Quel est votre plan ?

Des plans 2022 et des trajectoires inconnues.

Quel est votre plan ?

 

Le rendez-vous « des plans handicaps » avec de la santé.

Un Comité Interministériel du Handicap (CIH) devait avoir lieu ce jeudi 29 octobre, soit au lendemain de la déclaration du président de la république E.Macron. "Des réunions en région devaient également avoir lieu pour être au plus près des territoires mais la crise sanitaire actuelle a obligé le gouvernement à revoir ses plans, la « mort dans l'âme », avait déclaré Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat au Handicap."

Abordons donc dans la sérénité toute relative quelques sujets de la vie tout court.

Une convention citoyenne de la santé n’a pas eu lieu après le 11 mai, ce fut pourtant possible, accessible comme projet, car les acteurs de la santé, du médico-social, « les parties prenantes » nouvelle formule, auraient pu contribuer d’une part au récent avis du CESE saisi dès le 14 avril 2020, « L’hôpital au service du droit à la santé » d’autre part des citoyens, patients revenus et impatients « tirés au sort » et non triés sur leurs sorts », contribuer à des propositions opérationnelles.

Le CESE relève : « Cet avis ne s'étend pas sur les effets de la T2A(…) Le bilan de la T2A n'en reste pas moins négatif, il est dressé depuis plusieurs années et largement partagé. Conjuguée à la baisse des tarifs (pour maîtriser l'ONDAM), la T2A s'est révélée asphyxiante pour l'hôpital. Elle est inadaptée à la prise en charge des maladies chroniques. »

Puis comme pour nous épauler, voire oxygéner dans les observations et vécus alternatifs pour les patients impatients devenus que nous sommes : « Elle (la T2A-Tarifications à l’acte) constitue un handicap dans la mise en place d’un parcours de santé. Elle favorise la quantité, la productivité…(…). »

Oui, donc handicap, donc personnes, patients, citoyens vieillissants handicapés, revenons au Comité Interministériel du handicap, abordera-t-il pour l'au delà de 2022 :

-Etats des lieux par régions de la situation des personnes handicapées hébergées dans des   établissements médico-sociaux,

-Effectivité de la mise en place des coordinations existantes des "Communautés 360",

-Réforme de la PCH,

-Bilans rentrée scolaire & des mises en place des Comités de Suivis Départementaux de l'école inclusive,

-Les parcours séquentiels de soins et médico-sociaux des jeunes enfants, adolescents,

-Les droits et projets de vie des personnes autistes,

-La déconjugalisation AAH,

-Les orientations suite rapport Vachey,

-La situation des personnes handicapées vieillissantes,

-Une réelle relance du plan pauvreté & la prise en compte effective des aidants,

-La révision de la Loi Elan sur l’accessibilité des logements, laquelle fait prendre une douche froide à la notion relativiste ou assurantielle, en l’état des financements connus, de l’approche domiciliaire ?

Il y a moins de quinze années, juste après la « naissance » des MDPH, en CDAPH, pouvait être posée la question clé (pas des champs) aux citoyens reçus en commission : « quel est votre projet de vie ? ». En 2020, la question deviendrait la suivante : « quelle serait votre approche domiciliaire en dehors de la COVID19 ? »

Les plans 2022…et des trajectoires inconnues.

Hors les clapotis polémistes et relativistes des « je pense que, nous avons fait, nous aurions pu faire » le Ségur numéro1 a eu lieu, le Laroque de l’Autonomie 2022 peut-être, puis la réforme des retraites qui ne doit absolument pas traîner.Une Loi ASAP (loi d'accélération et de simplification de l'action publique) ambitieuse dans ses accélérations imposera de simplifier les pouvoirs des préfets au détriment des enquêtes publiques, des consultations citoyennes, les citoyens ont peur ou bien ne sont plus surpris, donc les consultations quand elles sont rendues possibles, elles ont lieu à distances et sont médicales. D’autres dispositifs sur leurs rampes (pas en légo) de lancements, conviennent de trajectoires tels « Ma Santé 2022 », « Feuille de route MDPH 2022 ».

Le mot trajectoire est d’ailleurs repris parce que la situation l’exige et la CNSA le confirme :« La défragmentation de notre système de santé et la fluidification du parcours des usagers doit passer par l’accélération de l’usage du numérique dans le secteur ».L’Agence du numérique en santé a donc pour mission stratégique de déployer la « trajectoire du numérique en santé adaptée pour le secteur médico-social » qui a été partagée à l’occasion du Conseil du numérique en santé du 18 juin 2020.

Dans les mêmes temps, un plan 2 en 1.

Des plans, venons-y, la 4ème édition d’un plan est passée inaperçue ces derniers temps, mais lequel pourriez-vous questionner.

Le voici :dénommé PNSE4, soit le Plan National Santé Environnement. Dix-neuf actions réparties en quatre axes composent cette « 4ème édition », soit un plan "chapeau" des politiques sectorielles et ministérielles tels que les ministères de la Transition écologique et des Solidarités et de la Santé l’ont qualifié.

Aucune ligne budgétaire par action n'a été fixée, les conditions de gouvernance sont éludées.La vocation de ce 4ème plan accélère et simplifie nos attentes impatientes : "favoriser une approche systémique de la santé environnement à travers des actions transversales sur l’information, la formation, les connaissances, la recherche, la substitution, la réduction des inégalités territoriales de santé, etc". A la différence des précédents PNSE, des indicateurs, presque de performance ont été prévus, mais ils (se ) reposent sur des "nombres" (nombre de formation, de professionnels, d'utilisateurs...), pour lesquels ne sont pas précisés les moyens des collectes ni qui les collecteraient.

C’est un peu comme si vous souhaiteriez vous rendre dans un hôpital par la grâce d’un guide qui vous expliquerait si vous allez pouvoir être accepté.e ou pas selon vos pathologies visibles et/ou invisibles dans l’établissement que vous auriez apprécié choisir…..si vous pouvez encore choisir avant 2022.

D'ailleurs revenons-y à ce plan qui doit additionner lui aussi des trajectoires entre santé et environnement, car c'est le plan voyez-vous.

Ce PNSE s'articule aussi avec le plan Cancer, la stratégie nationale pour l'autisme (2018-2022), le programme national de l'alimentation et de la nutrition (2019-2023) et la deuxième stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (2019-2022).

Quant au volet des recherches, à partir de 2022, la France visera "à se doter d'outils puissants et pérennes mobilisant des moyens renforcés et ambitieux qui la placeront à la pointe de ces sujets au niveau européen et international".Mais nous devrons toutes et tous avoir bien à l’esprit,avant les futurs plans 2022 à venir, que "ce plan là" n'a pas vocation à "doublonner ou compléter les plans nationaux thématiques existants" : "Dès lors qu'un plan thématique existe, il n'est pas opportun de prévoir des actions isolées au sein du PNSE4, séparées des synergies et de la gouvernance de ce plan thématique ».

De l’utilité de plans technocratiques et ocuppationnels, sans nos avenirs, sans nous of course.Nous voici pour longtemps encore, bien éloignés de la reconnaissance du droit pour les citoyens à exiger des justifications dans les relations qui nourrissent les rapports,les plans qui séparent les gens confinés des promesses politiques et offres publiques peu ou pas concertées.

Vraiment plus concrètement, mes pensées aux patient.es, familles, amis, proches, soignants, aînés,en réadaptation, partis trop tôt et non « parce que c’était leurs temps » à quelques mois ou bien années « près » comme ont apprécié à le rappeler des intervenants de plateaux (non médicaux), lorsque furent évoquées les courbes de statistiques annuelles comparées liées aux causes des décès.

Finalement, la Loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » ne concerne plus 12 millions de personnes estimées (au sens des statistiques qui n'existent toujours pas), mais toute la population française.

Peut-être que nous pouvons d'ores et déjà suggérer que soit programmée pour le jeudi 5 mai 2022 une ultime séance du Comité Interministériel du Handicap qui concernera tous les français, leurs enfants, leurs aînés.Un point d'actualité, peut-être sera-t-il à l'ordre du jour, sur les feuilles de routes sans ignorer les petits chemins, ruisseaux et solidarités non simplifiées.

Gouverner avec les « gens de rien » ils auraient tous pu prévoir, m’a lancé un jour un ami à qui nous avons dit au revoir.

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