"Le Fils du Mask" (Son of the Mask) de Lawrence Guterman

Le chien de Tim Avery, grand fan de cartoon, trouve un masque en bois dans ue rivière qui se trouve doté de pouvoirs magiques provenant de Loki, le fils d’Odin. Tim Avery, sous les pouvoirs du Mask, fait un enfant à son épouse. Le bébé se retrouve dès lors doté de pouvoirs cartoonesques.

"Le Fils du Mask" (Son of the Mask) de Lawrence Guterman © Metropolitan "Le Fils du Mask" (Son of the Mask) de Lawrence Guterman © Metropolitan
Sortie du DVD : Le Fils du Mask de Lawrence Guterman

Dix ans après The Mask de Chuck Russel qui a offert une véritable consécration au génie plastique et comique de Jim Carrey, une proposition de suite plus ou moins officielle a été réalisée, avant de rapidement tomber dans l’oubli sous le sceau de la pire suite et tout simplement film de l’année selon certains concours… 16 ans plus tard, alors que des rumeurs courent sur une nouvelle suite du film initial avec surtout la présence de Jim Carrey, Le Fils du Mask sort en DVD en tentant de tabler sur l’amnésie de sa mauvaise réputation au moment de sa sortie. De suite du premier, c’est difficile de l’envisager et avec honnêteté, tout d’abord en l’absence de Jim Carrey qui a donné toute son âme ou presque au personnage éponyme, la production n’a pas osé utiliser le titre The Mask 2.

En intégrant au centre de l’intrigue un bébé, c’est aussi un public familial qui est visé en utilisant un scénario assez méprisant par rapport aux attentes légitimes du public par rapport au premier volet filmique. Le film ne cesse de faire du surplace en l’absence d’intrigue, se contentant de faire intervenir la mythologie nordique pour donner un peu de « peps » (sic) au récit avec l’apparition des figures divines d’Odin et de son fils Loki. Invoquer la mythologie ne suffit pas à créer une intrigue : il faut encore savoir s’en servir pour créer une véritable dynamique ! Les scènes numériques du Mask porté se contentent de copier quelques scènes du film original sans aucune invention, faisant tomber à plat l’effet de surprise. Les acteurs, à la fois confronté à une absence de direction et un scénario insipide, se trouvent bien décontenancés pour faire vivre leurs personnages. Le réalisateur semble rêver de la magie du numérique qui sauverait son film par ses ajouts. Or, même si les modifications de visage du chien comme du bébé sont fascinants, parfois drôles, elles ne tiennent aucunement sur la durée et l’intérêt pour le film disparaît rapidement. Pour une déception, c’est une belle déception !

Pourtant, le thème de la responsabilité paternelle dans l’arrivée d’un enfant était un bon point de départ pour décrire une histoire complexe et haletante où le Mask, en tant qu’organe de défouloir absolu, aurait pu jouer le rôle de la libération de l’inconscient singulier du personnage refoulé : là encore, aucune attention n’a été portée à ce sujet. La morale puritaine arrive en bout de course pour énoncer platement comme un sermon l’importance de la relation filiale et de la famille en général. Fallait-il dépenser autant de moyens pour énoncer cette idée ? Un film qui passe et qui s’oublie aussi vite.

 

 

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Le Fils du Mask
Son of the Mask
de Lawrence Guterman
Avec : Jamie Kennedy (Tim Avery / The Mask), Alan Cumming (Loki), Traylor Howard (Tania Avery), Bear (Otis, le chien / Mask d'Otis), Ryan et Liam Falconer (Alvey Avery), Steven Wright (Daniel Moss), Bob Hoskins (Odin), Ben Stein (le Docteur Arthur Neuman), Magda Szubanski (Betty, la voisine), Kal Penn (Jorge), Sandy Winton (Chris), Rebecca Massey (Clare), Ryan Johnson (Chad), Victoria Thaine (Sylvia), Peter Flett (Monsieur Kemperbee), Amanda Smyth (Madame Babcock)
États-Unis, Allemagne, Australie, France, 2005.
Durée : 91 min
Sortie en salles (France) : 23 mars 2005
Sortie France du DVD : 18 mars 2021
Format : 1,77 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Metropolitan Vidéo

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