Alors voilà, notre Stark, star international du design se dit prêt a refonder Libération.
Depuis quelques mois, chaque fois que je lisais ou entendait Starck s'exprimer, c'était pour dire combien le design lui paraissait au final assez secondaire, très éloigné des enjeux du monde, un sparadrap sur une jambe de bois.
Bien que les propos de Starck soient toujours assez brumeux (certains disent créatifs), je me suis dit chiche !
Regarder en arrière, faire un bilan et l'entendre dire que certes il a fait de beaux objets mais que l'imprtant est ailleurs, avait quelque chose de revigorant. Starck avait décidé l'introspection
Mais patatras, rechute, et Starck revient avec un projet d'envergure :
Refonder le journal Libération.
Il y a tout Starck dans ce projet. Une mégalomanie sans limite, une pensée creuse et d'artifice, à n'en pas douter des formes alléchantes pour enrober le tout.
Donc Libération deviendrait un restaurant, un réseau social, un espace culturel (j'adore le ridicule de cette formulation pourtant utilisée sans mesure depuis des années), un plateau télé, un bar et un incubateur de start up.
On pourrait ajouter une scène Rap, une galerie pour jeunes créateurs du 3eme arrondissement, un plateu pour les défilés de modes, et entre les toilettes et la billeterie, une librairie virtuelle !
Le bon coté, c'est qu'il va y avoir du boulot. Des centaines d'intérimaires mal payés et flexibles à souhait. Le rêve pour nos libéraux qui ne comprennent toujours pas pourquoi il ne fait rêver personne.
Comme les actionnaires sont des gens humains, il ne fait aucun doute qu'ils vont favoriser les reconversations pour ne pas laisser ces pauvres journalistes sur le carreau. Fabrice Rousselot pour faire visiter les lieux et le rendre attractifs en contant la dernière visite de Carla Bruni et la composition de son panier bio et Pierre Marcelle chausser un nez de clown triste et atrabilaire en souvenir de ce temps tellement vintage où l'on pensait qu'avoir des idées à partager avait un sens pour la communauté humaine.
Ah, que l'époque est cruelle !
Alors je souhaite a Libération de se battre jusqu'à la dernière goutte de sang.
La messe est dite alors donnons des marthyrs, les actionnaires détestent ça, et le journal le mérite.
Un clin d''œil, tout de même, à la clairvoyance de Médiapart qui a su avant les autres que l'on ne négocie pas avec un portefeuille. On prend les billets ou on va pointer au RSA, c'est l'alternative. La seule.
Pour finir, je n'aime pas beaucoup les black list mais si Demorand vient frapper a votre porte Monsieur Plenel, offrez lui auparant une cure de désintoxication !
Quand a Stark, il y a surment un petit boulot pour lui à Médiapart, refaire les toilettes par exemple !