Agrandissement : Illustration 1
Sortie Blu-ray : Zodiac de David Fincher au sein du coffret comprenant Seven et Zodiac de David Fincher
Une décennie après l’hommage au polar qu’était Seven (Se7en, 1995), David Fincher pose une question métaphysique sur le genre cinématographique et détourne avec brio toutes les attentes narratives. Il remet en effet en cause ici la finalité des films policiers qui consisterait à donner une cohérence au chaos, en offrant le triomphe de la rationalité suite à une longue enquête où l’intelligence est censée vaincre les passions destructrices de personnes en marge de la société.
Pour David Fincher, la réalité du monde n’est pas réagie par un ordre cohérent et lutter pour lui imposer des explications claires peut conduire celles et ceux qui s’y engagent dans la folie. Sean Penn avec The Pledge (2001) avait commencé à explorer cette dimension obsessionnelle de quête d’ordre du monde chez les enquêteurs qui finit par les plonger dans la folie mais David Fincher offre ici sa force narrative méticuleuse, directement héritière d’Alfred Hitchcock, dans une œuvre ambitieuse osant se confronter au vide existentiel et à l’inanité du monde.
Pour cela, il construit un récit choral où chaque personnage disposant d’une réelle profondeur psychologique reprend tour à tour les enjeux de l’intrigue sur le temps long d’une décennie. Chaque nouvel élément de l’enquête semble apporter l’effervescence d’une nouvelle trouvaille avant de se confronter au bloc de marbre infranchissable d’une abstraction, comme si le tueur en série était une figure mythologique désincarnée et donc insaisissable.
David Fincher poursuit après Seven sa réflexion sur le sens du polar au cinéma en adaptant les livres de l’un des protagonistes du film, Robert Graysmith, qui s’était lui-même livré à une enquête sur une histoire vraie qui a inspirée en son temps, comme le rappelle en une séquence le film de David Fincher, L’Inspecteur Harry (Dirty Harry, 1971) de Don Siegel. La reconstitution méticuleuse des décors, le montage à l’harmonie rythmique saisissante associées à une interprétation sans la moindre fausse note fait du film presque deux décennies plus tard une réussite à tous niveaux.
Zodiac
de David Fincher
Avec : Jake Gyllenhaal (Robert Graysmith, dessinateur au San Francisco Chronicle), Mark Ruffalo (l'inspecteur David « Dave » Toschi), Robert Downey Jr. (Paul Avery, journaliste au San Francisco Chronicle), Anthony Edwards (l'inspecteur William « Bill » Armstrong, l'adjoint de Dave Toschi), Chloë Sevigny (Melanie, la compagne de Robert Graysmith), Philip Baker Hall (Sherwood Morrill, l'expert graphologue), John Carroll Lynch (Arthur Leigh Allen, le suspect pédophile surnommé « Lee »), Brian Cox (Melvin Belli), Dermot Mulroney (le capitaine Marty Lee), Ione Skye (Kathleen Johns, la conductrice avec bébé), Ed Setrakian (Al Hyman), John Getz (Templeton Peck), John Terry (Charles Thieriot), Candy Clark (Carol Fisher), Elias Koteas (le sergent Jack Mulanax), Donal Logue (le capitaine Ken Narlow), Clea DuVall (Linda), Lee Norris (Mike Mageau, jeune), Jimmi Simpson (Mike Mageau, adulte), Patrick Scott Lewis (Bryan C. Hartnell), Jason Wiles (Dagitz), Tom Verica (Jim Dunbar), Charles Fleischer (Bob Vaughn), Adam Goldberg (Duffy Jennings), Zach Grenier (Mel Nicolai), James LeGros (l'officier George Bawart), Paul Schulze (Sandy Panzarella), Richmond Arquette (Zodiac 1 et 2), Bob Stephenson (Zodiac 3), John Lacy (Zodiac 4)
USA – 2007.
Durée : 162 min
Sortie en salles (France) : 17 mai 2007
Sortie France du coffret Blu-ray : 2 octobre 2024
Format : 2,40 – Couleur
Langue originale : anglais - Sous-titres : français.
Éditeur : Warner Bros. Entertainment France