Paris Images Tradeshow 2016 par Olivier-René Veillon

Du 28 janvier au 6 février 2016 se déroule le « Paris Images Tradeshow » : semaine des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. Ce nouveau venu parmi les manifestations de l’industrie cinématographique en France signe cette année sa troisième édition consécutive.

Derrière ce nom générique événementiel se cache cinq manifestations autonomes : Paris Images Digital Summit (création numérique), Paris Images Location Expo (décors et lieux de tournages), Paris Images Pro (nouveaux canaux de communication), Paris Images Cinema - L'industrie du rêve (métiers de la filière technique et artistique, et de la coproduction) et le Micro Salon AFC (innovations technologiques).

Olivier-René Veillon, directeur général de la commission du film d’Île-de-France, responsable de l’événement « Paris Images Tradeshow » a répondu aux questions suivantes en guise de présentation.

Cédric Lépine : Quel est cet événement intitulé « Paris Images Trade Show » ?

Olivier-René Veillon : Le "Paris Images Tradeshow" est le rapprochement en un projet collectif de cinq manifestations distinctes qui toutes illustrent les savoir faire et les compétences des métiers techniques du cinéma français. Leur volonté commune est de promouvoir une marque fortement identifiée à l'international pour accueillir davantage de productions internationales. Le champ couvert va de la création numérique, 3D et effets visuels avec le "Paris Images Digital Summit" aux lieux de tournage et décors remarquables avec le "Paris Images location Expo" ("Salon des lieux de tournage") en passant par les outils techniques à l'heure du numérique avec le "Paris Images Pro", l'image et la lumière avec le "micro-Salon" des chefs opérateurs jusqu'à une réflexion plus transversale avec le "Paris Images cinéma". Tout cela en dix jours pour pouvoir inviter producteurs français et internationaux, à la veille de la saison des tournages, â découvrir la riche palette d'outils et de compétences offerts à la création cinématographique dans une région qui compte 135 000 professionnels dans le secteur cultivant l'excellence dans les 120 métiers du cinéma.

 

C. L. : Dans quel contexte et avec quels objectifs est apparu Paris Images Trade Show ?

O-R. V. : L'objectif est d'attirer des tournages internationaux, d'augmenter le taux d'activité des intermittents, de renforcer le poids de la filière en lui faisant bénéficier d'une partie de la forte croissance internationale du secteur. La marque "Paris Images Tradeshow" permet de souligner l'offre globale et complète que peu de régions dans le monde peuvent offrir dans un univers où la qualité des prestations dépend des liens étroits entre le technique et l'artistique. Ce lien est en France, depuis Georges Méliès très fort. C'est sans doute un de nos meilleurs atouts. Encore faut-il l'affirmer clairement.

 

 

C. L. : Quels sont les participants de cette manifestation ?

O-R. V. : Les participants sont les producteurs, les scénaristes, les directeurs de production, les réalisateurs, les assistants réalisateurs, les régisseurs, les responsables de repérage, les chefs opérateur, les chefs décorateur. Tous ceux qui participant de la création cinématographie ont besoin d'en bien connaître les outils.

 

 

C. L. : Dans l'industrie internationale du cinéma et de l'audiovisuel, la France se distingue-t-elle par des compétences uniques que l'on ne trouve pas ailleurs ?

O-R. V. : La France a une réputation d'excellence dans l'ensemble des métiers du cinéma. De nombreux chefs opérateurs français sont connus et reconnus à l'international, tout comme les chefs décorateurs. Il est cependant un domaine en particulier où la France a un statut à part, c'est celui de la création numérique, 3D et effets visuels. Hollywood a fréquemment recours à des talents français et c'est un studio français Mac Guff qui a donné à Universal avec Minions son film le plus rentable dans une histoire plus que centenaire.

 

 

pits-affiche-fr-lowdef pits-affiche-fr-lowdef

 

C. L. : Avez-vous un suivi des projets qui ont pu commencer à germer dans les précédentes éditions de Paris Images Trade Show ?

O-R. V. : De nombreux projets de tournage viennent repérer leurs décors et rencontrer certains talents qui vont intégrer leurs équipes dans l'une ou l'autre des manifestations. La manifestation a lieu en février car c'est par excellence le mois de préparation pour une saison des tournages qui va de mars à octobre pour les grands tournages extérieurs. La plupart des décors de la série Versailles sont par exemple présents au "Salon des lieux de tournage" : une bonne occasion pour régler les derniers détails de la deuxième saison dont le tournage démarre le lendemain de la manifestation.

 

 

C. L. : Remarquez-vous un intérêt de la part de l'industrie des pays latino-américains dans le processus de coproduction avec la France que favorise Paris Images Trade Show ?

O-R. V. : Les cinémas indépendants mexicain, brésilien et argentin, mais aussi colombien comptent beaucoup sur les coproducteurs français non seulement pour accéder au public français qui est l'un des plus curieux et des plus cinéphile au monde, mais aussi pour accéder au marché international car la France dispose en la matière d'un atout maître avec le Festival de Cannes. La production indépendante française sait faire rayonner des projets du monde entier. Les affinités culturelles avec l'Amérique latine sont suffisamment fortes pour que des projets substantiels soient développés en commun.

Dans un autre registre, industriel celui-là, nous accueillons de plus en plus de telenovelas produites par Globo ou Televisa qui cherchent à affirmer leur ambition internationale en intégrant à leur narration des décors universels. Et nous avons la chance avec Paris, Versailles et bien d'autres sites de pouvoir donner accès à des icônes mondiales.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.