Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

2219 Billets

5 Éditions

Billet de blog 26 janv. 2022

"Messe basse" un film de Baptiste Drapeau

La jeune Julie venue faire des études d’aide-soignante, trouve à se loger chez Élizabeth. Celle-ci lui parle sans cesse de son époux comme s’il était présent alors qu’il est décédé. Julie, dégoûtée du monde qui l’entoure, finit par entrer dans la folie d’Élizabeth.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Sortie DVD : Messe basse de Baptiste Drapeau

Dans ce huis clos, il est question de la confrontation entre deux femmes que tout semble opposer mais qui finissent par ne faire plus qu’une, accentuant implicitement leur rivalité l’une à l’égard de l’autre. Le réalisateur de Messe basse relève le défi de construire un récit qui se base essentiellement sur un huis clos en s’inspirant de plusieurs films classiques dont l’incontournable Psychose d’Hitchcock avec une jeune femme indépendante accueillie pour un logement et qui se retrouve face à son hôte obsédée par une personne décédée qu’elle tient pour vivante.

"Messe basse" de Baptiste Drapeau © Capricci

Baptiste Drapeau a souhaité également relever le défi d’un huis clos inscrit dans les grandes règles classiques du genre avec des moyens limités et surtout concentré dans le duel qui se joue entre deux femmes qui ont chacune leur raison pour s’isoler du reste de la société. Il fallait pour cela deux actrices aussi talentueuses que convaincantes pour rendre crédible une réalité fantastique qui n’existe pas mais à laquelle le spectateur commence à en imaginer l’existence. Et pour cela, Alice Isaaz et Jacqueline Bisset sont parfaites dans leurs choix d’interprétation alors qu’elles ne sont pas du tout servies par un scénario qui fait malheureusement l’impasse sur la psychologie et le surgisssement subtil du fantastique. Avec les quelques éléments issus d’une production réduite, il y avait pourtant moyen de rendre plus efficace la mise en scène notamment dans les choix de caméra et d’angles de prises de vue afin de faire émerger l’inquiétante étrangeté de ladite maison du film.

De même, le doute entre réalité et fantastique aurait pu être un axe de mise en scène alors que l’on plonge immédiatement sur des scènes improbables où les personnages ont déjà accès à un autre niveau de récit sans que le scénario lui-même rende crédible ce bouleversement psychologique. Il y avait pourtant matière à explorer les psychologies des deux personnages féminins principaux avec toutes leurs ambiguïtés au moment notamment où le fantôme et son double incarné aurait pu faire cause commune pour exprimer leur désir vis-à-vis d’un tiers personnage. Là encore, le scénario plus que maladroit n’exploite pas les bonnes idées de base et passe à côté de ses thèmes. La composition musicale orchestrale finit par enfoncer le clou d’un film multiréférencé avec le cinéma hollywoodien classique des années 1950 et 1960 sous le signe du polar mal digéré.

Messe basse
de Baptiste Drapeau
Avec : Alice Isaaz (Julie), Jacqueline Bisset (Élizabeth), François-Dominique Blin (Victor), Bastien Ughetto (Manu), Hubert Myon (le banquier), Christopher Fournier
France, 2019.
Durée : 91 min
Sortie en salles (France) : 4 août 2021
Sortie France du DVD : 16 novembre 2021
Format : 1,85 – Couleur
Langue : français - Sous-titres : anglais.
Éditeur : Capricci

Bonus :
2 courts métrages de Baptiste Drapeau :
La Mangeuse d’hommes (2018, 16’19”)
Moitié-moitié (2018, animation, 9’02”)

Présentation de « La Mangeuse d’hommes » par Baptiste Drapeau (1’18”)
Présentation de « Moitié-Moitié » par Baptiste Drapeau (1’12”)
Entretien avec Alixe Isaaz (7’33”)
Entretien avec Baptiste Drapeau (13’32”)
Scènes coupées commentées par Baptiste Drapeau (7’02”)
Storyboard (3’55”)

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Gauche(s)
En Seine-Maritime, Alma Dufour veut concilier « fin du monde et fin du mois »
C’est l’un des slogans des « gilets jaunes » comme du mouvement climat. La militante écologiste, qui assume cette double filiation, se lance sous les couleurs de l’union de la gauche sur ce territoire perfusé à l’industrie lourde, qui ne lui est pas acquis.
par Mathilde Goanec
Journal — Sports
Ligue des champions : la France gagne le trophée de l’incompétence
La finale de la compétition européenne de football, samedi à Saint-Denis, a été émaillée de nombreux incidents. Des centaines de supporters de Liverpool ont été nassés, bloqués à l’entrée du stade, puis gazés par les forces de l’ordre. Une faillite des pouvoirs publics français qui ponctue de longues années d’un maintien de l’ordre répressif et inadapté, souvent violent.
par Ilyes Ramdani
Journal — Europe
En Italie, Aboubakar Soumahoro porte la voix des ouvriers agricoles et autres « invisibles »
L’activiste d’origine ivoirienne, débarqué en Italie à l’âge de 19 ans, défend les ouvriers agricoles migrants et dénonce le racisme prégnant dans la classe politique transalpine. De là à basculer dans la politique traditionnelle, en vue des prochaines élections ? Rencontre à Rome. 
par Ludovic Lamant
Journal — Moyen-Orient
Le pouvoir iranien en voie de talibanisation
La hausse exponentielle des prix pousse à la révolte les villes du sud et de l’ouest de l’Iran. Une contestation que les forces sécuritaires ne parviennent pas à arrêter, tandis que le régime s’emploie à mettre en place une politique de ségrégation à l’égard des femmes.
par Jean-Pierre Perrin

La sélection du Club

Billet de blog
Mères célibataires, les grandes oubliées
Mes parents ont divorcé quand j'avais 8 ans. Une histoire assez classique : une crise de la quarantaine assez poussée de la part du père. Son objectif à partir de ce moment fut simple : être le moins investi possible dans la vie de ses enfants. Ma mère s'est donc retrouvée seule avec deux enfants à charge, sans aucune famille à proximité.
par ORSINOS
Billet de blog
« La puissance des mères », extrait du livre de Fatima Ouassak
A l'occasion de la fête des mères, et de son braquage par le Front de mères pour faire de cette journée à l'origine réactionnaire une célébration de nos luttes et de nos victoires, extrait du livre « La Puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire » de Fatima Ouassak. Il s'agit de la conclusion, manifeste écologiste, féministe et antiraciste, lue par Audrey Vernon.
par Jean-Marc B
Billet de blog
Pourquoi la fête des Mères est l’arnaque du siècle
À l’origine la Fête des Mères a donc été inventé pour visibiliser le travail domestique gratuit porté par les femmes. En effet, Anna Jarvis avait créé la Fête des Mères comme une journée de lutte pour la reconnaissance du travail domestique et éducatif gratuit ! Aujourd'hui personne n'est dupe sur les intérêts de cette fête et pourtant...
par Léane Alestra
Billet de blog
Les mères peuvent-elles parler ?
C'est la nuit. Les phares des voitures défilent sur le périphérique balayant de leurs rayons lumineux le lit et les murs de ma chambre d'hôpital. Je m'y accroche comme à un rocher. Autour de moi, tout tangue. Mon bébé hurle dans mes bras.
par Nina Innana