Entretien avec Lili Douard pour son spectacle "Mireille, chansons & magnétophones"

En préambule du festival L'été de Vaour qui a commencé officiellement ce mardi 6 août, le spectacle "Mireille, chansons & magnétophones" de Lili Douard de la compagnie "Compagnie Plaisir d'offrir, joie de recevoir" était diffusé le samedi 3 août dans le cadre de la programmation "L'été vagabond" du festival. Rencontre avec l'auteure et l'interprète du personnage de Mireille : Lili Douard.

"Mireille, chansons & magnétophones" de Lili Douard © Le Dandy Manchot "Mireille, chansons & magnétophones" de Lili Douard © Le Dandy Manchot

Cédric Lépine : Quel a été votre parcours sur scène avant le spectacle « Mireille, chansons & magnétophones » ?
Lili Douard : J
'ai commencé à Rennes avec la Cie Légitime Folie qui faisait des spectacles d'enfants par des enfants pour des enfants : Bleu Miroir, La porte à côté, Lunes, Mimi et Lili sont sur un bateau... Plus tard, j'ai travaillé avec le Théâtre du Vestiaire, puis j'ai fait de la manipulation d'objets (argile manipulée) avec la Compagnie du Vent des Forges et j'ai écrit mon premier tour de chant. Sans aucune cohérence je suis ensuite arrivée au clown où j'ai joué dans le spectacle Snoutch avec 3 clowns circassiens : les Têtes d'Affiche et co-écrit le spectacle de rue Happy Together avec la Cie Non Négociable.


C. L. : De la chanson, la musique à l'interprétation et à la mise en scène théâtrale, quelle est votre formation qui vous amène à vous produire devant un public ?
L. D. : J'ai un M2 de Philo, la moitié d'une formation Bafa, le permis B, une Licence III d'artiste clown, une certification d'animatrice radio. Mireille c'est sûrement le résultat de tout ça mélangé (le permis B surtout).


C. L. : Pouvez-vous rappeler les différentes étapes de création de votre spectacle et les personnes qui se trouvent derrière entre Lili Douard, Jaouen Letourneux et peut-être encore d'autres personnes ?
L. D. : Oui ! La première fois que j' ai chanté mes chansons avec ma guitare devant un groupe de copains lors d'un stage d'écriture, ça les a fait rire. Le fait que je sois vraiment nulle à la guitare, que je dise : « merde, non, là c'était un mi... pardon ! » C'est lors de cette soirée qu'un ami, Thierry Chazelle (du groupe Thierrry Chazelle et Lili Cros) est venu me dire qu'il fallait que j'aille chanter, que j'étais prête... À la question, « mais t'es d'accord que je fais des pains partout ? » Il a répondu : « oui, oui, guitaristiquement c'est nul mais c'est ça qui est drôle. »

Et du coup on peut dire que mon spectacle part d'une insuffisance, enfin je ne sais pas comment on peut appeler ça. Mireille n'est pas une musicienne virtuose, ni une philosophe, ni une chanteuse, ni une clowne. Elle est un peu trop débordée, un peu trop émotive, un peu trop pas organisée, mais elle a des velléités d'autrice. De plus, elle a passé plusieurs années dans sa chambre à fabriquer ses chansons et elle estime qu'elle en a bavé, du coup quoi qu'il en soit, envers et contre tout, à brûle-pourpoint, elle chante. Et les gens l'écoutent je crois parce qu'ils sentent bien que ses chansons sont vraies..

Ensuite, cette année, j'ai réécrit les transitions avec Achille Grimaud, Guillaume Thierry des Têtes d'affiche, et retravaillé la maladresse avec Raymond Raymondson.


C. L. : Comment présenteriez-vous votre personnage, Mireille ?
L. D. :
Mireille est un personnage qui fait son maximum.


C. L. : Est-ce un personnage que vous aimeriez prolonger et faire évoluer sur différents spectacles, même s'il ne porte plus ce prénom ?
L. D. :
Oui ! Mireille se brosse les dents, Mireille boit un smoothie, Mireille fait du paddle... je pense que j'ai de bonnes perspectives d'évolutions avec Mireille ! :)


C. L. : Est-ce que les compositions de Pascal Comelade qui utilise aussi des instruments pour enfants pour faire sa musique vous touchent et vous ont inspiré pour votre spectacle ?
L. D. : Oui, en effet... j'ai beaucoup écouté Pascal Comelade. Et par rapport aux objets de l'enfance, c'est vrai que tout le temps dans les spectacles ou numéros de clowns que j'ai été amenées à jouer, je me retrouve avec des jouets, des cassettes et des micros. J'aime bien... les sons désenchantés, un peu faux, un peu poussiéreux. J'aime bien aussi l'idée de faire des chansons avec ce qui traîne dans mon garage, avec des objets trouvés sur un vide grenier.


C. L. : Qu'il s'agisse des cassettes magnétiques, des magnétophones, des jouets pour enfants, des lunettes que Mireille porte à la fin du spectacle, Mireille est sans cesse plongée dans le passé comme pour inviter aussi le public à faire le deuil d'une époque révolue tout comme elle doit faire le deuil de ses relations amoureuses...
L. D. : Je ne pense pas qu'il fasse faire des deuils. Re-vivre, autre chose, ailleurs, en revanche, oui. Mais pour le deuil, je pense qu'on est tout le temps agité par ses souvenirs. Je pense qu'on n'a pas deux mais un seul disque dur (pour le moment) et s il est encombré, vraiment, tant mieux, ça fait de nous de bons vivants.


C. L. : Quelle expérience faites-vous de votre représentation en plein air au sein de la programmation du festival L'été de Vaour de cette année ?
L. D. :
Le public de Vaour est formidable. C'est très agréable d'avoir le sentiment que les gens écoutent.

 

 

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