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Billet de blog 23 décembre 2024

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Douce nuit, sanglante nuit (Silent Night, Deadly Night) de Charles E. Sellier Jr.

Un enfant est traumatisé d'avoir vu la veille de Noël un tueur déguisé en Père Noël massacrer ses parents. Sa phobie n'est pas atténuée par son passage à l'orphelinat catholique. Devenu adulte, il trouve un emploi dans un magasin de jouets et à l'approche de Noël est contraint de porter le costume honni.

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Illustration 1
Douce nuit, sanglante nuit Silent Night, Deadly Night de Charles E. Sellier Jr. © Rimini

Sortie de l'édition Collector Blu-ray + DVD + Livret : Douce nuit, sanglante nuit de Charles E. Sellier Jr.

Tout commence avec l'envie d'exploiter une nouvelle idée de film d'horreur en désignant comme croquemitaine une figure officielle de bienveillance et d'innocence à l'égard notamment des enfants. Après les poupées, les religieuses, les enfants comme personnages de films d'horreur soudainement animés d'un goût pour le meurtre à répétition, la figure du Père Noël n'avait pas encore eu l'opportunité d'être invoquée dans un slasher. C'est donc chose faite avec ce Douce nuit, sanglante nuit (Silent Night, Deadly Night, 1984) réalisé par Charles E. Sellier Jr. Par la suite, le concept a continué à étre exploité avec quatre autres films du même nom avec des réalisateurs reconnus comme Monte Hellman venu du cinéma d'auteur indépendant pour le numéro 3 et Brian Yuzna pour les opus 4 et 5, fraîchement sorti du succès de Society (1989) et Re-animator 2 (1990) et avec même un remake en 2012 intitulé Silent Night et réalisé par Steven C. Miller.

L'histoire est inspirée de la rencontre entre Shining (1980) de Stanley Kubrick et Halloween, la nuit des masques (1978) de John Carpenter, tout en plongeant allègrement dans les multiples références du slasher commercial où l'érotisme exhibé chez les adolescents est associé à la punition divine puritaine venue du croquemitaine serial killer. Le film prend le temps de développer le contexte du traumatisme pour justifier la psychologie du personnage qui va devenir un monstre assoiffé de sang dans la dernière partie du film. La volonté de détourner la figure angélique et mercantile du Père Noël est résolument iconoclaste avec en outre la critique du consumérisme hypocrite qui lui est associé, avec notamment ce patron de magasin de jouets qui hait Noël et qui ne rêve que de s'enivrer avec ses employés une fois les portes closes et en fermant les yeux sur le harcèlement d'un employé sur une autre employée qui deviendra un viol.

Autre institution visée par le film : rien de moins que l'autoritarisme catholique dans un orphelinat qui va largement créer le monstre avec son obsession de la punition et de la condition de ce qui est « vilain ». De même, le manque de tempérance de la part des policiers qui tirent sans sommation sur des individus qu'ils ont déjà condamnés pour justifier leur mise à mort, est tourné en ridicule dans une séquence, sans pour autant que le rôle de cette institution soit davantage exploité.

L'enchaînement des meurtres une fois le monstre lancé suit des ressorts attendus mais qui fonctionnent plutôt bien. Il ne faut pas attendre de grandes trouvailles dans les plans, les mouvements de caméra et dans les rebondissements de l'intrigue qui restent plutôt prévisibles. Le film gagne beaucoup par son ingéniosité à vouloir s'inscrire dans un produit de consommation immédiat, encore candide quant à la campagne de haine qu'il a suscité à l'époque en s'attaquant à l'institution de Noël !

Illustration 2

Douce nuit, sanglante nuit
Silent Night, Deadly Night
de Charles E. Sellier Jr.
Avec : Robert Brian Wilson (Billy Chapman, à 18 ans), Gilmer McCormick (sœur Margaret), Lilyan Chauvin (la mère supérieure), Britt Leach (Ira Sims), Toni Nero (Pamela), Randy Stumpf (Andy), Linnea Quigley (Denise), Nancy Borgenicht (Mme Randall), H.E.D. Redford (le capitaine Richards), Danny Wagner (Billy Chapman, à 8 ans), Leo Geter (Tommy), Will Hare (le grand-père Chapman), Tara Buckman (Ellie Chapman, la mère), Geoff Hansen (Jim Chapman, le père), Charles Dierkop (le criminel déguisé en Père Noël)
USA – 1984.
Durée : 85 min
Sortie en salles (France) : inédit
Sortie France de l'édition Collector Blu-ray + DVD + Livret  : 18 décembre 2024
Format : 1,85 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Rimini Éditions

Édition collector limitée
Boîtier Digipack 3 volets avec étui
Contient :
le Blu-ray du film Douce nuit, sanglante nuit 2 (89’) en duo avec Douce nuit, sanglante nuit (1984, Version cinéma, 82’, VF mono / VOST stéréo)
le DVD du film Douce nuit, sanglante nuit 2 (86’)
le DVD du film  Douce nuit, sanglante nuit (1984, Version cinéma, 79’, VF mono / VOST stéréo)
le livret Douce nuit, sanglante nuit - La saga écrit par Marc Toullec (24 pages)

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