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Billet de blog 11 juin 2018

Dominance des femmes par la génétique

Une des histoires extraordinaires que nous a concocté la nature.

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Mitochondries ?

Pour ma première prestation dans ce fabuleux Barachattes*, je vais vous faire plonger, au plus profond de nos racines et ce n’est pas qu’une métaphore, vous allez voir : il s’agit de nos origines très très lointaines

Grace à un généticien fou qui a fouillé notre ADN mitochondrial, (oui oui je vais vous expliquer, juste un peu plus loin). Donc grâce à Bryan Sykes, c’est son nom, nous savons tout sur nos ancêtres les plus lointains et il en a fait un bouquin « les 7 filles d’Eve ». Bryan Sykes est professeur de génétique des populations à Oxford et c’est avec un flegme et un humour bien british, qu’il s’est lancé dans l’aventure. Tout bêtement. Il a été sollicité pour analyser l’ADN de OTZI l’homme des glaces, ce cadavre retrouvé en 1991 dans les Alpes autrichienne et dans un accoutrement montagnard pour le moins suranné, qui a laissé pantois les promeneurs qui l’ont découvert et les autorités de la région. Or OTZI était vieux de plus de 5000 ans (datation au carbone 14) et s’avéra avoir le même profil génétique que des européens vivants et plus précisément et comme par hasard le même ADN qu’une collaboratrice de Sykes dans son laboratoire Vous parlez d’une coïncidence De quoi interpeller quand même !

Mais avant d’aller plus loin parlons de ce mystérieux ADN mitochondrial. C’est une histoire extraordinaire. Les mitochondries sont des petits éléments qu’on appelle organites et qui se trouvent dans le cytoplasme de toutes  nos cellules, comme le noyau. Elles ressemblent beaucoup, elles-mêmes, à des petites cellules et se divisent aussi, quand la cellule qui les héberge se divise. J’ai, ailleurs, l’habitude de vous raconter des légendes et des mythes de création issus de différents peuples et qui fondent leurs sociétés. ET bien là je vous sert un mythe de création de notre monde occidental avec sa foi en la Science avec un grand S : Les études des scientifiques donc, ont conclu que ces mitochondries étaient, à l’origine, des bactéries et ils expliquent qu’au moment de la formation de la Terre il n’y avait pas d’oxygène dans l’air et les premiers êtres, unicellulaires, ne pouvaient vivre que dans une atmosphère sans oxygène (on dit qu’ils sont anaérobie) et il faut le dire leur rendement pour produire de l’énergie (nécessaire au maintient de leur structure et à leur multiplication) dans ces conditions était très décevant. Or il advint, car la nature est en perpétuelle création, que naquit des algues utilisant l’énergie solaire, c’est la photosynthèse (ce que font maintenant toutes les plantes…ou presque) or le résultat (je vous passe les détails) c’est le rejet d’oxygène dans l’atmosphère, par la plante. ,Aïe,aïe aïe !, l’oxygène est un poison pour les bactéries anaérobie (c'est-à-dire qui vivent sans oxygène, vous suivez ) Alors fort à propos A la  suite, naquit aussi les premières bactéries utilisant l’oxygène, on dit aérobies. Elles savaient produire beaucoup d’énergie grâce à l’oxygène mais malheureusement, il leur fallait courir après des aliments très dispersés dans la nature Pas rentable de dépenser de l’énergie pour en créer ! Parenthèse : C’est ce que nous, humains supérieurs, nous faisons avec un rendement énergétique de plus en plus faible si on considère tout ce qui intervient. Je ferme la parenthèse. Alors il y a 1,5 milliards d’années (à peu près) il y a eu entente entre ces premiers organismes vivant, unicellulaires, anaérobies et des bactéries aérobies, les uns laissant pénétrer dans leur cytoplasme, les autres. Et du coup la bactérie aérobie, élevée au rang de constituant de la cellule sous le nom que nous lui avons donné de mitochondrie, a pu utiliser ses aliments nécessaires directement dans la cellule sans avoir à se déplacer et en contre partie, elle produit de l’ATP, un combustible très important de nos cellules . N’est-ce pas un excellent exemple de symbiose ? D’ailleurs dans la nature c’est la symbiose, l’association, bien plus que la compétition qui permet la survie et l’innovation pour des millions d’êtres. Encore une leçon de la nature pour nous éduquer ! Mais faut reconnaître qu’on est particulièrement rebelles aux enseignements de la nature. Non ?

Et pour en revenir à notre sujet, les mitochondries possèdent de l’ADN, des gènes donc, qui peuvent être analysés et comparés d’un individu à l’autre et c’est beaucoup plus simple qu’avec l’ADN du noyau parce qu’il y en a beaucoup moins

Or donc ce hasard improbable d’avoir le même profil dans son labo aujourd’hui, que Otsi il y a 5000 ans, a entraîné Sykes à vouloir reconstituer la généalogie des européens en remontant à leurs ancêtres préhistoriques Et il a fait ça avec l’ADN des mitochondries. Et c’est là que pour moi la chose devient très intéressante, écoutez les loulouttes : seules les femmes transmettent leurs mitochondries et donc leur ADN mitochondriales, à leur enfants. Pourquoi ? Et bien certes, les gamètes males et femelles ont tous les deux des mitochondries mais celles des spermatozoïdes sont situés dans leur queue et au moment de la pénétration dans l’ovule, ces pauvres chéris, perdent leur queue, peut être jugé inutile par l’ovule, allez donc savoir, et donc perte des mitochondries paternels. (Pour être juste il parait que de temps en temps quand même, quelques mitochondries paternelles arrivent jusqu’à l’ovule). Mais d’un autre côté ça nous fait une sacrée responsabilité car ces mitochondries si elles sont malmenées par la pollution chimique, la malbouffe, le stress, elles faiblissent et quand elles faiblissent se pointent, au moins grave, une fatigue générale, une fatigue chronique et au plus grave les maladies dégénératives, Parkinson, Alzheimer,  j’en passe et des meilleures Du coup si on veut transmettre à nos enfants des mitochondries en bon état de marche et bien adieu tabac, herbe, alcool (gentiment appelés « poisons sociaux » moi j’en connais d’autres des poisons sociaux et beaucoup plus drastiques vous voyez de quoi ou plutôt de qui,  je veux parler?) manger moins et mieux (aliments trop  riches, en sucres), éviter les produits cosmétiques (tient donc) et puisqu’il ne faut pas de chimie ne vous bourrez pas de médicaments, ils sont devenus aussi dangereux que les pesticides (et c’est les mêmes qui les fabriquent d’ailleurs).

Bon là carrément j’ai beaucoup dérivé par rapport à mon sujet de départ. J’y reviens Et donc grâce à l’ADN des mitochondries et l’analyse de près de 15 000 de nos contemporains, hommes et femmes bien sûr, vivant entre l'Oural et l'Atlantique, il conclut que nos lignées remontent aux chasseurs-cueilleurs, (et non pas aux cultivateurs comme on le pensait), présents sur ce vaste territoire dont certains depuis 45000 ans. Brian trouve sept lignées, aboutissant à sept femmes originelles, qu’il a baptisées Ursula, Xénia, Héléna, Velda, Tara, Katrine et Jasmine,

« Aujourd'hui, dit Bryan Sykes, de 95 à 97 % des Européens sont reliés à l'un des sept clans. »

En 2000, Sykes a créé avec son université, la société Oxford Ancestors, qui, à partir de quelques cellules auto prélevées à l'intérieur de la joue, apprend à tout un chacun à quel clan il appartient. «Aujourd'hui, la génétique fait peur, analyse-t-il, car elle apporte plutôt de mauvaises nouvelles, alors que nous, nous offrons aux gens la possibilité de se reconnecter avec leurs très lointains ancêtres.» Les clients affluent, principalement de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, pour retrouver leurs racines préhistoriques. Alors si vous voulez savoir si vous descendez de Katrine, de Jasmine, Tara etc…. Contactez Brian Sykes à Oxford C’est pas une bonne nouvelle ça !

Ni ,ni, j’ai fini !

Enfin pas tout à fait : au dernières nouvelles et grâce à l’envoi de prélèvements a Oxford chez Brian Sykes, finalement le nombre d’Êve se monte à une quinzaine …et ce n’est peut être pas fini

*Barachattes : une émission de femmes sur Radio Saint Affrique

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