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Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

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Billet de blog 10 mars 2020

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L’activisme dans une société néolibérale ou la force de l'autodérision

Angèle, trentenaire investie dans la société qu’elle souhaite changer avec son implication professionnelle dans un cabinet d’architecte, perd soudainement son emploi et se retrouve à vivre chez son père célibataire.

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Illustration 1
"Tout ce qu’il me reste de la révolution" de Judith Davis © UFO

Au sujet de l'édition DVD : Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis

Que fait-on des valeurs des luttes sociales à l’heure où les militants de gauche des années 1970 sont devenus des patrons adeptes fervents et prosélytes du néolibéralisme ? L’actrice Judith Davis, pour son premier long métrage en tant que réalisatrice, fait le point du militantisme de gauche dans une société française dépassée par toutes ses contradictions individualistes. D

ans le rôle principal, Judith Davis joue Angèle, un personnage qui est une véritable tornade prête à bouleverser et remettre en cause les injustices sociales au présent, avec des actions directes dans une banque comme devant un bureau de Pôle Emploi. Son activisme se développe encore dans des groupes de paroles pour préparer la lutte, ainsi que dans sa sphère familiale en se confrontant à son père, sa sœur et au final sa mère, sans oublier son potentiel petit ami. Ces préoccupations pertinentes sur l’état du monde contemporain sont traitées sous le mode humoristique de l’auto-dérision pour interroger l’intimité d’un activisme.

Le personnage joué par Judith Davis donne non seulement le rythme du film et par le contraste de son énergie avec ceux qui l’entourent, génère le ton humoristique, à l’instar de la mise en scène des films de Woody Allen où un personnage qui se pose énormément de questions se trouve souvent confronté à évoluer concrètement au fil de ses échanges avec des personnages hétéroclites.

Cette comédie existentielle et politique est brillamment réalisée grâce à l’énergie débordante de son actrice-réalisatrice-scénariste qui offre ainsi un regard inédit sur une trentenaire parisienne éprise tout autant que respirant les valeurs progressistes. L’auto-dérision est la bienvenue quant aux questions potentiellement pessimistes des formes de la lutte dans un monde qui a définitivement enterré les ambitions d’hier de la solidarité à l’égard de chacun dans son investissement professionnel.

Illustration 2

Tout ce qu’il me reste de la révolution
de Judith Davis
Avec : Judith Davis (Angèle, une jeune urbaniste qui tente de prolonger l'esprit de soixante-huit dans la start-up nation), Malik Zidi (Saïd, un directeur d'école non conventionnelle qui s'éprend d'elle), Claire Dumas (Léonor Chergui, la copine sculptrice d'Angèle, qui milite avec elle), Simon Bakhouche (Simon, le père d'Angèle, un ancien soixante-huitard qui ne vit plus que dans la nostalgie de son engagement passé), Mélanie Bestel (Noutka, la soeur d'Angèle qui adhère à présent aux diktats de l'ultra libéralisme), Nadir Legrand (Stéphane, son mari, un consultant en marketing sans états d'âme), Mireille Perrier (Diane Sorel, la mère d'Angèle et Noukta qui a quitté le foyer il y a quinze ans), Yasin Houicha (Steeve, un jeune employé de banque membre du groupe de parole), Patrick Belland (Pat, membre du groupe de parole), Samira Sedira (Samira, une préparatrice en pharmacie, membre du groupe de parole), Slim El Hedli (Slim, éducateur à Belleville, membre du groupe de parole), Émilie Caen (Annabel, l'ex employeuse d'Angèle), Jean-Claude Leguay (Vincent, l'ex prof puis employeur d'Angèle), Mathilde Braure (Henriette, la secrétaire d'Annabel et Vincent), Malo Konaté (Timéo dit "Titi", le petit garçon de Stéphane et Noutka), Maxence Tual (l'ami de Stéphane à la fête), Samir Guesmi (Emmanuel, un dentiste invité à la fête), Jean-Noël Cnockaert (Jean-No, un collaborateur de Noutka à la fête), Pauline Bélier (un mannequin à la séance photo), Thomas Mora (l'autre mannequin à la séance photo), Alexandre Courties (un élève),Sophie Eng (une élève), Léon Legrand (un petit élève)
France – 2018.
Durée : 88 min
Sortie en salles (France) : 6 février 2019
Sortie France du DVD : 3 septembre 2019
Format : 1,85 – Couleur
Langue : français - Sous-titres : français.
Éditeur : UFO


Bonus :
Court métrage : Un grand soir (12’)
Entretien avec Judith Davis (10’)
Séquence Pôle Emploi intégrale (4’)
Cérémonie de clôture du festival d’Angoulême, allocution de Judith Davis (5’)

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