Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

3801 Billets

6 Éditions

Billet de blog 5 janvier 2026

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

"Certains l’aiment chauves" de Camille Delamarre

Lorsque Zacharie fait sa demande en mariage dans un restaurant en bord de plage atlantique auprès de sa bien-aimée, celle-ci lui apprend qu’elle ne supporte pas l’idée qu’il devienne chauve et le quitte. Zacharie n’aura dès lors qu’une obsession : lutter contre sa calvitie. Il fait donc appel à son oncle Joseph.

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Certains l’aiment chauves de Camille Delamarre © UGC

Sortie DVD : Certains l’aiment chauves de Camille Delamarre

Suffit-il d’avoir une star populaire et d’une appréhension masculine de perte de virilité en guise d’intrigue pour faire un film ? C’est du moins ce qu’ont cru les producteurs Olivier Delbosc et Olivier Gastinel de coutume plus inspirés, qui se sont lancés sur un budget prévisionnel de 10 millions d’euros, comme en témoigne le site Siritz dédié à l’économie du cinéma :

La production du film correspond au « double du budget prévisionnel moyen des films de fiction français sortis cette année. https://siritz.com/financine/budgets-previsionnels-en-2025/. Pour la préparation, 33 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 200 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est deux tiers de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-des-realisateurs-2025-comparee-a-2024/Le scénario a été écrit par Antonin Fourlon pour 115 000 €. C’est le budget médian des scénarios des fictions françaises cette année. https://siritz.com/financine/budget-des-scenarios-en-2025-et-2024/Les rôles principaux ont reçu 1 million €, soit trois fois et demi la rémunération moyenne des rôles principaux. https://siritz.com/financine/la-remuneration-des-roles-principaux-en-2025/ »

Ainsi, cette opération financière à la médiocre fréquentation en salles de cinéma mais qui bénéficiera d’ores et déjà d’un passage à la télévision sur Canal+, TF1 et Disney, dépasse largement les montants des productions courantes du cinéma français avec une implication créative des plus faibles à tous niveaux.

Tout commence par un scénario extrêmement balisé qui enchaîne les blagues sexistes (cf. l’absence d’initiative des personnages féminins), racistes (cf. les blagues de l’épicier qui ne parle pas français), homophobes (cf. l’autodéfense excessive censée être matière humoristiques pour le protagoniste à l’idée d’être bisexuel) et masculinistes (multiples blagues référencées au genre masculin se satisfaisant du privilège d’être un homme et la déconsidération totale des personnages féminins), sans le moindre recul sur une morale non révolutionnaire selon laquelle il est essentiel « de s’accepter soi-même à travers ses différences ».

Kev Adams joue le benêt extrêmement influençable et jamais connecté à l’autre dans ses émotions, quand bien même s’agit-il de son amoureuse. Tourner en dérision un train de caractère excessif est en droite ligne avec le comique traditionnel défini par Molière. Le point de vue aurait pu être pertinent si le scénario s’était davantage nourri de la réalité sociale afin d’ouvrir un dialogue constant avec des situations qui viennent éclairer le quotidien. Au lieu de cela, le personnage se retrouve dans des situations artificielles où l’humour est toujours forcé sans que Kev Adams ne joue ni de son corps (à part les postiches de son crâne, ce qui est vite limité comme effet comique), ni des dialogues pour alimenter ledit humour, grand absent du film.

Illustration 2

Certains l’aiment chauves
de Camille Delamarre
Avec : Kev Adams (Zacharie), Michaël Youn (Joseph), Rayane Bensetti (Bastien), Faustine Koziel (Lison Novak), Clara Joly (Romy), Chantal Ladesou (Dr. Miele), Tony Garcia Lewis (Enzo, le surfeur), Jean-François Cayrey (Victor Kahuzac), Shane Woodward (Chris MacLoader), Antonia de Rendinger (la pharmacienne), Sophie Mounicot (Myriam, la mère de Zacharie), Albert Goldberg (Patrick, le père de Zacharie), Doralice Aberrane (Nadia, la préparatrice de pharmacie), Laurent Target (le journaliste sportif), Vedanth Ramesh (Raja, l'épicier tamoul), Delphine Wespiser (la commentatrice championne de surf), Laurianne De Casanove (la journaliste d'investigation), Waël Haddad (le client de la pharmacie), Marie-Alix De Bagneaux (l'hynologue), Nicolas Marlhens, Vincent Treguier, Claire Jaz, Loïc Richard, Louise Denis, Frédéric Laborde, Kahina Mounier, Pierre Dirat, Nicolas Lemaître, Gérard Linsolas, Maxime Dos Anjos, Jessyrielle Massengo, Homam Belemhouar, Lory Ferreira, Pauline Dusage, Reynald Sautour, Enis Bocard, Nicolas Rivas
France – 2025.
Durée : 78 min
Sortie en salles (France) : 16 juillet 2025
Sortie France du DVD : 5 décembre 2025
Format : 2,35 – Couleur
Langue originale : français.
Éditeur : UGC

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.