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Billet de blog 23 février 2025

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Ichi the Killer (Koroshiya 1 - 殺し屋1) de Takashi Miike

Suite à la disparation d'un chef yakuza, Kakihara, son principal homme de main, mène une enquête où il s'exerce à de la torture hyperviolente sans limite. Celle-ci est dépassée par les exécutions du tueur Ichi qui découpe, démembre sans oublier d'éviscérer ses victimes.

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Illustration 1
Ichi the Killer Koroshiya 1 - 殺し屋1 de Takashi Miike © Carlotta Films

Sortie de l'édition Prestige limitée - 4K Ultra HD + Blu-ray + goodies : Ichi the Killer de Takashi Miike

Inédit en France à l'exception de quelques séances comme à l'Étrange Festival, Ichi the Killer (2001) se voit doter d'une édition prestige comportant goodies, versions 4K Ultra HD et Blu-ray, le tout dans un coffret cartonné. Ce souci du packaging éditorial accompagne un film culte pour la concentration de l'outrance du cinéma de Takeshi Miike où la cohérence du scénario et l'aspect vraisemblable des situations forment le dernier de ses soucis, pour le plus grand bonheur de ses adeptes. C'est au final ce que son public finit par attendre de lui et il se tient à cette tâche quasi religieusement en adaptant ici un manga connu déjà pour son ultra violence à la fois gore et sadomasochiste.

Takeshi Miike, joue malgré tout avec les attentes et ne choisit pas de mettre au centre de l'intrigue son héros éponyme Ichi mais bien plutôt son alter ego, l'homme de main des yakuzas qui fait de sa dévotion à sa fonction un code d'honneur où il peut exercer en toutes situations ses mises en scènes BDSM dans une ultraviolence sans limite. Il prend ainsi les traits d'un dandy punk dont la jouissance à organiser ses scènes de torture sur autrui n'a guère d'équivalence dans le monde du cinéma. D'ailleurs, Takashi Miike s'émancipe la plupart du temps du cinéma lui-même pour épouser pleinement le cadre du manga qui lui offre davantage de liberté pour exprimer sa folie créatrice.

Si le scénario ne pèse pas grand chose dans le film, Takashi Miike se concentre davantage dans l'élaboration de ses personnages avec une forte implication de ses interprètes pour construire des êtres inédits collant au mieux à l'univers des mangas. Le cinéaste réussit pleinement son désir d'hybrider le manga au cinéma en laissant déborder toute la violence morbide du patriarcat incarné par le monde des yakuzas en figures du parasitisme du corps social qu'est censé éradiquer une figure outrancière de superhéros machine à tuer Ichi.

Si le film ne présente guère de scènes virtuoses du côté des mouvements de caméra, ceci sert le film où il ne s'agit pas à la manière Park Chan-wook d'esthétiser une violence crade et abjecte. Ici, le gore traditionnel a été digéré à la sauce manga avec une multiplication d'effets spéciaux qui prennent une grand part dans les choix de mise en scène du film comme un héritage direct de Sergio Corbucci. Takashi Miike doit en effet au cinéaste italien ce choix audacieux de mettre au premier plan l'âme sombre d'un personnage sadique et à travers son cheminement une vision désenchantée la communauté humaine.

Illustration 2

Ichi the Killer
Koroshiya 1 -
殺し屋1
de Takashi Miike


Avec : Tadanobu Asano (Kakihara), Nao Ōmori (Ichi), Shin'ya Tsukamoto (Jijii), Paulyn Sun (Karen), Susumu Terajima (Suzuki), Shun Sugata (Takayama), Toru Tezuka (Fujiwara), Yoshiki Arizono (Nakazawa), Kee (Ryu Long), Satoshi Niizuma (Inoue), Suzuki Matsuo (Jirô / Saburô), Jun Kunimura (Funaki), Hiroyuki Tanaka (Kaneko), Moro Morooka (le gérant du coffee shop), Mai Goto (Sailor), Hōka Kinoshita (l'amoureux de Sailor), Hiroshi Kobayashi (Takeshi)
Japon – 2001.
Durée : 129 min
Sortie en salles (France) : inédit
Sortie France de l'Édition Prestige limitée - 4K Ultra HD + Blu-ray + goodies : 18 février 2025
Format : 1,85 – Couleur
Langues : français, japonais - Sous-titres : français.
Éditeur : Carlotta Films


Bonus :
Making of (29’49”, VOST)
4 entretiens (VOST) :
Takashi Miike (33’08”)
Alien Sun (15’16”)
Tadanobu Asano (9’59”)
Shinya Tsukamoto (14’37”)
« Miike et la manga generation » (2024, 10’09”, VOST)
Bande-annonce originale (1’39”, VOST)

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