Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

3836 Billets

6 Éditions

Billet de blog 25 février 2025

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

"Le Maître des éléphants" de Patrick Grandperret

Suite à la mort de sa mère, le jeune Martin est envoyé sur le continent africain auprès de son père qu'il ne connaît pas. Celui-ci s'occupe d'une réserve naturelle luttant contre la contrebande autour de l'ivoire des éléphants.

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Le Maître des éléphants de Patrick Grandperret © Tamasa

Au sujet de l'édition Blu-ray : Le Maître des éléphants de Patrick Grandperret

Après sa réalisation de L'Enfant lion (1993), Patrick Grandperret répond favorablement à la commande qui lui est faite d'adapter à nouveau René Guillot, l'auteur spécialiste de la littérature jeunesse, avec son livre éponyme de 1960. Il est à nouveau question ici de l'Afrique, de l'enfance, du monde animal et de rite initiatique. Le film se présente comme un conte pour enfant où il est inutile de rechercher un réalisme social et géopolitique. Adaptant d'ailleurs un livre d'une époque encore marquée par ce que l'on aimerait nommer les derniers relents du colonialisme, l'aventure exotique est encore au premier plan de cette adaptation de 1995 avec une géographie qui n'est jamais nommée en dehors du mot « Afrique », comme s'il s'agissait d'un pays. La preuve manifeste de cet état d'esprit se trouve dans le fait que les pays où le tournage a été réalisé mixent à la fois des scènes tournées au Bostwana, le Zimbabwe et le Cameroun pour recomposer le fantasme d'une réalité locale africaine. Une seule mention est faite malgré tout au colonialisme le temps trop cours d'un professeur évoquant à ses élèves en classe la singularité du découpage des frontières.

Le film reste en effet un point de vue français qui ne cherche aucunement à rencontrer et interroger la réalité locale du pays non cité. Les quelques évocations de particularismes culturels ne sont présentés qu'anecdotiquement pour satisfaire là encore une curiosité exotique. Du moins, ce film et le précédent réalisé par Patrick Grandperret rappelle que cette décennie voit un grand intérêt pour un certain fantasme de l'Afrique à partir du point de vue de l'enfance, comme en témoigna ensuite le succès de Kirikou et la sorcière (1998) de Michel Ocelot.

Ici, Patrick Grandperret qui a débuté comme assistant réalisateur de Maurice Pialat, fait appel à Jacques Dutronc qui venait de sortir d'un tournage intense avec l'interprétation du rôle titre de Van Gogh (1991) du Pialat. Cependant, le même Dutronc est très largement ici absent à lui-même et à son personnage, se contentant brièvement de composer en quelques traits un père maladroit et parfois violent avec son fils qu'il ne connaît pas, mais qui révèle au final un grand cœur, lui que les populations considèrent comme un saint, dans une vision néocolonialiste là aussi déplacée.

Quant à la musique d'ambiance, elle se contente de paraphraser l'image de l'Afrique épousant ainsi la même logique que l'ensemble du film. Quant aux images, elles sont belles, l'histoire est simple et très accessible en prônant autour de la place de l'enfant l'amitié et la solidarité au-delà des frontières, où le bien finit toujours par triompher avec l'intervention également des forces puissantes de la nature que représentent ici les éléphants.

Illustration 2

Le Maître des éléphants
de Patrick Grandperret
Avec : Jacques Dutronc (Garoubier), Erwan Baynaud (Martin), Sotigui Kouyaté (Kambou), Sidy Lamine Diarra (le sorcier), Halilou Bouba (Fofana), Victor Tige Zra (Victor), Alain Arthur (le journaliste), Germaine Habiba (Amina), Daniel Haman (Tenga), Nafissa Tou (Fobena), Saskia Cohen-Tanugi (la mère de Martin), Bassek Ba Kobhio (le professeur d'histoire-géographie), Boubakari Bello (le proviseur), François Birba Bamba), Thomas Essono (l'apprenti sorcier), Angèle Kemmogne (Angèle), Alex Longang (le professeur de francais), Mephisto (le professeur de mathématiques), Yarro Tagounthe (Bidunte), David Yondo (le médecin)
France – 1995.
Durée : 95 min
Sortie en salles (France) : 20 décembre 1995
Sortie France du Blu-ray : 29 octobre 2024
Format : 2,35 – Couleur
Langues : anglais, français, espagnol, portugais - Sous-titres : français.
Éditeur : Tamasa Diffusion
Bonus :
« Souvenirs d’enfance » par Erwan Baynaud (23’)
« La Leçon de musique » par Steve Shehan (22)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.