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Billet de blog 28 avr. 2013

Tout ce qui dépasse y passe...(anonyme)

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Au nom du respect de la diversité, on réintroduit les ours dans les Pyrénées, on réimplante les loups dans nos montagnes, on se bat pour sauver la poule landaise menacée d’extinction et on n’est même pas foutu de protéger l’un des derniers peuples nomades, précieux témoignage de notre humanité :
Les Roms.
Pire, on les chasse.
Il faut être aussi con, inculte et populiste qu’un ministre de l’intérieur pour vouloir rapatrier les membres d’une communauté qui précisément n’ont pas de territoire. Et c’est bien tout le paradoxe de ces crétins de libéraux, mondialisés de la marchandise et des capitaux, plutôt que des hommes, que de vouloir expulser ou intégrer (c’est selon) ce peuple itinérant, qui se joue des frontières et dont le rayon d‘action est précisément le monde.
Car, qu’ils soient roms, tsiganes, gitans, manouches, bohémiens, romanichels et plus loin encore, bédoins ou touaregs, ils sont l’expression même de ce que nous fûmes avant que de nous sédentariser, en privatisant l’espace et le temps, avant que de nous mettre des barbelés autour de nos nombrils et de nos « Sam Suffit » : des gens du voyage.
Ils étaient nous avant la sédentarisation, avant la propriété privée, avant l’invention du digicode et du portail automatique. Ils étaient nous et restent donc cette fragile et essentielle trace de nous, de notre part d’humanité errante, de quand nous nous déplacions au gré des saisons, au cul des troupeaux. Cette ultime trace.
Que cette libre circulation, en tant que résidents européens d’ailleurs, reconnue par la loi, fassent grincer nos dents de petits propriétaires terriens, mêmes locataires d’un deux pièces cuisine, ne doit pas nous surprendre. Deux modes de vie opposés dans un même espace, de ceux qui restent et de ceux qui passent, de ceux qui exploitent et de ceux qui prélèvent, et qui ne peuvent qu’être étrangers là précisément où ils s’installent avant que de tracer la route.
En ce sens, cet étrange voyageur ancestral, non pas d’un monde globalisé à l’industrie low cost du séjour tout compris, est précisément l’ennemi du tourisme. Il ne visite pas. Il se déplace. Il est l’itinérance.
N’empêche, quand une société en est à conserver jusqu’à la muséification son patrimoine, à réintroduire des espèces en voie de disparition et n’est même plus capable de reconnaître comme inestimable cette part d’elle-même, alors elle est réellement en voie de ‘dé-civilisation’.
Du camp de travail au camp d’internement, tel le juif errant, discriminé, stigmatisé, exterminé (50 à 80 000 morts dans les camps nazis) désigné comme bouc émissaire, considéré comme faisant partie d’une « race inférieure » le rom, cet indésirable, cette éternelle cible des haines faciles et primaires est justement notre indispensable sentinelle.
Comme le canari au fond de la mine première victime du coup de grisou à venir, il nous alerte des vents mauvais, du pire qui rôde, de l’eugénisme à venir, de cette infecte ’aube dorée’ s’en prenant comme toujours en temps de crise, schéma décidément aussi identifié qu’indépassable, aux étrangers, aux handicapés, aux homosexuels, à toute extrême minorité,…avant que de tous y passer.
Que tout ce qui dépasse y passe.
Les roms, ce peuple libre, non formaté, aux lointaines ascendances indiennes, ne sont pas plus français, (même si 20 000 le sont) roumains, hongrois, européens ou espagnols, ils sont peuple du monde, peuple parmi les peuples, tribu migratoire, et doivent avoir non seulement le droit de parcourir au rythme de leurs caravanes tous les territoires mais encore en ont ils le devoir.
Un devoir de mémoire.
Ne serait-ce que pour nous rappeler que s’ils sont apatrides ce n’est pas pour payer moins d’impôts, que c’est surtout pour nous dire que le monde ne nous appartient pas, que c’est nous qui lui appartenons ;
provisoirement !

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