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Billet de blog 9 août 2025

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Les Furies (The Furies) d'Anthony Mann

Sur la grande propriété des Furies en 1870 au Nouveau Mexique, un patriarche règne en maître en expulsant les populations hispanophones et imprimant de la monnaie à son image tout en idolâtrant Napoléon Bonaparte. Sa fille qui possède son tempérament, est sa fierté, même si elle n'est pas toujours d'accord avec lui.

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Illustration 1
Les Furies The Furies d'Anthony Mann © Sidonis Calysta

Sortie DVD : Les Furies d'Anthony Mann

Méconnu au sein de la filmographie d'Anthony Mann, Les Furies (The Furies, 1950) est une curiosité inoubliable à plus d'un titre. Tout d'abord, il fait parti des rares westerns à l'époque à mettre en valeur un personnage féminin au centre de l'intrigue dans un monde résolument cruel, où les maisons des personnes que le potentat local veut chasser, sont brûlées, et où la justice expéditive est exécutée sans juge par pendaison immédiate. Barbara Stanwick fait preuve d'une énergie incomparable pour défendre son personnage qui n'est cependant pas sans contradictions et révélant des aspects de sa personnalité beaucoup plus troubles. La scène du ciseau est à cet égard d'une violence rare inattendue pour l'époque encore pourtant régie par le code Hays à Hollywood.

Anthony Mann allie en fait le western au film noir et à la tragédie shakespearienne en faisant notamment référence au Roi Lear. Ce western par la densité de son scénario original ne ressemble à aucun autre à l'exception du chef d'œuvre transgressif Duel au soleil (Duel in the Sun, 1946) de King Vidor où une femme se débattait entre deux figures masculines antithétiques jusqu'à la folie et en révélant une frustration sexuelle innervant l'ensemble de l'intrigue. La psychologie complexe des personnages fait la saveur du scénario, avec une relation père-fille qui révèle tous les traits d'un inceste et les comportements de ses prétendants non dénués de sadisme.

Pour son dernier rôle au cinéma, Walter Huston compose un personnage inoubliable par sa folie démesurée à vouloir s'imposer comme un homme de pouvoir sans contradiction. La manière dont il exclut les populations mexicaines qui ont habité depuis un temps immémoriel ce qu'il prétend être ses terres n'est hélas traité avec une trop grande légèreté, servant avant tout de décor à l'intrigue que d'enjeu réel. La folie de la matriarche mexicaine vient même in fine délégitimer la révolte des populations mexicaines chassées et leur manque de solidarité entre elles, puisqu'une famille n'était pas chassée puisque l'un de ses membres était l'ami d'enfance de la fille du potentat. La manière de présenter celui-ci est parfois un peu trop bienveillante par rapport à l'exercice de pouvoir réel, invitant le public à pardonner son comportement réduit à celui d'un enfant capricieux en mal de reconnaissance.

Illustration 2

Les Furies
The Furies
d'Anthony Mann
Avec : Barbara Stanwyck (Vance Jeffords), Walter Huston (Temple C. Jeffords), Judith Anderson (Flo Burnett), Wendell Corey (Rip Darrow), Gilbert Roland (Juan Herrera), Thomas Gomez (El Tigre), Wallace Ford (Scotty Hyslip), John Bromfield (Clay Jeffords), Albert Dekker (Reynolds, le représentant de la «Anaheim Bank»), Charles Evans (Anaheim pèreBeulah Bondi (Mme Anaheim), Craig Kelly (Anaheim fils), Frank Ferguson (le docteur GrieveLouis Jean Heydt : Bailey, le courtier), Movita Castaneda (Chiquita), Blanche Yurka (mama Herrera), Pepe Hern (Feliz Herrera), Lou Steele (Aguirre Herrera), Myrna Dell (Dallas Hart), Arthur Hunnicutt (un cowboy employé par T.C. Jeffords), Rosemary Pettit (Carol Ann, l'épouse de Clay Jeffords), Jane Novak (une invitée)
USA – 1950.
Durée : 104 min
Sortie en salles (France) : 28 mars 1951
Sortie France du DVD : 12 juillet 2025
Format : 1,33 – Noir & Blanc
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Sidonis Calysta
Bonus :
Présentation du film par :
Jean-François Giré (2025, 11’28”)
Olivier Père (2025, 24’17”)
Interview d’Anthony Mann (« The Movies », 1967, 16’38”, VOST)
Bande-annonce (2’13”, VO)

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