L'animation belge de Camera-etc en 18 courts métrages

Dans le cadre de sa ligne éditoriale consacrée au cinéma d'animation indépendant du monde entier, loin des productions consensuelles hautement médiatisées, Les Films du Paradoxe propose de découvrir avec le DVD "L’Animation indépendante belge volume 1" le studio d'animation Camera-etc, autour de 18 courts métrages.

 

"Le Labyrinthe" de Mathieu Labaye © DR "Le Labyrinthe" de Mathieu Labaye © DR

Sortie DVD : L’Animation indépendante belge volume 1

Dans le cadre de sa ligne éditoriale consacrée au cinéma d'animation indépendant du monde entier, loin des productions consensuelles hautement médiatisées, Les Films du Paradoxe propose de découvrir avec le DVD L’Animation indépendante belge volume 1 le studio d'animation Camera-etc, autour de 18 courts métrages. Le studio bénéficie de presque quatre décennies d'activités avec une création en 1979 sous le nom Caméra Enfants Admis, devenant en 2005 Camera-etc. 2005 est aussi la date du film La Poupée cassée de Louise-Marie Colon, le plus ancien de ce programme qui s'étend jusqu'aux dates les plus récentes avec El Toto Café “Ginger Beer” d'Ornella Macchia et Simon Medard. Ce programme vise à remonter le temps de 2016 à 2005 pour découvrir l'effervescence créatrice du pays à qui l'on doit entre autre Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner. Sur les 18 courts métrages, 8 sont des films musicaux où l'animation, toujours inventive, sert d'illustration à l'univers évoqué par la chanson préalable. Ce sont là autant de moyens d'expérimentation pour les animateurs en herbe qui ne sont plus contraint au support scénaristique classique ni même à la figuration, se permettant des moments d'abstractions en droite ligne avec la peinture de Joan Miró. Les films sont réalisés soit par des auteurs dont on retrouve les thèmes d'un film à l'autre (comme pour les trois films de Delphine Hermans où la sexualité est traité sous le mode humoristique, qu'il s'agisse de dinosaures comme de solitudes humaines dans l'espace urbain moderne) soit par un collectif où l'on retrouve quelques noms de cinéastes ayant déjà réalisé en solo leur propre court. On imagine assez bien l'effervescence d'une créativité associée à la transmission des savoir-faire à l'instar de ce qui se passe en France dans les studios de Folimage.
Les sujets abordés sont souvent ancrés dans la réalité sociale appelant le spectateur à prendre une position, qu'il s'agisse des rapports d'une fillette avec sa petite sœur handicapée dans
La Poupée cassée, la violence conjugale dans l'histoire de La Boîte de sardines, deux films réalisés par Louise-Marie Colon avec un graphisme simple, qui cherche moins à expérimenter que d'autres cinéastes dans le domaine de l'animation, mais qui s'appuie sur un scénario dont les symboles choisis sont très évocateurs de l'émergence de la cruauté dans les relations humaines complexes. Suite à une collaboration avec le Burkina Faso, Cogitations de Sébastien Godard et Mateso (réalisation collective) utilisent l'animation pour interroger le phénomène migratoire pour causes économique ou de guerre. De son côté Le Labyrinthe de Mathieu Labaye suit l'aliénation par l'enfermement d'un individu incarcéré en utilisant le mythe du minotaure où la rotoscopie permet de situer le récit dans une réalité crue dont les frontières avec les débordements pulsionnels fantasmagoriques sont très perméables. Sur d'autres films, la rotoscopie est utilisée comme un outil d'expérimentation au service d'une quête de récit animé où le mouvement et la chorégraphie, notamment dans son dialogue avec la musique, jouent un grand rôle. C'est une des pistes qu'explorent plusieurs des courts présentés ici au sein d'un programme au service de la diversité du travail d'animation du studio Camera etc.

 

 

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L’Animation indépendante belge volume 1
Les 18 films :
El Toto Café “Ginger Beer” d'Ornella Macchia et Simon Medard 2016 – 3 min – Aquarelle
Frank Shinobi “Sirtaki sur la bande d’arrêt d’urgencede Simon Medard 2015 - 3 min – Dessin
Manu Louis “Music from the Hotdogstand” Collectif 2015 – 5 min – Bas-relief, papier mâché
Manu Louis “Tchouang Tseu (was at the kermesse of M. Ha)” de Mathieu Labaye 2015 – 4 min – Dessin
Superlux “Reptile Smile” Collectif 2014 – 4 min 32 s – Marionnette
Yew feat Arno “Between Up and Down” de Frédéric Hainaut et Simon Medard 2014 – 4 min 10 s – Aquarelle, rotoscopie
Le Labyrinthe de Mathieu Labaye 2013 – 9 min 20 s – Rostoscopie, peinture
Poils de Delphine Hermans 2013 – 8 min 44 s – Dessin
The Feather “Sunshine” de Simon Medard 2013 – 3 min 34 s – Prise de vue réelle
Dan San “Question Marks” de Simon Medard 2012 – 3 min 22 s – Prise de vue réelle
Cogitations de Sébastien Godard 2012 – 9 min – Dessin
Mateso Collectif Camera-etc. 2012 – 8 min – Papier découpé, sable
La Vie sexuelle des dinosaures de Delphine Hermans 2012 – 2 min 40 s – Dessin
La Boîte de sardines de Louise-Marie Colon 2011 – 9 min 25 s – Dessin
Cleo’s Boogie Collectif Camera-etc. 2010 – 6 min 21 s – Marionnette, peinture
L’Enveloppe jaune de Delphine Hermans 2008 – 9 min – Dessin
Orgesticulanismus de Mathieu Labaye 2008 – 9 min 29 s – Dessin
La Poupée cassée de Louise-Marie Colon 2005 – 7 min 35 s – Dessin 

Belgique, 2005-2016.
Durée : 108 min
Sortie France du DVD : 20 mai 2017
Couleur et Noir & Blanc
Audio : français .
Éditeur : Les Films du Paradoxe

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