"Seizure, la reine du mal" premier long métrage d’Oliver Stone

Dans sa grande villa, Edmund Blackstone, un écrivain auteur de nouvelles horrifiques, accueille avec sa femme et son jeune fils de nombreux invités. Or, les personnages des cauchemars de l’écrivain prennent vie et commencent un jeu de massacres dont les victimes sont les invités.

"Seizure, la reine du mal" d'Oliver Stone © Extralucid Films "Seizure, la reine du mal" d'Oliver Stone © Extralucid Films
Sortie du coffret Blu-ray/DVD : Seizure, la reine du mal d’Oliver Stone

Extralucid Films est un nouvel éditeur qui se propose de découvrir et faire connaître des perles du cinéma méconnu de toutes époques et pays à la puissante singularité. Ainsi en est-il de ce premier long métrage d’Oliver Stone réalisé au début des années 1970 au Canada avec une équipe réduite et des moyens rudimentaires. Le film s’inscrit dans les récits d’horreur en pleine effervescence dans les années 1970 aux USA comme en Italie dans l’industrie du cinéma. Oliver Stone a d’ores et déjà un grand désir de cinéma et d’explorer la violence à travers la démesure. En tant que scénariste, il a pu concentrer ses propres démons dans le personnage de l’écrivain veule, que l’on ne voit pas écrire et qui surtout est prêt à sacrifier son fils, interprété par Jonathan Frid tout juste sorti de la série télévisée à succès Dark Shadows. Cette thématique de la famille dysfonctionnelle présente de manière explicite dans ce film est un sujet qui parcourt la filmographie d’Oliver Stone. Il est ainsi aisé de reconnaître dans différents thèmes de ce modeste film d’horreur les problématiques amplement développés dans les années suivantes.
De manière un peu pataude et caricaturale, le capitalisme obséquieux est dénoncé pour son mépris du genre humain et son individualisme forcené. Le cauchemar initial de l’écrivain enfermé sur lui-même laisse présager le Shining de Stephen King et Stanley Kubrick tout en restant concentré sur un sujet bien plus modeste. Le scénario original d’Oliver Stone reste encore assez maladroit mais tient malgré tout la route avec des plans fous de course-poursuite et surtout l’idée originale de représenter trois méchants improbables sortis de l’univers du sado-masochisme : un nain intrépide et sadique interprété par le français montalbanais Hervé Villechaize (L'Île fantastique, L'Homme au pistolet d'or), un black géant muet défiguré à la force surhumaine et une vamp démoniaque qui se présente comme la déesse de la destruction Kali incarnée par la charismatique Martine Beswick (El Chuncho, Opération Tonnerre, Bons baisers de Russie).
Seizure passe à côté du film d’horreur proprement dit car les nombreux assassinats restent globalement hors champ mais s’impose comme un Objet Filmique Non Identifié révélateur de celui qui dénonça au mieux les attentes des valeurs familiales non comblées derrière le mythe américain.

 

 

 

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Seizure, la reine du mal
Seizure!
d’Oliver Stone
Avec : Jonathan Frid (Edmund Blackstone), Martine Beswick (la reine des ténèbres), Joseph Sirola (Charlie Hughes), Christina Pickles (Nicole Blackstone), Hervé Villechaize (Spider, le nain), Anne Meacham (Eunice Kahn), Roger De Koven (Serge Kahn), Troy Donahue (Mark Frost), Mary Woronov (Mikki Hughes), Richard Cox (Gerald), Henry Judd Baker (Jackal, le géant), Lucy Bingham (Betsy), Alexis Kirk (Arris), Timothy Ousey (Jason Blackstone), Timothy Rowse
Canada, USA, 1974.
Durée : 94 min
Sortie en salles (France) : 1974
Sortie France du coffret Blu-ray/DVD : 19 août 2020
Format : 1,85 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Extralucid Films
Collection : Extra Culte

Bonus :
Entretien avec Fathi Beddiar
Bande-annonce

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