La screwball comedy en 3 films

Ce coffret hommage à la Screwball Comedy réunit trois longs métrages parmi les plus caractéristiques du genre : « La Dame du vendredi » d’Howard Hawks, « Mon homme Godfrey » de Gregory La Cava et « La Joyeuse suicidée » de William Wellman.

"La Dame du vendredi" 'His Girl Friday) réalisé par Howard Hawks © éditions Montparnasse "La Dame du vendredi" 'His Girl Friday) réalisé par Howard Hawks © éditions Montparnasse

Sortie du coffret DVD : Screwball Comedy

La screwball comedy est un sous-genre de la comédie américaine classique limitée dans le temps à environ dix années mais qui a eu une influence notable jusqu’à nos jours, inondant des séquences de films là où l’on s’y attend le moins, qu’il s’agisse d’un blockbuster comme d’un film indépendant. Avec une nouvelle problématique soulevée sur la place des femmes dans le cinéma ces dernières années, la screwball comedy se révèle avant-gardiste puisqu’elle avait avant tout comme caractéristiques notables de reposer son récit sur des femmes fortes dont les réparties les mettaient sur un pied d’égalité avec leurs homologues masculins. Ainsi, plusieurs actrices ont contribué à porter aux nues le genre qu’il s’agisse de Katharine Hepburn, Carole Lombard (ici présente sur deux films) sans oublier Claudette Colbert et d’autres encore. Les films sont nombreux et les trois longs métrages réunis ici offrent un tour d’horizon de la richesse des scénarios avec des dialogues qui fusent et des corps tout droits issus du burlesque, toujours en mouvements pour rappeler toute la dynamique en jeu entre les personnages, notamment un duo composé d’un homme et une femme qui se débattent autour d’une histoire de mœurs. Chacun des films incarnent parfaitement ces caractéristiques de mise en scène avec des acteurs fabuleux comme notamment du côté masculin Cary Grant. La vivacité des corps mis au même niveau que les duels de dialogues autour notamment des oppositions de genre est fascinante et donne une énergie vivifiante qui se fait souvent rare dans le cinéma contemporain, où la mise en scène repose soit dans la présence du corps, soit de la pensée énoncée, mais rarement dans l’union immédiate des deux. Ce coffret permet encore de (re)découvrir le réalisateur méconnu Gregory La Cava avec Mon homme Godfrey qui, sur le thème de l’homme de la rue s’intégrant à la société bourgeoise pour mieux la dynamiter de l’intérieur, fait écho au scénario de Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (1932). Une belle opportunité encore d’apprécier le talent d’actrice de Carole Lombard. En bonus, deux documentaires réalisés par Clara et Julia Kuperberg dont l’un est consacré spécifiquement à comprendre ce qu’est la screwball comedy à grands renforts d’extraits de films et d’interventions de spécialistes historiens du cinéma et un autre traversant l’ensemble de la filmographie de Billy Wilder, héritier direct du sous-genre mis à l’honneur ici.

 

 

La Dame du vendredi
His Girl Friday
réalisé par Howard Hawks

Avec : Cary Grant (Walter Burns), Rosalind Russell (Hildegaard « Hildy » Johnson), Ralph Bellamy (Bruce Baldwin), Gene Lockhart (Shérif Peter B. « Pinky » Hartwell), Porter Hall (Murphy, le reporter), Ernest Truex (Roy V. Bensinger, reporter), Cliff Edwards (Endicott, reporter), Clarence Kolb ('Fred', le maire), Roscoe Karns (McCue, reporter), Frank Jenks (Wilson, reporter), Regis Toomey (Sanders, reporter), Abner Biberman (Louis « Diamond Louie » Palutso), Frank Orth ('Duffy', le rédacteur en chef), John Qualen (Earl Williams), Helen Mack (Mollie Malloy), Alma Kruger (Mme Baldwin), Billy Gilbert (Joe Pettibone), Pat West (Warden Cooley), Edwin Maxwell (Dr. Max J. Egelhoffer)

USA, 1940.
Durée : 92 min
Sortie en salles (France) : 12 janvier 1945

 

 

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Mon homme Godfrey
My man Godfrey
réalisé par Gregory La Cava

Avec : William Powell (Godfrey), Carole Lombard (Irene Bullock), Alice Brady (Angelica Bullock), Gail Patrick (Cornelia Bullock), Eugene Pallette (Bullock) Mischa Auer (Carlo), Jean Dixon (Molly), Alan Mowbray (Tommy Gray), Pat Flaherty (Mike Flaherty), Robert Light (Faithful George), Jane Wyman (une invitée)

USA, 1936.
Durée : 96 min
Sortie en salles (France) : 23 février 1938

 

La Joyeuse suicidée
Nothing Sacred
réalisé par William A. Wellman

Avec : Carole Lombard (Hazel Flagg), Fredric March (Wallace 'Wally' Cook), Charles Winninger (le docteur Enoch Downer), Walter Connolly (Oliver Stone), Sig Ruman (le docteur Emil Eggelhoffer, de Vienne), Alex Schoenberg (le docteur Friedrich Kerchinwisser, de Berlin), Monty Woolley (le docteur Oswald Vunch, de Prague), Alex Novinsky (le docteur Felix Marachuffsky, de Moscou), Claire DuBrey (l'infirmière Rafferty), Frank Fay (le présentateur du spectacle), Hattie McDaniel (Mme Walker), Hedda Hopper (la dame d'âge mur qui reconnaît Hazel sur le paquebot), John Qualen (un pompier), Leonid Kinskey (Ferdinand Roassare, un poète), Troy Brown Jr. (Ernest Walker, un cireur noir de Harlem qui se fait passer pour le sultan de Mazipan), Maxie Rosenbloom (Max Levinsky), Margaret Hamilton (la gérante du drugstore de Warsaw), Olin Howland (Will Bull, le porteur de la gare de Warsaw), Bobby Tracy (le présentateur du combat)

USA, 1937.
Durée : 77 min
Sortie en salles (France) : 23 février 1938

 

 

Sortie France du coffret DVD : 13 novembre 2019
Format : 1,33 – Couleur et Noir & Blanc
Langue : anglais - Sous-titres : français.
Éditeur : Éditions Montparnasse

Bonus :
Court métrage : De longs discours dans vos cheveux d’Alexandre Steiger (2019, 12’) présenté par Francis Gavelle

Documentaires de Clara et Julia Kuperberg :
La Screwball : une histoire de la comédie américaine (52’)
Billy Wilder, la perfection hollywoodienne  (54’)

 

 

 

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