Sortie Blu-ray : L'Été en pente douce de Gérard Krawczyk
Plongée dans les années 1980 avec un village du sud-ouest sous une chaleur torride où les corps se liquéfient et deviennent de pures expressions primitives dans les enjeux de rivalité autour d'une femme belle et faussement ingénue qui rejoue le drame de Marylin Monroe son actrice fétiche. D'ailleurs, dans les destins croisés de ces personnages marqués par la torpeur et l'impossibilité pour eux de réaliser leurs rêves, il y a beaucoup du constat du film de John Huston Les Désaxés (The Misfits, 1961) ce qui rappelle l'enracinement de L'Été en pente douce dans le cinéma de genre américain, entre film noir et surtout western. En effet, un cow boy solitaire est ici de retour dans son village natal avec à son bras une femme qui sera l'objet de convoitise des hommes du village, au premier rang desquels André Voke qui veut en outre s'approprier la maison du héros. Si le duel est latent entre les deux figures de la virilité exacerbée, il n'en prend pas forcément le chemin comme si aucune résolution n'était possible dans ce village figé dans le passé. L'ambiance devient électrique dans un monde où n'apparaissent que des hommes dégoulinant de sueur à la concupiscence frustrée.
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Point ici d'approche documentaire de la réalité mais bien plutôt une fiction renfermée dans son univers d'origine littéraire puisqu'il s'agit de l'adaptation du roman de Pierre Pelot. Si l'ambiance est marquée par une photographie inondée par la lumière, elle est tout aussi marquée par des personnages hauts en couleur qui ont toujours le verbe haut pour s'exprimer, quittant le réalisme social pour appuyer le jeu des acteurs identifiés en tant que tels. Ceci révèle le plaisir de faire jouer des acteurs de la part de Gérard Krawczyk comme en témoignait déjà vivement son précédent long métrage Je hais les acteurs (1986).
Aux frontières entre le théâtre avec ses lieux clos, ses personnages qui hurlent leur existence, et la bande dessinée pour leurs images exacerbées, L'Été en pente douce s'inscrit dans une époque de l'esthétique publicitaire de la sensualité féminine exacerbée à l'instar de ce qui avait fait la réputation et le succès de 37°2 le matin (1986, Jean-Jacques Beineix). Si les Marylin sont promues par la société de consommation décomplexée des années 1980, elles sont bannies d'une société machiste avec toute l'hypocrisie qui lui est propre comme en témoigne par son versant critique le film de Gérard Krawczyk.
L'Été en pente douce
de Gérard Krawczyk
Avec : Jacques Villeret (Maurice Leheurt, dit "Mo"), Jean-Pierre Bacri (Stéphane Leheurt, dit "Fane"), Pauline Lafont (Lilas), Jean Bouise (Olivier Voke), Guy Marchand (André Voke), Jean-Paul Lilienfeld (Shawenhick, l'ex de Lilas), Jacques Mathou (Jeannot), Claude Chabrol (le prêtre), Patrick Braoudé (l'un des personnels de la gendarmerie), Georges Vaur (M. Bressoul, le banquier du Crédit agricole), Dominique Besnehard (le notaire), Charles Varel (le manutentionnaire), Andrée Laberty (madame Castillon)
France, 1987.
Durée : 100' (1h40)
Sortie en salles (France) : 29 avril 1987
Sortie France du Blu-ray : 10 juin 2022
Format : 2,35 – Couleur
Langues : anglais, français, espagnol, portugais - Sous-titres : français.
Éditeur : Tamasa Diffusion
Bonus :
« L’été de Gérard Krawczyk », entretien avec le réalisateur (30’)
Bande-annonce