Intégrale des films de Yannick Bellon

En un même coffret DVD sont réunis l’intégralité des longs métrages de Yannick Bellon ainsi qu’une majorité de ses courts : une magnifique opportunité de plonger dans l’univers d’une cinéaste singulière dans l’histoire du cinéma qui a multiplié dans chacun de ses films des sujets qui en a rendu frileux plus d’un !

"Quelque part quelqu’un" de Yannick Bellon © Doriane Films "Quelque part quelqu’un" de Yannick Bellon © Doriane Films
Sortie du coffret DVD : L’Intégrale Yannick Bellon

En huit longs métrages de fiction réalisés en deux décennies (1972-1992) et de nombreux courts métrages de fiction et de documentaires s’étalant sur près de soixante-dix ans, Yannick Bellon a construit une filmographie singulière qui n’appartient qu’à elle en osant traiter des sujets de société inaudibles habituellement avec une très grande perspicacité. Elle a également permis à de jeunes acteurs d’éclore en leur offrant leur premier rôle comme pour Hyppolite Girardot dans La Femme de Jean (1974), ouvrant une nouvelle voie dramatique à Emmanuelle Béart après son succès dans le rôle éponyme de Manon des sources (Claude Berri, 1986) en lui proposant le rôle principal du film Les Enfants du désordre (1989), ou encore Daniel Auteuil encore méconnu à l’époque dans le rôle ingrat d’un violeur dans L’Amour violé (1977). Elle a aussi offert des rôles inattendus à des acteurs confirmés en faisant notamment jouer l’homosexualité à Victor Lanoux (la bisexualité pour être plus précis) ainsi qu’à Michel Galabru. Elle a également eu une collaboration fructueuse avec sa sœur Loleh Bellon, aussi bien en tant qu’actrice (Quelque part quelqu’un et Jamais plus toujours) que coscénariste (Les Enfants du désordre).

Nourrie d’une longue expérience du documentaire, ses fictions ne cessent de se connecter à la réalité sociale contemporaine en traitant des sujets inaudibles des médias, qu’il s’agit de la dépendance destructrice de l’alcoolisme d’un compagnon, de la renaissance d’une femme après avoir été abandonnée par son époux, de la souffrance intraduisible à affronter un cancer du sein, du traumatisme d’un viol à une époque où cette agression n’était pas encore considérée comme un crime, la bisexualité d’un commissaire de police dans la ville éminemment bourgeoise et conservatrice qu’est Bordeaux, la dépendance toxicomane d’une jeune femme et son combat pour trouver une alternative… La voix de Yannick Bellon est sur chacun de ces sujets extrêmement précieuse et pudique, sans aucune revendication frontale mais en prenant le temps de développer un récit inclusif où les genres et les sensibilités se retrouvent en toute bienveillance. C’est aussi la force de son féminisme non militant dans la forme mais militant dans le fond pour mettre sur le devant de la scène des récits qui n’existent pas chez ses confrères masculins.

En plus de ses sujets, Yannick Bellon, surtout dans ses premiers longs métrages, a réussi à rendre compte de tout un univers urbain et reste l’une des meilleures portraitistes du Paris des années 1970 en saisissant avec rien moins que son âme au fil des mouvements de foule, son architecture et en offrant un rôle à plusieurs personnages dans un récit pluriel, remettant en cause le principe de la hiérarchie entre figurants et protagonistes. Dans Jamais plus toujours, notamment, en s’intéressant aux objets qui traversent les vies humaines, elle développe une approche animiste et poétique pour singulariser les problématiques urbaines d’isolement et de mal être galopant que l’on tente dans l’oubli comme dans les excès les plus divers de passer outre. Yannick Bellon dans Quelque part quelqu’un dénonce ainsi une urbanisation mise en chantier à vitesse grand V, où des grandes tours qui répondent aux urgences de logement, laissent se développer le cancer d’une sociabilité entravée et brimée. Là aussi, la cinéaste s’est révélé d’une grande écoute à l’égard de ses contemporains pour témoigner comme aucune autre de la réalité environnante avec une sensibilité poétique dans la mise en scène comme dans sa direction d’acteurs toujours subtile et infiniment efficace pour rendre compte aussi bien des drames que des bonheurs souterrains ineffables.

 

 

Premières impressions de Paris
de Yannick Bellon
France, 1946.
Durée : 2 min

 

Goémons
de Yannick Bellon
France, 1949.
Durée : 20 min

 

Colette
de Yannick Bellon
France, 1952.
Durée : 21 min

 

Varsovie quand même
de Yannick Bellon
France, 1954.
Durée : 17 min

 

Un matin comme les autres
de Yannick Bellon
France, 1956.
Durée : 29 min

 

Zaa, petit chameau blanc
de Yannick Bellon
France, 1960.
Durée : 28 min

 

Main basse sur Bel
de Yannick Bellon
France, 1963.
Durée : 22 min

 

Quelque part quelqu’un
de Yannick Bellon
Avec : Loleh Bellon (Raphaële), Roland Dubillard (Vincent), Hugues Quester (Emmanuel), Hélène Dieudonné (Germaine), Paul Villé (Albert), Michel Robin (le malade dépressif), Claude Lévi-Strauss (lui-même), Christine Tsingos (Christine), Hélène Bernardin (Anne), Garcia Mondine (le musicien manouche), Niglot Nandauer (un guitariste manouche), Tilly Nandauer (un guitariste manouche), Jean-Marie Croufer (un musicien des rues), Étienne DiranJoris Ivens (un manifestant), Claude Roy, Claude Ventura, Jacques Alric, Pierre Frag, Renée Gardès, Viviane Gosset, Victor Garrivier, René Marchand, Gérard Lorin, Pierre Meyrand
France, Allemagne, 1972.
Durée : 98 min
Sortie en salles (France) : 18 octobre 1972

 

La Femme de Jean
de Yannick Bellon
Avec : France Lambiotte (Nadine), Claude Rich (Jean), Hippolyte Girardot (Rémi), James Patrick Mitchell (David), Tatiana Moukhine (Christine), Régine Mazella
France, 1976.
Durée : 105 min
Sortie en salles (France) : 20 mars 1974

 

Jamais plus toujours
de Yannick Bellon
Avec : Bulle Ogier (Claire), Loleh Bellon (Agathe), Jean-Marc Bory (Mathieu), Marianne Épin (Sylvie), Bernard Giraudeau (Denis), Roger Blin (Daniel), Anne-Marie Deschodt (l'inconnue), Robert Capia
France, 1976.
Durée : 78 min
Sortie en salles (France) : 10 mars 1976

 

L’Amour violé
de Yannick Bellon
Avec : Nathalie Nell (Nicole), Alain Fourès (Jacques), Michèle Simonnet (Catherine), Pierre Arditi (Julien), Daniel Auteuil (Daniel), Bernard Granger (Patrick), Marco Perrin (le père de Jean-Louis), Marianne Épin (la femme de Patrick), Alain Marcel (Jean-Louis), Gilles Tamiz (René), Tatiana Moukhine (la mère de Nicole), Lucienne Hamon (le juge), Guylène Péan (l'avocate), Andrée Damant (la mère de Jean-Louis), Catherine Stermann
France – Belgique, 1977.
Durée : 115 min
Sortie en salles (France) : 11 janvier 1978

 

L’Amour nu

de Yannick Bellon

Avec : Marlène Jobert (Claire), Jean-Michel Folon (Simon), Zorica Lozic (Olga), Georges Rouquier (Jean Lafaye), Michèle Simonnet (Judith), Jean-Claude Carrière (le professeur), Roland Monod (le spécialiste), Tatiana Moukhine (la dame au tricot), Jean-Pierre Savinaud (le chauffeur de taxi), Pierre Trente (le professeur de patinage), Adolphe Viezzi (Gérard), Rachid Ferrache (le fils de Gérard), Vernon Dobtcheff (John, le patron de Claire), Caroline Aguilar (le mannequin) (Sonia Vollereaux (Sonia), Béatrice Champanier (l'infirmière d'accueil)

France – 1981.

Durée : 100 min

Sortie en salles (France) : 1981

 

 

La Triche

de Yannick Bellon

Avec : Victor Lanoux (Michel Verta), Anny Duperey (Nathalie), Xavier Deluc (Bernard Mirande), Michel Galabru (Jean Morane / Sylvain Morane), Valérie Mairesse (Marilyn), Roland Blanche (Manuel Garcia), Gérard Hérold (Gérard Verta), Michèle Simonnet (l'épouse de Gérard), Patrick Raynal (René Villedieu), Guy Tréjan (Raymond, le père de Nathalie), Patrick Catalifo (un jeune voyou), Jacques Nolot (le patron du cabaret)

France – 1984.

Durée : 100 min

 

 

Évasion
de Yannick Bellon
France, 1989.
Durée : 69 min

 

Les Enfants du désordre

de Yannick Bellon

Avec : Emmanuelle Béart (Marie), Robert Hossein (Robert), Patrick Catalifo (Patrick), Mona Bausson (Léna), Pierre Bergez (Pierre), Anthony Souter (Jacques), Thierry Miroux (Xavier), Adel Bellali (Richard), Yamina Meraihi (Hassina), Christiane Desbois (la mère), Jacques Miquel (le directeur), Amélie Glenn (Juliette), Christian Cardot (Mathieu), Alain Chevallier (Vincent), Pascal Berthe (Rémi), Hébé Lorenzo (Inès), Jean-Noël Dulac (Jean-Luc), François Palma (Daniel), Danielle Léonard (la femme de l'éducateur), Emmanuelle Lenne (Charlotte), Mohamed Fenneri (Rachid), Serge Valdor (Jérôme), Pierre Megemont (le père), Édouard Zgrablic (Didier), Loïc Pochet (Petit Laurent), Patrick Navatte (Éric)

France – 1989.

Durée : 98 min

 

 

L’Affût

de Yannick Bellon

Avec : Dominique Blanc (Isabelle Morigny), Tchéky Karyo (Jean Vergier), Patrick Bouchitey (Guy), Jean-Pierre Sentier (Étienne, le maire), Michel Robin (Marcel, le garde-chasse), Carlo Brandt (Franck), Michel Fortin (Gilles), Pierre-Octave Arrighi (Pierre), Philippe Laudenbach (M. Tremblay), Évelyne Buyle (Samantha), Patrick Catalifo (le jeune marié), Jean-Pierre Savinaud, Gilles Najean

France – 1992.

Durée : 103 min

Sortie en salles (France) : 1992

 

 

Le Souvenir d’un avenir
de Yannick Bellon
France, 2001.
Durée : 41 min

 

D’où vient cet air lointain ? Chronique d’une vie en cinéma
de Yannick Bellon

France, 2018.
Durée : 88 min

 

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Sortie France du coffret DVD : 28 janvier 2019
Langue : français.
Éditeur : Doriane Films

Bonus :
Entretiens avec https://www.dorianefilms.com/description.php?id=1137: Pierre Arditi, Emmanuelle Béart, Yannick Bellon, Dominique Blanc, Xavier Deluc, Jean-Michel Folon, Benoîte Groult, Robert Hossein, Marlène Jobert, Marin Karmitz, Éric Le Roy, Valérie Mairesse, Nathalie Nell, Pierre Nora, Jean-Pierre Savinaud, René Schérer.

 

 

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