Du désir d'enfant au "tout est possible"

Pour une prise de conscience. - Du désir d’enfant au « tout est possible ».- Que penser de ladite GPA ?

 

 Ce mardi 2 février 2016, viennent de se tenir, salle Victor Hugo de l’Assemblée Nationale,  les Assises pour l’abolition universelle de la maternité de substitution.

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Pour qui désire signer la Charte pour l’abolition de la maternité de substitution (GPA), le lien est le suivant : http://abolition-gpa.org/charte/.

 

      Il fut dressé un état des lieux d’un véritable marché des femmes et des bébés, par la pratique de la GPA de part le monde. Les couples stériles, en désir d’enfant et originaires des pays développés sont à la recherche de la femme qui, à un moindre coût en Inde, Thaïlande …)  pour un complément de ressources portera le foetus pendant les 9 mois de grossesse. Les « mères porteuses »  sont alors réunies et détenues tout le temps de leur grossesse dans des bâtiments spécifiques. Elles perdent alors leur liberté de mouvement, dépendantes d’organisations édictant, pour elles, des règles draconiennes, tant sur l’alimentation que sur l’hygiène ; elles ne seront pas payées en cas de fausse-couche, n’ont aucun droit  et ne participent à aucune décision, la clinique décidant de tout. Jusqu’à 5 embryons peuvent être transplantés, avec césarienne obligatoire, sans qu’à aucun moment ne soit exigé le consentement de la « mère porteuse ». D’ailleurs ces cliniques sont en train de devenir de grands complexes d’établissements dédiés à cette pratique mercantile de la GPA.  A la naissance, les bébés « non conformes » grossiront les orphelinats. Les enfants nés ainsi ne sont protégés par aucune loi, autant de questions non résolues, en Iran, à Dubaï …

 

-          Il y a manifestement violation des Droits de l’Homme fondamentaux.

-           Le vivant est devenu un ensemble de pièces détachées : cellules, tissus fragmentés et privatisables. Echanger, acheter, vendre de la chair humaine fait dire que nous sommes entrés dans un nouveau « marché cannibale ». Etre humains, nous sommes à la fois des cellules, et des porte-monnaies.

-          Depuis les années 80, les brevets qui portaient sur l’inanimé, sont progressivement passés sur l’ensemble du vivant; cependant, la GPA ne s’inscrit pas dans un processus d’évolution mais dans une rupture, compte tenu de cette conjonction de l’Economie et de l’Ethique. La GPA est  « un nouveau service » où l’être humain en est le capital. De plus, cette pratique procure une sécurité économique aux populations les plus pauvres.

-          La naissance est un acte unique, mais qui entre désormais dans le registre de la fabrication, ainsi donc du monde marchand. La bioéconomie actuelle est devenue un service économique qui entre en rupture avec l’éthique. Dans ce cas précis de la GPA, ce n’est pas un prix qui est accolé à l’être humain, mais le service rendu par l’utérus et toute la physiologie d’un corps féminin.

-          Dans ces conditions, avec la marchandisation et du corps de la femme « porteuse » et de l’enfant qui, dès sa naissance, sera séparé de la femme de substitution pour être remis au couple acheteur, en établissant les seules règles économiques d’un tel échange,  est-il envisageable de concevoir une pratique éthique de la GPA ? C’est l’issue qu’hypocritement certains pays européens proposent, avec les meilleures intentions du monde et surtout en fermant les yeux sur une pratique qui se satisfait de l’asservissement et de la servitude des femmes dans ce « marché des ventres néocolonial » (Sylviane Agacinski).

-          Le terme-même de GPA (Gestation Pour Autrui) est des plus contestables. Bien évidemment ces 3 lettres à la manière de AMP (Procréation Médicalement Assistée), confère à ces initiales un caractère pseudo scientifique à cause de l’intervention médicale pour l’implantation d’embryons.  L’appellation de GPA est donc plus présentable que « mère porteuse », pour authentifier et valider une pratique qui se contente de la nouveauté technologique sans s’encombrer de questionnements éthiques. Selon le terme de René Frydman : «  Il  y a beaucoup de monde aujourd’hui autour de la naissance d’un enfant ».

 GPA : Le pour autrui, confère à cette dénomination une connotation altruiste.  Illusion donnée par cette habile alliance de mots. La femme est toujours payée, et si elle ne l’est pas, elle est exploitée (contrainte à l’immobilité, et dans une situation d’asservissement dans une logique de « tout est possible, tout est à vendre »).   La maternité de substitution, relève d’ une éthique instrumentale. Certains,  à l’instar de  Geneviève Delaisi de Parseval ont même soutenu, en d’autres temps,  que la maternité reste à définir en prônant la notion de  « maternité partagée ».  Avec une humanité qui se veut de plus en plus efficiente («  la récente réunion de Davos, fut très centrée sur les promesses techniciennes »), tout cela confirme bien que nous sommes entrés dans une société algorithmique, sans complexe sur la numérisation des humains,  assumant la primauté de l’expérience privée au détriment de l’expérience publique.

 Le médecin Jean Daniel Rainhorn de Genève souligne que pour l’OMS, la GPA n’est pas considérée comme  posant des problèmes de Santé Publique.  Or  elle est un questionnement  sur l’avenir de l’humanité. Nous sommes déjà, dit-il engagés dans la commercialisation de l’humain,  avec des besoins en augmentation,  comme par exemple la commercialisation des collectes de produits sanguins.  Il en est de même au sujet des transplantations  d’organes et le tourisme des transplantations, ainsi que l’exemple de l’Espagne affichant ses bio-banques pour la collecte des ovocytes … Ces pratiques étant  en fait pratiquées par des médecins,  il serait urgent d’établir des conventions transversales qui  interdiraient toute commercialisation du corps humain.

Est souligné l’intérêt de l’enfant dans tout cela,  comme l’accès à ses origines qui lui est refusé. Les Droits de l’enfant sont bafoués au nom du droit à l’enfant.

 

Les  participantes et participants aux Assises pour l’abolition universelle de la maternité de substitution (GPA), « dans leur objectif de rassembler des responsables politiques de toute l’Europe, des associations féministes et de défense des droits humains, des chercheuses et des chercheurs de toutes disciplines, en vue de montrer et de combattre l’injustice d’une pratique sociale qui porte atteinte aux droits fondamentaux de l’être humain,   ont dressé un état des lieux de la maternité de substitution dans le monde, c’est-à-dire du marché des femmes et des nouveau-nés.

Ils en appelleront à la responsabilité politique des Etats pour lutter contre une pratique aliénante pour la personne humaine et source d’une exploitation sexiste et inégalitaire. »

 

Une charte est en cours de signature.

 

 Pour qui désire signer la Charte pour l’abolition de la maternité de substitution (GPA), le lien est le suivant : http://abolition-gpa.org/charte/.

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