Il signe quelques autographes. Pas de sifflets, on entend même quelques applaudissements…
10 h, la cérémonie commence, Bruno Julliard représente la mairie de Paris. On remarque l’absence d’Anne Hidalgo. Pas un mot. L’Hymne européen retentit, mais pas l’Internationale !
10 h 10, dépôt de gerbe et silence de recueillement
Quelques mots du président de la Fondation Jean Jaurès, j’en retiens quelques-uns, ceux qui sont malheureusement très significatifs. De mémoire : Jaurès n'est plus ni à gauche, ni à droite, tous les Français l’aiment, il fait partie du patrimoine.
10 h 15, la cérémonie est terminée.
Elle a duré quinze minutes ! Sobriété ou crainte d’être conspué ?
J’ai un peu de temps à perdre avant le discours de Patrick Le Hyaric, le directeur de l’Humanité. Le Café se remplit, les discussions s’improvisent. Des personnes assez âgées, souvent communistes, évoquent le Conseil national de la résistance, les grandes heures du journal l’Humanité, les regrets et reproches des choix du gouvernement actuel… Je retrouve Emmanuelle, une militante pédagogique que je n’avais pas vue depuis longtemps, je croise et salue Gérard Filoche. Enfin, un peu de chaleur humaine !
Les barrières s’ouvrent, quelques journalistes encore, mais beaucoup moins !
Beaucoup de personnes arrivent et s’installent devant le Café du Croissant. On entend « Le temps des cerises », repris en chœur, puis la foule entame l’« Internationale ».
11 h 15, Patrick Le Hyaric, directeur de L'Humanité, arrive, il nous offre un long hommage sur l’homme, le politique, le militant… qu’était Jean Jaurès, tout en évoquant le contexte actuel et les trahisons du gouvernement socialiste. Il parle longuement de Gaza, des chrétiens d'Orient, et de l'Afrique.
Pour l’écouter : http://www.humanite.fr/lactuel-directeur-de-lhumanite-rend-hommage-au-fondateur-du-journal-548695
Pour le lire : http://collectifbrignoles.over-blog.fr/2014/07/discours-de-patrick-le-hyaric-pour-le-centenaire-de-l-assassinat-de-jean-jaures.html
La Marseillaise, puis l’Internationale reprise par tous terminent le discours.
Il est midi, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon, et le secrétaire d'État aux Anciens Combattants et à la Mémoire, Kader Arif, arrivent devant le Café du Croissant pour rendre hommage à leur tour à Jean Jaurès.
Ce sont des huées, des sifflets qui les accueillent, beaucoup scandent « Trahison ! » Ils ont beaucoup de difficultés à déposer leurs gerbes.
Il est 12 h 15, je m’en vais rejoindre le métro.
Je souhaitais voir par moi-même et bien c’est fait ! Je vais retourner dans mes lectures de Jean Jaurès