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Billet de blog 18 juin 2015

La Nakba ou le crime originel d’Israël

Parution du livre « La Mémoire de la Nakba en Israël », de Thomas VescoviAutour du concept de Nakba, Thomas Vescovi entre au cœur de la question du conflit israélo-palestinien. La Nakba est le jour de catastrophe qui a commencé avec la création de l’État d’Israël reposant sur la négation totale des personnes qui vivaient déjà depuis plusieurs décennies et générations sur le même territoire. Autrement dit, la création de l’État d’Israël repose très clairement sur un nettoyage ethnique.

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Parution du livre « La Mémoire de la Nakba en Israël », de Thomas Vescovi

Autour du concept de Nakba, Thomas Vescovi entre au cœur de la question du conflit israélo-palestinien. La Nakba est le jour de catastrophe qui a commencé avec la création de l’État d’Israël reposant sur la négation totale des personnes qui vivaient déjà depuis plusieurs décennies et générations sur le même territoire. Autrement dit, la création de l’État d’Israël repose très clairement sur un nettoyage ethnique. La construction de l’identité israélienne s’est alors fondée sur la négation des événements historiques et la « mythification » d’une histoire alternative, inventée pour l’occasion : les habitants de Palestine d’avant 1948 auraient fui de leur propre chef leur maison sans exiger aucun droit au retour. Ce mensonge d’État se fait au mépris le plus profond des directives de l’ONU qui dans la seconde moitié des années 1940 subordonnaient la création d’un nouvel État. Dès lors, la fin du mandat britannique se poursuit avec une nouvelle forme de colonialisme.

L’ouvrage de Thomas Vescovi tente de mettre en valeur la manière dont les citoyens israéliens vivent avec ce mensonge d’État. Ainsi, une première partie est consacrée aux événements historiques depuis 1948, mettant en avant le prosélytisme hyper actif des mouvements sionistes dès la fin du XIXe siècle. Dans la deuxième partie, il utilise le concept de « refoulement » pour appréhender la manière dont la société israélienne vit au quotidien avec ce crime originel inlassablement nié par toutes les autorités du pays. Le « retour du refoulé » dans la troisième et dernière partie permet d’appréhender la société israélienne dans sa complexité et sa diversité : les nouvelles générations ne sont plus dans le même état d’esprit que celui des premiers jours de 1948, des prises de position sont alors possibles face au verrouillage idéologique d’une organisation politique ouvertement sioniste. Au final, en confrontant l’histoire d’un pays aux concepts de la psychanalyse, l’auteur de ce livre envisage des jours meilleurs et plus sains en Israël à partir de la reconnaissance par tous de la Nakba. Diplômé de l’Université Paris VIII, il utilise la rigueur de ses analyses pour offrir le maximum d’informations au lecteur sur son sujet d’étude. Le propos est à la fois fluide et d’un abord toujours très aisé, ce qui offre à tout lecteur de ce livre quelques clés indispensables pour comprendre ce qui se joue encore de nos jours lorsque l’on parle de manière trop concise comme si cela tombait sous l’évidence de « conflit israélo-palestinien ».

© 

La Mémoire de la Nakba en Israël. Le regard de la société israélienne sur la tragédie palestinienne

de Thomas Vescovi

Nombre de pages : 226

Date de sortie (France) : 15 janvier 2015

Éditeur : L’Harmattan

Collection : Comprendre le Moyen-Orient

lien vers le site de l’éditeur :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45693

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