Cécile Blanche
ex-scientifique, conteuse et productrice d'émissions sur radios associatives
Abonné·e de Mediapart

11 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 avr. 2021

La Biodiversité Humaine Quel intérêt ? Et Qui s’en soucie réellement ?

Parlons de la biodiversité humaine et de sa gestion par notre système occidental de pensée

Cécile Blanche
ex-scientifique, conteuse et productrice d'émissions sur radios associatives
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les institutions internationales et nationales, font officiellement grand cas, de la biodiversité des êtres vivants en leur attribuant, à juste titre, une grande importance pour notre survie. Nous humains nous faisons partie de cette biodiversité et elle est tout aussi importante.  Mais dans les faits, et pour l’espèce humaine que se passe t il ? Quel est l’impact du « progrès » sur l’espèce humaine ? Comment est  traité le respect de la diversité humaine alors que les peuples autochtones sont en voie de disparition ?   

Commençons par la définition de la biodiversité ou littéralement « diversité de la vie ». J’en ai retrouvé de nombreuses, qui reflètent la diversité des préoccupations et des formations de ceux qui les ont formulées……et qui font partie de cette biodiversité ! Parmi les variantes de la définition de la biodiversité, je vous sers celle du Ministère de l’Environnement, en 2004 « La biodiversité est une dimension essentielle du vivant. Elle s’exprime par la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. Elle est porteuse du potentiel évolutif qui garantit la capacité d’adaptation des espèces et des écosystèmes face, notamment, au changement global. La biodiversité est un enjeu vital pour les sociétés humaines par les biens et services qu’elle procure. L’homme doit préserver la diversité du vivant pour des raisons d’ordre éthique, culturel, biologique, écologique, mais aussi économique ». ou autre façon de dire la même chose :  C’est la diversité des êtres vivants qui est à la source des services rendus par les écosystèmes qui nous fournissent  tout l'oxygène, vital, que nous consommons, tout ce que nous mangeons (cultures vivrières, bétail, poissons...) ; On peut noter déjà que dans cette formulation, l’être humain s’abstrait de la nécessité de préserver sa propre diversité

Il y a  à propos de la biodiversité d’autres discours comme celui-ci : Dans un texte du Ministère de l’environnement : Biodiversité, conservation, utilisation durable et équitable – du 26/08/2002 il est dit Biodiversité : Pourquoi la préserver «  Les produits et services offerts par notre planète sont fonction de la variété et de la variabilité des gènes, des espèces, des populations et des écosystèmes. Les ressources biologiques nous nourrissent, nous vêtent et nous fournissent logement, médicaments, et nourriture spirituelle. La dégradation de la diversité biologique …conséquence de l'activité humaine … met gravement en péril le développement humain »  

Pour résumer 1-Il est question de préserver la biodiversité dans notre environnement qui rende la vie possible à l’espèce humaine, et 2-Vu ses capacités destructrices,  l’homme aujourd’hui est face à la nécessité de créer (comme Dieu, ou l’entité Nature) les conditions de sa survie

Au Sommet Mondial de Johannesburg en 2002, Une des priorités a été de mettre en place des indicateurs pour la biodiversité. Ces indicateurs fonctionnent selon deux logiques différentes. La Liste rouge est un catalogue d’espèces menacées, souvent emblématiques comme le panda, la baleine ou l’éléphant. C'est la biodiversité remarquable. L’autre indice, L’indice oiseaux communs, quant à lui, attire l’attention sur la biodiversité ordinaire. Il n’indique pas des disparitions d’espèces, Il met l’accent sur la chute dramatique des populations d’espèces communes or c’est cette baisse qui est une catastrophe tant écologique qu’économique  Mais aucun indice envisagé, sur la diminution de la diversité humaine   Pourtant Le rapport Brundltand intitulé  « notre avenir à tous, »  commandé par l’ONU en 1983 et à l’origine de la décision d’organiser le Sommet de la Terre à Rio en 1992 dit bien, dans son paragraphe 46 de l’introduction : « les peuples qui vivent en tribus et les populations autochtones devront être l’objet d’une attention particulière à mesure que les forces du développement économique viendront perturber les modes de vie traditionnels, modes de vie qui d’ailleurs pourraient donner d’utile leçons aux sociétés modernes en ce qui concerne la gestion des ressources présentes dans les écosystèmes complexes des forêts , des montagnes et des terres arides. Certaines de ces populations sont menacées d’extinctions par un développement indifférent à leur sort. …. Il faudrait que leurs droits traditionnels soient reconnus et qu’elles puissent jouer un rôle décisif dans la formulation des politiques touchant à la mise en valeur de leurs territoires. Et le Sommet de Rio en 92 a aboutit à une « déclaration sur l’environnement et le développement » qui affirme dans le principe 22 que  « les populations autochtones ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l’environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles » et le plan d’action détaillé appelé Agenda 21 pour un développement durable insiste «  les populations autochtones et leurs communautés ont développé au cours des générations une connaissance scientifique traditionnelle et holistiques de leurs terres de leurs ressources naturelles et de leurs environnement…….les efforts nationaux et internationaux déployés en vue d’un développement durable et écologiquement rationnel devraient reconnaître, intégrer, promouvoir et renforcer le rôle de ces populations et de leurs communautés. »

Hélas, non seulement ceci est resté vœux pieux, mais la situation des autochtones en 2021 est de plus en plus critique et déjà de nombreuses tribus détentrices de ces savoirs scientifiques traditionnels ont déjà disparues sous l’effet de notre façon occidentale de nous adapter aux conditions du milieu. Et on pourrait dire plutôt, notre façon de vouloir adapter les conditions du milieu à notre bon plaisir

Cet échec n’est pas étonnant vu que l’intérêt pour les cultures traditionnelles arrive après au moins 500 ans de dénigrement pour les peuples des autres mondes et 200 ans pour nos « arriérés » de l’intérieur, paysans et artisans. J’espère qu’il ne va pas falloir 100 ans pour intégrer que les peuples autochtones ne sont pas des primitifs, des non-valeurs qui ne veulent rien comprendre au « progrès »

En fait la notion principale, à mon sens, est celle d’écosystème, siège d’une adaptation permanente, pour maintenir une cohérence entre tous les êtres qui vivent ensemble dans un même lieu, grâce aux solutions créées par « la nature » au cours de millions d’années et qui témoignent de la richesse et de l’importance des possibilités offerte par les gènes et leur capacité de mutation. Une autre notion importante aussi c’est l’intégration du temps : les écosystèmes ne sont jamais figés ils subissent les variations des conditions du milieu et s’y adaptent mais à une réserve près c’est que ces variations ne soient pas brutales et s’inscrivent dans le temps. Et ce temps nécessaire pour l’adoption d’une adaptation est fonction de l’ampleur du changement bien sûr, mais aussi des espèces impliquées et de leur capacité à répondre rapidement aux modifications. Ainsi les insectes dont les générations se suivent à un rythme accéléré quelques jours à quelques mois, auront une capacité à s’adapter au changement,  beaucoup plus importante que nous pour qui il faut au minimum 15 à 20 ans pour changer de génération et profiter des mutations favorables au changement intervenu. Par exemple, Nous sommes toujours et on pourrait dire de plus en plus, victimes des produits chimiques qui polluent tout notre environnement alors que les mouches elles, résistent à pratiquement tous les produits appliqués pour les éliminer.

Et a part le respect des écosystèmes, que pouvons nous espérer ?

Les humains ne constituant qu’une seule espèce, et certes globalement elle n’est pas en voie de disparition, pour l’instant, nous avons à nous intéresser à la diversité génétique et ses capacités d’adaptabilité aux changements des écosystèmes

Il y a des variabilités physiologiques par exemple le développement de la mélanine protectrice des rayons solaires dans les pays où le soleil brille avec intensité ou encore Les gènes du diabète ou de l'obésité ont pu, dans le passé, être avantageux en maintenant une glycémie ou des réserves énergétiques élevées dans un environnement hostile comme chez les Indiens américains des zones semi-désertiques ou les Polynésiens amenés à faire de longues traversées ; l'occidentalisation a fait basculer cet avantage dans la pathologie.

Après les variabilités physiologiques penchons nous sur les variabilités culturelles.

Qu’est-ce que la culture ? Vaste question qui a de multiples interprétations et nuances.  Si on se réfère aux anthropologues, la  culture serait ce qui nous distingue des autres animaux sociaux. Une définition de la culture souvent citée est celle-ci « un tout complexe qui inclut les connaissances, les croyances, l’art, la morale, les lois , les coutumes et habitudes acquises par l’homme en tant que membre d’une société » et plus lapidaire mais expressif «  la culture est ce qui dans le milieu est dû à l’homme » On s’accorde pour dire que la culture  permet à l’homme de s’adapter à son milieu naturel.  Si la culture est un fait universel de l’espèce humaine, chaque culture est particulière par le contenu qu’elle lui donne et qui reflète pour une part des règles, les contraintes du milieu. La meilleure preuve en est que quand les anthropologues se sont attelés à une tache  de classification des cultures en aires culturelles reconnaissant des traits communs eh bien ils ont classés ces cultures en « cultures des plaines », « Plateaux, « arctique » « forêt tropicale » etc..Pour Madagascar par exemple les ethnologues ont réparties les aires culturelles en 4 groupes et ils se sont rendu compte une fois ce classement fait que les aires «  correspondent en général aux grandes divisions géographiques et climatique de l’île » Enfin comme tout système,  la culture n’est pas figée, elle évolue dans le temps

 Pour les sociétés traditionnelles (y compris pour ce qu’il en reste chez nous) la culture aurait  un objectif précis, une fin et cette fin est la stabilité. La culture gère les changements avec des réajustements pour que le projet de la société, sa vision du monde se pérennise.

La colonisation a été un facteur important de l’appauvrissement de la diversité culturelle : Les Européens pensaient (et ont tendance à le penser encore) représenter le sommet de l’évolution humaine. Ils  ont affirmé la supériorité de leur culture sur les autres sociétés en considérant leur progrès technique et leur avance scientifique Attirée par les conquêtes de nouvelles terres et donc de nouvelles richesses, l’Europe s’est trouvé comme devoir de «civiliser» les autres parties du monde. Les administrations coloniales, les missionnaires, ce sont attachés, à imposer la vision occidentale du monde, le plus souvent par la force.  Et la mondialisation de l’économie, aujourd’hui poursuit l’uniformisation des cultures

Un exemple d’évolution du aux modifications climatiques sur un peuple déjà fragilisé par la colonisation, les Inuits du nord canadien

 J’ai trouvé intéressant de me référer à un mémoire de maîtrise présenté en 2008 par Judith Alain intitulé « changement climatique et sécurité alimentaire dans une commune du NUNAVIK. Puisque les changements climatiques bien perceptibles en Arctique, mettent à l’épreuve une population qui a su vivre et survivre pendant des millénaires dans ces régions pour le moins difficiles

 « Les Inuit, nous dit Judith Alain, possèdent un profond savoir de leur environnement, acquis au cours des milliers d'années par contact direct. Ce savoir écologique traditionnel a assuré la survie et l'autosuffisance de très nombreuses générations. Les Inuits disent « Ce savoir, C'est le bon sens pratique tiré des enseignements et de l'expérience transmis de génération en génération. C'est connaître le pays; c'est la connaissance de l'environnement et des relations entre les choses. C'est un savoir qui ne peut pas être divisé ni séparé des gens qui le possèdent. C'est enraciné dans la santé spirituelle, la culture et la langue des gens. C'est un mode de vie.

Au sein du savoir écologique traditionnel, la météo est probablement le phénomène observé le plus attentivement. L’observation du ciel, des nuages, informent sur la disponibilité de plusieurs ressources. : la migration des caribous, l'arrivée des oies des neiges et le succès de leur reproduction. Or les Inuits sont totalement dépendants de la chasse et de la pêche pour leur survie. La mobilité des communautés Inuits, la flexibilité lors des activités de chasse et de pêche, la transmission de leur savoir, les mécanismes de partage, les réseaux sociaux ainsi que les échanges entre communautés font partie de leur capacité d'adaptation qui garantit leur survie.

Aujourd’hui, Les Inuits doivent s’adapter aux modifications du climat, dont l’influence est essentielle sur la biodiversité et son érosion, le gel tardif et le dégel précoce, l'amincissement de la glace, les températures plus élevées et ce, principalement en hiver, une diminution des précipitations de neige, les changements rapides de la météo, une augmentation des vents extrêmes, la présence de nouvelles espèces d'animaux, d'oiseaux et d'insectes Toutes Ces modifications ont un impact important sur la disponibilité du gibier, son accessibilité, il devient plus dangereux de se déplacer sur une glace mince ou de naviguer par de forts vents imprévisibles. Les Inuits essaient de modifier leurs comportements toujours en utilisant l’expérience qu’ils ont de ce milieu mais La majorité des personnes interrogées considèrent que le manque de connaissances des jeunes générations envers les activités de chasse et de pêche représente un problème de taille pour l’accès aux aliments traditionnels dans les années à venir. Or le changement d’alimentation a déjà provoqué d’importants désordres nutritionnels parmi les Inuits. Par exemple les Inuits ignoraient le sucre, et il existe une intolérance au glucose d’où une explosion de diabète avec l'irruption des sucreries (et du coca cola) dans leur mode de vie

On pourrait multiplier des exemples de ce type

 Voyons comment nous humanité avancée, civilisée, moderne et où triomphe le progrès, traite le délicat problème de notre survie.

Premier indice : Selon Bernard Chevassus-au-Louis, spécialiste des questions liées à la biodiversité, Agrégé de sciences naturelles, docteur en sciences de l’université Paris 11, directeur de recherches à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), il fut de 1998 à 2002, président du conseil d’administration de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) puis de janvier 2002 à avril 2006 président du Muséum national d’histoire naturelle. puis,. Voici ce qu’il nous dit je cite «  Si la population mondiale a pu passer, en quelques siècles, de 1 milliard d’habitants à plus de 6 aujourd’hui, cela n’a été possible que grâce à La révolution du médicament, notamment les antibiotiques, issus d’organismes vivants, et plus globalement les nombreuses molécules actives que notre meilleure connaissance du vivant a permis d’identifier, d’extraire ou de copier en les synthétisant, c’est grâce aussi A l’amélioration des rendements agricoles, et l’exploitation intensive des ressources alimentaires maritimes, enfin grâce à L’utilisation des énergies fossiles. En bref, L’essor de l’humanité n’a été rendu possible que par une exploitation intense des ressources issues du vivant ».

CQFD : N’attribuons nous pas un grand nombre de nos maux à la surpopulation de la planète…….surpopulation dont nous sommes donc responsable ! De toute façon, ce n’est pas tant le nombre d’individus qui compte mais l’empreinte écologique de chacun. On a dit qu’il faudrait 5 ou 6 planètes pour subvenir aux besoins de la population vu son rythme de reproduction actuel.  Mais seulement si les 7 milliards d’individus que nous sommes, et les 9 ou 10 prévus rapidement, continuent à vivre comme dans le monde occidental et particulièrement les américains, aujourd’hui.

Deuxième indice Parlons de la sélection naturelle : Les performances de la médecine et de la science veulent sauver toutes les vies Disons hypocritement, Dieu Merci ! Pour ne pas soulever le problème de l’eugénisme dont on ne peut parler, et qui diaboliquement, mêle sélection politique  et sélection naturelle. (Remarque : sauver toutes les vies ? enfin celles qui nous plaisent à sauver puisque parallèlement nous aimons aussi, grâce à la science, fabriquer des armes de destruction qu’on peut qualifier aujourd’hui de massive, qui permettent d’entretenir des conflits de par le Monde). Autre question en passant, la fécondation  in vivo : est on sûr que les spermatozoides qui arrivent à féconder l’ovule en boîte de Pétri sont aussi avantageux  pour l’espèce que ceux qui fécondent en milieu naturel ?

C’est ainsi que depuis 100 ans on multiplie la persistance de gènes létaux ou défavorables au sein des populations.

Troisième indice : Suite à des recherches génétiques récentes, le journal de la recherche de l’institut pasteur en date de janvier 2020 titre :« Génétique évolutive humaine : la diversité génétique est une richesse » Ecoutons Lluis Quintana-Murci, responsable de l’unité Génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur. Et tout récent titulaire d’une nouvelle chaire au Collège de France « génomique humaine et évolution « La génétique des populations est la discipline scientifique qui cherche à évaluer l’importance de la diversité génétique d’un groupe composé de plusieurs individus, elle se penche sur comment l’habitat historique d’une population et son mode de vie ont eu une influence sur notre génome » . Un chapitre consacré aux travaux de l’équipe  GÉNÉTIQUE DES POPULATIONS s’intitule : VERS UNE MÉDECINE DE PRÉCISION Cette discipline permet d’étudier « l’impact de notre hérédité sur notre santé, nos prédispositions à certaines maladies, voire nos réponses différentielles aux traitements thérapeutiques »,  « L’étude de la diversité du génome est essentielle pour identifier, parmi les mutations, lesquelles participent à la susceptibilité aux maladies complexes, comme les maladies infectieuses ou auto-immunes. » souligne Lluis Quintana-Murci. On s’attendrait à des études exhaustives sur les modifications du génomes Pourtant Il n’est fait nulle part référence au rôle des produits chimiques qui trainent en grande nombre dans notre environnement immédiat, Je ne sais pas ce que pense cet éminent chercheur de l’explosion des maladies dégénératives, des allergies , des cancers. Rechercher l’origine génétique de toutes nos maladies ?, Nous aurons tous disparus, que ce travail ne sera pas fini et ces découvertes ne règlerons pas la dégénérescence de notre espèce, si on persiste à négliger l’immense influence de la pollution de notre environnement. Pourtant il y a des tonnes de publications sur ces sujets et d’autres chercheurs dans d’autres organismes de recherche, ne cessent d’alerter sur le rôle délétère et l’influence sur nos gènes de ces produits chimiques. Ces recherches sur l’impact des pesticides, en particulier, ne laissent aucun doute sur leur capacité à modifier le travail de l’ARN et de l’ADN dans nos cellules, je pense en particulier aux adduits d’ADN qui sont l’introduction dans la chaine chromosomique de morceaux de molécule chimiques Un exemple parmi tant d’autres : des travaux  du centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont permis de mettre en évidence un lien entre l’exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant déclencher le développement d’un cancer

 Dernier indice : notre civilisation a apporté du jamais vu depuis l’émergence de l’humanité : d’une part la production et l’utilisation en grande quantités de molécules jusque là inconnues dans la nature, ou sagement inaccessibles au plus profond de la terre  et  d’autre part la production de déchets non recyclables. Et, nous le savons bien tous, c’est ingérable. On a beau envoyer nos déchets nucléaires et autres en Afrique, en Sibérie et je ne sais où encore, ils continuent à polluer et détruire, en particulier et justement, l’habitat de nombreux peuples autochtones.

Ecoutons le  cri d’alarme lancé par Survival  International, une association qui milite pour la protection des peuples indigènes.

Ils ne sont plus que quelques poignées, traqués jusqu'au fond des forêts primaires et des déserts de feu. De l'Amazonie au désert du Kalahari, des archipels du golfe du Bengale aux steppes de Sibérie, des peuples réduits parfois à quelques poignées, tentent de subsister en défendant leurs traditions, leur culture, leur mode de vie.. Ils sont nos contemporains, mais leur survie nous importe moins que celle des animaux sauvages. Depuis 1994, les Nations unies consacrent la journée du 9 août à la cause des populations autochtones. Cette année, les peuples chasseurs-cueilleurs lancent un cri de détresse à nos sociétés «évoluées»: «Ne nous détruisez pas, clament-ils. Nous ne sommes pas arriérés.» Enxet du Paraguay, Wichi d'Argentine et de Bolivie, Ogiek du Kenya, Gana et Gwi du Botswana, Jumma du Bangladesh, Innu du Canada... toutes ces nations récitent la longue litanie des offenses et des crimes. Une «vague de persécutions sans précédent Au Botswana, les tribus Gana et Gwi se sont vu expulser du désert du Kalahari par le gouvernement, qui les qualifie de «créatures de l'âge de pierre». En Amazonie brésilienne, les 300 derniers Awa assistent, impuissants, à la destruction de leur forêt, aux mains des bûcherons et des spéculateurs fonciers. Dans l'archipel des Andaman, quelques centaines de Jarawa, méprisés par l'Etat indien, luttent contre les maladies exogènes, l'exploitation sexuelle et la disparition de leur gibier. A Sri Lanka, les Veddah, parqués dans des «camps de relocalisation», ont l'interdiction de retourner chasser dans leur jungle, aujourd'hui « parc national du Maduru Oya », sous peine d'emprisonnement. En Papouasie, un complexe minier saccage les monts sacrés des Amungme, opprimés par l'armée indonésienne. Partout, on cherche à sédentariser ces «indigènes», pour mieux les spolier des terres qui les nourrissent depuis toujours. Dans l'indifférence générale. » 

Alors arriverons nous à sauver notre humanité d’ici 2050, date butoir souvent citée, ou 2100 ? Peut être. On peut toujours l’espérer, il ne manque pas d’initiatives, de mouvements, d’actions qui veulent nous sortir de ce mauvais pas QUE NOUS MANQUE T IL DONC ?

 Mes sources : j’ai consulté les dossiers du Journal de l’Institut Pasteur    « Génétique évolutive humaine : la diversité génétique est une richesse » Dossier 22.01.2020 ; Alain Froment « Nutrition et Anthropologie »  In: Tiers-Monde. 1992, tome 33 n°132. pp. 835-847. ; « Nous allons perdre la moitié du patrimoine culturel de l’humanité »  interview de Wade Davis par Agnes Rousseaux  en octobre 2011 ; Charles Suzanne. Anthropologie biologique : évolution et biologie humaine 2003 ;  « Peuples en voie de disparition article dans l’Express Par Marion Festraëts   publié en 2004 ; le site du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable en 2004 (il a changé de nom entre temps) ;  Le site du Centre d’Echange français pour la Convention sur la diversité biologique ; Mémoire de Judith Alain « changements climatiques et sécurité alimentaire à Kangiqsualujjuaq au Nunavuk (2008) ; Futura sciences. Ministère de l’environnement « Biodiversité : conservation, utilisation durable et équitable » 2002

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Écologie
Incendies en Gironde : « C’est loin d’être fini »
Dans le sud de la Gironde, le deuxième mégafeu de cet été caniculaire est fixé mais pas éteint. Habitants évacués, élus et pompiers, qui craignent une nouvelle réplique, pointent du doigt les pyromanes avant le dérèglement climatique, qui a pourtant transformé la forêt des Landes en « grille-pain ».
par Sarah Brethes
Journal
Été de tous les désastres : le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal
Des avocates et journalistes proches de Julian Asssange poursuivent la CIA
Deux journalistes et deux avocates ont déposé plainte contre l’agence de renseignement américaine et son ancien directeur, Michael Pompeo. Ils font partie des multiples proches du fondateur de WikiLeaks lui ayant rendu visite dans son refuge de l’ambassade équatorienne de Londres alors qu’il était la cible d’une vaste opération d’espionnage.
par Jérôme Hourdeaux
Journal — Écologie
Pour plus d’un quart des Alsaciens, l’eau du robinet dépasse les normes de concentration en pesticides
Dans le Bas-Rhin, des dépassements des limites de qualité ont été constatés dans trente-six unités de distribution qui alimentent en eau potable plus de 300 000 habitants, soit un quart de la population. Le Haut-Rhin est touché dans des proportions similaires.
par Nicolas Cossic (Rue89 Strasbourg)

La sélection du Club

Billet de blog
Les talibans en Afghanistan : un an de pédocriminalité, de mariages forcés et de suicides
[Rediffusion] Cela fait presqu'un an que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan. Depuis août 2021, plus d'une centaine de femmes ont été assassinées ou se sont suicidées en Afghanistan. Les talibans apprennent aux enfants à tirer et les exploitent sexuellement.
par Mortaza Behboudi
Billet de blog
De Kaboul à Kyiv : femmes déchues de leur citoyenneté
[Rediffusion] Rien en apparence semble lier le sort des femmes afghanes à celui de leurs contemporaines ukrainiennes si ce n’est déjà la dure expérience d’une guerre sans fin. A travers leur corps de femme, peu importe leur âge, elles subissent une guerre menée contre leur statut durement gagné en tant que citoyennes ayant des droits, au nom d’une violence patriarcale que l’on espérait révolue.
par Carol Mann
Billet de blog
Russie, une guerre criminelle, une opinion complice ?
Une analyse du sociologue russe Lev Goudkov, qui démonte les leviers de la propagande du pouvoir russe et y voit l'explication du soutien passif, mais majoritaire apporté par la population russe à l'intervention militaire en Ukraine. Il ne cessera, selon lui, qu'avec un choc qui lui fasse prendre conscience des causes et des conséquences de la guerre, processus qui n'est pas encore engagé.
par Daniel AC Mathieu
Billet de blog
Quand la langue nous fait défaut
Les mots ne sont plus porteurs de sens, ils ne servent qu'à indiquer ce que l'on doit penser et ce qu'il est interdit de penser. La réaction du gouvernement français aux bombardements de Gaza le démontre une fois de plus.
par ekeland