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Billet de blog 9 octobre 2024

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Berck-sur-Mer 2024 : "Ndar, les fils de l'eau" de Marie-Cécile Crance

Dans les rue de Saint-Louis au Sénégal, les talibés sont ces enfants des rues confiés à une école coranique qui trouvent en mendiant les ressources pour manger chaque jour. Ils sont animés par une commune passion du football qui les conduit à s'unir et se retrouver au quotidien.

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Illustration 1
Ndar, les fils de l'eau de Marie-Cécile Crance © Les Films du Carry

Film de la section « Récits du réel » de la 20e édition de Cinémondes, Festival International du film Indépendant de Berck-sur-Mer 2024 : Ndar, les fils de l'eau de Marie-Cécile Crance

Avec simplicité dans une narration en immersion dans le quotidien des enfants talibés, Marie-Cécile Crance prône un cinéma de l'empathie et du partage d'un mode de vie pour mieux identifier des personnes en marge, qu'une grande partie de la société refuse de voir ou qu'elle méprise. Dans un pays où cette jeunesse laissée à elle-même ne semble générer aucune préoccupation de la part des institutions, symptomatiquement les grandes absentes du film, Ndar, les fils de l'eau devient éminemment politique tout en mettant au centre de son récit les enfants ainsi qu'un adulte, ancien talibé, devenu artisan réparateur de chaussures de rue manifestant sa solidarité bienveillante à l'égard de ces enfants.

Dans une approche anthropologique féconde refusant tout interventionnisme et en ne cachant pas la présence de la caméra dans une démarche réflexive critique pour penser les images et la manière de les faire naître, Ndar, les fils de l'eau tente d'approcher au mieux un quotidien sensible hors du temps en privilégiant davantage les interactions qui se déroulent devant la caméra et la stratégie pour chaque enfant d'occuper un espace public, individuellement ou en groupe, sans jamais forcer à saisir des témoignages là où ils ne seraient pas naturels.

Avec modestie et une dévotion pleine et entière à son sujet, la réalisatrice ne s'empêche pas non plus d'intégrer des scènes d'envolées lyriques avec des chorégraphies dansées où les silhouettes non identifiées pourraient symboliser l'espoir d'un épanouissement à l'horizon adulte pour ces enfants dont le terrain de foot est aussi l'expression collective de la préparation du corps pour survivre en exprimant l'accès à de nouvelles perspectives.

Ndar, les fils de l'eau
de Marie-Cécile Crance
Documentaire
90 minutes. France, Sénégal, 2024.
Couleur

Scénario : Marie-Cécile Crance
Images : Marie-Cécile Crance

Montage : Francine Lemaître
Mixage : Jean-Frédérick Grosdemange
Son : Marie-Cécile Crance
Montage son : Colas Gorce
Étalonnage : Olivier Dassonville et Axelle Gonay
Traduction : Djibrill Djaw et Cheikh Diallo
Production : Avril Films, Les Films du Carry,Lyon Capitale TV

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