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Billet de blog 5 janv. 2022

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Monsieur le président, votre envie

Citoyennes et citoyens qui devraient pouvoir être vaccinés à domicile. Citoyennes et citoyens non-encore-vaccinés invisibles mais non irresponsables. Citoyennes et citoyens qui n’auraient/n'auront peut-être pas accès à la réanimation en cas d'infection.

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Comme une envie d’un virage ambulatoire concret.

Actuellement le 12ème texte de gestion de la crise sanitaire est discuté à l’assemblée nationale.

Un peu moins de 10% selon le ministre Olivier Véran « refusent toujours le vaccin ».

Monsieur le président vous avez eu l'envie de déclarer à desseins :

 "La quasi-totalité des gens, plus de 90 %, ont adhéré" à la vaccination et "c'est une toute petite minorité qui est réfractaire""Celle-là, comment on la réduit ? On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l'emmerdant encore davantage. Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. (...) Eh bien là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout."

Monsieur le président, parmi ces personnes qui ne sont pas encore vaccinées, qui ressentent l’envie de la nécessité de se faire vacciner, des citoyennes et citoyens en situation de handicap en situation de soins quotidiens, concernés par des répercussions de pathologies , empêchés de se déplacer en raison de leur santé par tous moyens de transports, soignés à domicile, et qui n’attendent qu’une chose sans l’exprimer :

Se faire vacciner à domicile, c’est aussi leur envie.

Enfin nous serons plus précis, une de leurs nombreuses envies souvent inaccessibles.

Ces citoyennes et citoyens habitent la campagne, sont « dans la ruralité », dans le péri-urbain, dans des déserts médicaux pour tous types de soins et d’accompagnements compliqués à coordonner, des employeurs particuliers en situation de handicap et des services d’aides à domicile qui constatent des démissions, recrutent difficilement consécutivement à votre gestion restrictive ou réduite du Ségur de la santé.

C’est donc une forme de déchéance d’un droit à la santé, ( bientôt 12 textes), qui peut concerner dans ces « moins de 10% qui refusent le vaccin » un pourcentage de personnes handicapées que nous ignorons à ce jour, alors qu’elles ne demandent qu’une chose : se faire vacciner à domicile en fonction de la prise en compte de leur situation qualifiée d’exceptionnelle par la Haute Autorité de Santé, dans les critères de prise en charge en Hospitalisation à Domicile définis en 2020.

Ces personnes invisibles, personnes en situation de handicap qui se soignent chez elles, partagent votre envie de vaccin accessible monsieur le président, ne possèdent même pas la moindre once de luxe d’une envie d’emmerder leurs voisins, amis, proches, membres de leur famille, car ces personnes monsieur le président sortent peu ou pas.

Ou plutôt, ces citoyennes et citoyens ne sortent surtout pas et reçoivent très peu.

Depuis deux ans environ à domicile, ces personnes ne fraudent donc pas, même pas non plus sur leur droit à la liberté de pouvoir choisir son médecin de proximité, son cabinet de gynécologie accessible, son kinésithérapeute qui voudra ou pourra se déplacer à leur domicile.

Car vous le savez très bien comme vos prédécesseurs, si ces personnes par exemple se déplacent en fauteuil roulant de temps en temps, il n’est pas simple de traverser en toute simplicité et sécurité une rue, à supposer qu’elles aient pu accéder à un trottoir.

Dans ce même élan, elles n’iront pas plus visiter leurs amis dans leur domicile qui n’est pas accessible pour les accueillir comme nombre de cabinet médicaux.

Ces personnes n’ont peut-être même pas de médecins et quand elles en cherchent, les télé-secrétariats informent des conditions de visites qui ne peuvent dépasser plus de 15 voire 30 minutes m’a-t-il été reporté.

Mais si ces personnes qui ont envie de se soigner ou bien des envies naturelles en même temps que vous connaissez, les sanitaires du cabinet médical seront-ils accessibles ?

Il y a des ces envies compliquées monsieur le président, et ces personnes sont déjà bien emmerdées.

Les possibilités actuelles aux envies de se faire vacciner.

Prises en charge par l’Assurance Maladie :

             -A domicile :

  • 6,30 € pour la seule injection, dans le cas où la prescription et la vérification de l'éligibilité du patient à la vaccination sont réalisées par une autre profession habilitée (6,60 € dans les Drom) ;
  • 7,80 € pour la prescription et l’injection vaccinale (8,10 € dans les Drom) ;
  • 14,15 € pour la vaccination à domicile de personnes ne nécessitant pas de soins infirmiers par ailleurs (14,45 € dans les Drom) ;
  • 16,65 € pour la vaccination à domicile et la réalisation d’un test Trod sérologique (16,95 € pour les Drom).

          -Les patients si leur situation le permet peuvent se rendre à l’hôpital ou bien dans un centre de vaccination :

La prise en charge concerne le transport aller et retour réalisé en ambulance ou en transport assis professionnalisé (VSL ou taxi) en
fonction de l'état de santé du patient, de son niveau d'incapacité ou de
déficience vers :
- le centre de vaccination le plus proche du domicile (ou assimilé) du
patient,
- ou un autre centre de vaccination si le centre le plus proche n'a
aucun créneau disponible,
- ou vers un centre de vaccination itinérant,
- ou le lieu d'exercice d'un professionnel de santé autorisé à vacciner
contre la Covid-19 le plus proche du domicile (ou assimilé) du patient.

Monsieur le président, ces personnes en situation de handicap, en soins à leur domicile, qui ne peuvent se déplacer, qui ont moins de 75 ans, pourraient avoir envie d’être convaincues de pouvoir se faire vacciner à domicile dans le cadre d’une prise en charge HAD adaptée, prenant en compte la période de surveillance par des professionnels équipés des matériels adéquats en cas de réactions anaphylactiques.

Courant février 2021, le Secrétariat Général des Ministères Chargés des Affaires Sociales(SGMAS) rédigeait dans une note "chapeau" sur ces publics restant à identifier:

"L’estimation du nombre de personnes concernées et l’articulation de ces différentes solutions doivent faire l’objet d’une réflexion au sein de chaque cellule départementale vaccination sous pilotage de l’ARS, en lien avec les préfectures et en associant les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs territoriaux compétents pour le suivi de ces populations".

En lien avec des équipes mobiles identifiées dans les territoires une réponse HAD adaptée, permettrait de ne pas impacter les temps de tournées des infirmières libérales qui interviennent directement auprès des patients et assurerait la continuité des soins pour ces quelques % de  citoyennes et citoyens concernés et responsables.

Citoyennes et citoyens qui devraient pouvoir être vaccinés à domicile,

Citoyennes et citoyens non-encore-vaccinés invisibles mais non irresponsables,

Citoyennes et citoyens qui n’auraient/n'auront peut-être pas accès à la réanimation si infectés,

Citoyennes et citoyens qui me contactent de temps en temps monsieur le président.

Des personnes qui n’ont jamais voulu vous emmerder monsieur le président pour vous exprimer leur envie de pouvoir être vaccinées à domicile de manière adaptée et sécurisée.

Finalement monsieur le président, des personnes handicapées en soins à domicile, invisibles, trouveraient un intérêt certain de rassurance moins volatile que les virus.

A savoir si lors de la présidence française du conseil des ministres de l’Union européenne, la Cour de justice européenne pourrait imposer à la Commission européenne, vous donner envie d'accepter monsieur le président que soient rendus publics tous les contrats des vaccins sur les marchés afin d'en connaître par exemple les prix, les évaluations qui ont été faites.

Pour mieux prévenir pour guérir, afin de préserver, voire améliorer les conditions de santé de celles et ceux qui ne sortent pas de leur domicile.

C.Boulanger-Reijnen

VP Conseil Départemental Consultatif des Personnes Handicapées (CDCPH) du Val de Marne (2008-2017)

VP Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l’Autonomie (CDCA) du Val de Marne (2017-2018)

Quelques repères avant les discussions en cours sur le projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique :

https://www.ameli.fr/infirmier/actualites/la-vaccination-contre-le-covid-19-par-les-infirmiers-liberaux-mode-demploi

Décret n° 2021-325 du 26 mars 2021 modifiant les décrets n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 et n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043294775

HAD dans la prise en charge des patients Covid-19

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/prise-en-charge-had-covid-19.pdf

Covid-19 : un numéro vert pour la vaccination à domicile des personnes âgées

https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15293

Secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales (SGMAS):pilotage en appuis.

https://solidarites-sante.gouv.fr/ministere/organisation/organisation-des-directions-et-services/article/secretariat-general-des-ministeres-charges-des-affaires-sociales-sgmas

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