Qui pourra encore dire: «Il n'y a pas d'auteures femmes»?

 

Après ce marathon de lecture « L’Habitude de la liberté »

de 24H non stop

 

L’appel à texte lancé par Carole Thibaud, auteure/autrice, metteuse en scène et fondatrice de la Compagnie Sambre, plie et démonte tout malentendu.

 Du vendredi 15 juin 22H au samedi 16 juin 22H.

72 auteures/autrices ont pris la parole.

72 auteures/autrices se sont croisées, reléiées, écoutées, rencontrées.

72 femmes auteures/autrices ont partagé pendant 15 minutes, des extraits de leurs œuvres : pièces, romans, textes courts…

72 auteures/autrices se sont emparées de la scène de Confluences, lieu artistique engagé, pour que cesse la rumeur : il n’y a pas d’auteures femmes.

 Nous existons tout autant que les auteurs hommes. Nous sommes moins représentées, moins dans la lumière, mais nous ne sommes pas moins. Si vous preniez le temps de nous découvrir, de nous rencontrer, de nous chercher, de vous informer au lieu de vous réfugier, Messieurs, derrière de faux arguments, de fausses excuses. Si vous arrêtiez d’utiliser des pirouettes, des faux-semblants, pour vous dédouaner et faire comme si nous n’existions pas.

 72 auteures/autrices ont lu, ou ont été lues, une cinquantaine n’ont pu l’être. 24H dans la vie d’une femme c’est court, mais long à la fois et surtout pour les organisatrices et organisateurs de l’évènement, mais un manifeste artistique et politique de cette ampleur ne peut rester unique.

Il doit être entendu, partagé par le plus grand nombre pour faire bouger les lignes, les mentalités de cette société encore et toujours, et affreusement machiste et rétrograde.

 Si la scène du marathon était réservée aux femmes, il ne l’était pas pour le public.  Les femmes n’écrivent pas que pour les femmes, et tant mieux. Encore un lieu commun à bannir de notre vocabulaire.

 Des interventions fort intéressantes ont ponctué les lectures. Aurore Evain (dramaturge, chercheuse et co-directrice de l’anthologie Théâtre de femmes de l’ancien régime) a fait un rapide tour d’horizon chiffré de la situation des femmes dans le spectacle vivant. Nous avons pu constater avec effroi que depuis des siècles ça ne s’améliore pas et que la tendance se dégrade. Véronique Ataly vice-présidente de HF Ile de France et Blandine Pélissier co-fondatrice, ont présenté la saison égalité H/F et les avancées importantes en matière de parité.

 Avant la création d’H/F Ile de France et le rapport de Reine Prat, le paysage artistique, plutôt tendance masculine, n’était pas inconnu, mais la prise de conscience n’était pas à jour. Finalement, sans s’en contenter, on devait l’avoir digéré.Après la lecture de ce rapport, pourcentages à l’appui, on constate que la plupart des théâtres nationaux sont dirigés par des hommes, que les programmations privilégient plutôt des auteurs et metteurs en scène hommes, que les baguettes des chefs d’orchestre sont plutôt conçues pour des mains d’hommes, que le festival de Cannes a donné une seule palme d’or féminine en 60 ans et que le choix en sélection officielle n’est pas représentatif.Chiffres à l’appui, le paysage n’est plus abstrait, mais terriblement déprimant car concret.

Cependant, le regard change, des avancées sont visibles, une prise de conscience frémit, les choses bougent et l’espoir renaît. On ne pourra désormais plus dire qu’on ne savait pas. Nous pouvons que rendre hommage à H/F Ile de France pour le travail effectué, mais les femmes doivent également se présenter dans les commissions, à la direction des théâtres, dans les Conseils d’administration pour impulser et affirmer leur existence.

Celui qui ose  dire qu’il ne trouve pas d’auteures femmes  à éditer, à mettre en scène suivez le lien :

http://lhabitudedelaliberte.over-blog.com/ 

et vous en trouverez plus que vous ne l’espérez.

 Après la lecture de ce blog, vous ne pourrez plus dire : « il n’y a pas d’auteures femmes »

 

 

 

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