ANSM irresponsable, Libération manque de précaution.
Je lis dans libération du 12 novembre votre article ?, votre compte rendu ?, votre publi reportage ?, sur les conclusions provisoires de l’ANSM concernant le baclofène dans le traitement de la maladie alcoolique.
Pourquoi cet article n’est-il pas signé ?
Cette question préalable pourrait paraître anodine mais elle ne l’est pas autant pour ce qui relève de la déontologie journalistique que de la courte histoire du baclofène en France.
Revenons donc au contenu. Le titre donne déjà le ton :
« Alcoolisme : du baclofène oui, mais avec modération »
On ne peut que remarquer l’absence du point d’exclamation !,
Pour peu que l’on s’autorise l’humour avec une maladie qui tue 140 personnes par jour en France, il n’est pas interdit un peu de délicatesse.
Sur le fond, l’ANSM délivre une litanie de « faux bon sens près de chez vous » au mieux, au pire une véritable entreprise de désinformation.
- « Le baclofène est un sujet extrêmement complexe » commence t-il. On appréciera à sa juste valeur l’habile glissement sémantique. En réalité, le baclofène n’est pas un sujet complexe, c’est un sujet sensible, voir explosif.
L’arrivée du traitement baclofène a créé un bouleversement d’ampleur. D’une part dans l’industrie pharmaceutique et d’autre part dans les milieux de l’alcoologie.
L’industrie pharmaceutique s’est immédiatement détournée du baclofène. Sa molécule étant dans le domaine public depuis longtemps, il n’y avait aucune retombée financière a espérer. Elle a donc continué et continue encore des recherches sur d’autres molécules dont à ce jour aucune n’a donnée des résultats aussi encourageants que le baclofène.
Le milieu de l’alcoologie quand à lui est totalement désorienté.
Il faut bien comprendre que le baclofène ne fait pas que soigner, il inverse les paradigmes :
En supprimant le craving là où l’on cherchait à le diminuer
En remplaçant la notion d’abstinence totale par celle d’indifférence au produit.
Cela bouleverse 100 ans d’approches médicales plus ou moins infructueuses.
Par ailleurs, imputer l’augmentation des traitements au baclofène à la seule publicité faite autour du livre du Dr Ameisen, relève d’une lecture largement partielle.
Le livre a paru en 2004. Si les traitements augmentent c’est aussi et surtout parce qu’ils marchent.
Enfin, il est tout a fait scandaleux, voir absolument irresponsable de préconiser un dosage compris entre 120 et 140 mg au maximun. Toutes les retombées actuelles s'accordant à constater que c'est à partir de 170 à 200mg que les effets deviennent probants quantativement.
Le baclofène pour être efficace dans la maladie alcoolique doit être surdosé et nécessite une augmentation très progressive de la posologie.
Cela a pour conséquence qu’il faut sous contrôle à partir de 30 milligrammes augmenter de 10 milligrammes tous les 4,5 jours jusqu'à l’effet seuil et en surveillant l’apparition éventuelle d’effets secondaires. Cet effet seuil peut aller de 60 milligrammes à 300 milligrammes
Donc c’est 4 semaines sont au mieux une blague au pire une façon, une manière détournée de diminuer les effets positifs du traitement.
L’agence a beau jeu de relever l’intérêt d’une prescription centralisée comme à Lille.
Est il utile de préciser que ce genre d’expérience n’était pas possible avant que l’étude de la RTU (juillet 2013) soit à l’ordre du jour !
Pour conclure
Il devient urgent de sortir le baclofène de querelles morales, marchandes ou initiées par les positions actuellement dominantes de l’alcoologie.
Il mérite mieux que ça. En ouvrant une voie inespérée pour un traitement définitif de l’alcoolisme il constitue une base incontournable pour l’amélioration des traitements futurs, notamment dans la gestions des effets secondaires qui existent bien, mais ne sont que peu de choses comparés au naufrage alcoolique
Aussi, pour le baclofène et de nombreuses autres molécules aujourd’hui dénués d’intérêt financier, je demande à l’état et plus spécifiquement au ministres de la santé d’étudier et de proposer une taxe aux acteurs privés du secteur que l’on pourrait appeler
SAVE LIFE FOR FREE
Qui permettrait de sauver des vies.
L’alcool est responsable de 44 000 morts par an en France