Cinemed 2020 : «Here we are» de Nir Bergman

Aharon s’occupe seul avec un dévouement à toute épreuve d’Uri, son fils autiste. Or, son fils arrivant à l’âge adulte, la mère de celui-ci aimerait qu’il entre dans une institution avec d’autres individus partageant le même handicap pour développer une nouvelle sociabilité, initiative à laquelle s’oppose Aharon.

"Here we are" de Nir Bergman © Sophie Dulac Distribution "Here we are" de Nir Bergman © Sophie Dulac Distribution
Film en compétition long métrage de fiction lors de la 42e édition de Cinemed, Festival de cinéma méditerranéen de Montpellier

Prix du public lors de la 42e édition du festival Cinemed, Here we are de Nir Bergman faisait également partie de la sélection du festival de Cannes 2020 qui n’a pas eu lieu. Le film fut donc une première française à Montpellier, largement accueilli par un élan d’enthousiasme par le public en salles. Le film s’inscrit dans un renouveau d’un personnage jusqu’ici peu présent dans le cinéma méditerranéen et très bien identifié sous le terme de « père courage » par Géraldine Laporte, programmatrice des longs métrages fiction pour Cinemed. En effet, la dimension de la place du père dans la sphère sociale est questionnée à chaque instant et dans chaque scène de ce film, centré sur la relation concrète d’un père surinvestissant sa relation avec son fils autiste au seuil de l’âge adulte. Pour autant, la finalité n’est pas de sanctifier une nouvelle forme de dévouement paternel mais plutôt d’interroger le positionnement familial dans la société actuelle plongée dans l’individualisme triomphant et la fin du modèle du couple comme forme enviable d’épanouissement individuel et familial.
Nir Bergman se concentre ici sur la figure de ce père en réalisant un portrait attentif à toutes les fêlures autant qu’aux ressources formidables qui apparaissent au quotidien pour résoudre différentes confrontations. La mise en scène est subtile et pudique dans ce portrait et l’acteur Shai Avivi dans le rôle du père manifeste une palette d’émotions inédites fascinantes autant qu’émouvantes. Ce qui permet à ce personnage d’exister autour de différentes histoires que l’on sent poindre, qu’il s’agisse de son surinvestissement en tant que père à la suite de la séparation douloureuse et toujours non résolue avec la mère de son fils, comme de son éthique professionnelle qui l’a profondément éloigné de son propre frère. Un film d’une grande subtilité à l’enjeu universel qui sort du cadre proprement local israélien même si l’on peut évidemment y trouver plusieurs interférences sociopolitiques sur les personnages.

 

 

Here we are
Hine Anachnu
de Nir Bergman

Fiction
92 minutes. Israël, Italie, 2020.
Couleur
Langue originale : hébreu

Avec : Shai Avivi (Aharon), Noam Imber (Uri), Smadi Wolfman (Tamara), Efrat Ben-Zur (Effi), Amir Feldman (Amir), Sharon Zelikovsky (Sharona), Natalia Faust (Natalia), Uri Klauzner (Noni), Avraham Shalom Levi (l’avocat Tzahi), Omri Levi (l’employé de la banque), Avi Madar, Rony Gammer, Davit Gavish, Yaron Levi Sabag, Omri David, Guilad Hazav

Scénario : Dana Idisis
Images : Shai Goldman
Montage : Ayala Bengad
Production : Rosamont (Italie), Spiro Films (Israël)
Producteurs : Jonathan Doweck, Eitan Mansuri, Marica Stocchi
Distributeur (France) : Sophie Dulac Distribution
Vendeur international : MK2

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