Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

3710 Billets

6 Éditions

Billet de blog 27 novembre 2025

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

"Le Comte de Monte Cristo" de Robert Vernay

Edmond Dantès est enfermé à perpétuité dans le plus grand anonymat en 1815 à la suite d’une sombre machination associant la trahison de plusieurs personnes à la fois.

Cédric Lépine (avatar)

Cédric Lépine

Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Le Comte de Monte Cristo de Robert Vernay © Sidonis Calysta

Sortie du Blu-ray + DVD bonus + livret : Le Comte de Monte Cristo de Robert Vernay

Au mitan des années 1950, Robert Vernay propose une nouvelle adaptation du roman d’Alexandre Dumas après avoir réalisé une première version sortie sur les écrans en 1943. Cette fois-ci avec l’interprétation dans le rôle titre de Jean Marais, il offre à sa réalisation un panache certain tandis que derrière l’acteur le reste du casting reste malheureusement bien fade en dehors de la courte apparition de Noël Roquevert. Le film eut néanmoins pour conséquence de relancer notamment pour Jean Marais un nouvel engouement pour le film de cape et d’épée où il interpréta de nombreux personnages populaires héroïques avec sérieux et aussi un élan comique, notamment lorsqu’il trouve en Bourvil un parfait alter ego dans Le Capitan (1958) d’André Hunebelle.

En ce qui concerne Le Comte de Monte Cristo (1954) de Robert Vernay, le réalisateur s’essaie au procédé du film en couleur là aussi sans grande réussite mais avec l’intérêt d’ouvrir une voie pour d’autres réalisations en costume de la même époque. Ainsi, sur le même registre de l’adaptation littéraire, Les Misérables (1958) réalisé par Jean-Paul Le Chanois est plus convaincant, lui aussi bénéficiant d’une coproduction entre la France et l’Italie ainsi qu’un récit présenté en deux époques. Il manque encore à la seconde adaptation du livre d’Alexandre Dumas par Robert Vernay un véritable souffle épique malgré les tentatives sincères de son réalisateur. Jean Marais lui-même encore pétri du monde du théâtre ne trouve pas encore sa dynamique adéquate dans ses mouvements face à la caméra.

En revanche, une décennie avant d’interpréter Fantomas, Jean Marais se révèle le plus fascinant lorsqu’il endosse un masque dans la continuité d’ailleurs avec son personnage de la Bête dans le film de Jean Cocteau. Sous différents costumes, Jean Marais donne la meilleure ampleur à Edmond Dantès après avoir joué sa candeur et aussi une vie de prisonnier à longue barbe trop désincarnée.

Quant aux enjeux de l’intrigue, ils suivent fidèlement le roman sans proposer de nouvelles interprétations dans une vision trop sage du roman publié 110 ans plus tôt pour la première fois. Le récit rappelle encore la fascination pour la figure du dictateur Napoléon qui contribua implicitement à préparer dans les esprits des contemporains au moment de la sortie du livre le coup d’État de Napoléon III et pour le film le coup d’État caché du général de Gaule qui imposa sa vision du présidentialisme aux pouvoirs concentrés en un seul homme avec la constitution de la Ve République conçue à son image. Ainsi, l’idée de la revanche d’un homme dans sa prise du pouvoir prend d’un siècle à l’autre différents visages.

Les bonus sont particulièrement soignés avec un spécialiste collectionneur des différentes versions du Comte de Monte Cristo, au fil de suites d'autres auteurs  et autrices au fil des décennies, en BD, en films avec des succès plus ou moins heureux. Il est également question d'une anecdote expliquant comment l'accès à la présidence d'un Trump est historiquement associée au nom du Comte de Monte Cristo.

Illustration 2

Le Comte de Monte Cristo
de Robert Vernay
Avec : Jean Marais (Edmond Dantès, commandant du bateau Le Pharaon), Lia Amanda (Mercédès Herrera, la fiancée d'Edmond Dantès), Roger Pigaut (Fernand Mondego, devenu le général-comte de Mortcerf, mari de Mercédès), Jacques Castelot (Gérard Noirtier, comte de Villefort, substitut au procureur du Roi), Noël Roquevert (M. Noirtier, général d'Empire, comte de Villefort et père du procureur du roi), Daniel Ivernel (Gaspard Caderousse, le second d'Edmond sur le bateau), Claude Génia (la Carconte, la femme de Caderousse), Louis Seigner (M. Joannès, le bijoutier parisien), Gualtiero Tumiati (l'abbé Faria), Folco Lulli (Jacopo, le capitaine du bateau au large du château d'If), Paolo Stoppa (Bertuccio, l'ancien amant de la Picard), Daniel Cauchy (Bruno, l'enfant abandonné, alias Andrea Cavalcanti), Jean-Pierre Mocky (Albert de Mortcerf, le fils), Cristina Grado (Haydée, fille du Pacha de Janina), Génica Athanasiou (Fatima), André Brunot (M. Morel, l'armateur du bateau Le Pharaon), Lucien Blondeau (M. Dantès père), Simone Paris (Émilienne de Beaugency), France Asselin (Mme Renée de Villefort), Julien Bertheau (Napoléon Ier), Jean Temerson (Louis XVIII), Janine Zorelli (la Picard), Made Siamé (la marquise), Maryse Paillet (Valentine, la nouvelle locataire), José Casa (l'aubergiste), Julien Maffre (un Marseillais), Paul Ville (le gouverneur), Philippe Richard (l'inspecteur), Marcel Delaitre (le geôlier), Pierre Morin (le grand maréchal), Paul Azaïs (un argousin), Marcel Journet (le président de la chambre des pairs), Fernand Gilbert (le « professeur »), Charles Bayard (un assesseur de la chambre des pairs), Raymond Girard (un pair de France), Marcel Loche (l'huissier de la chambre des pairs), Guy Favières (un homme chez M. Morel à la vente du bateau), Édouard Francomme (un homme aux fiançailles), Bernard Musson (un avocat), Jacques Couturier (un gentilhomme), Franck Maurice (un homme au bouge), Léon Berton (le secrétaire de l'inspecteur), Roger Vincent (un curieux), Léon Walther (un courtisan), Paul Barge (un policier), Nathalie Nerval (la femme élégante), André Var, Frédéric Valmain, Pierre Flourens
France, Italie – 1954.
Film en deux parties :
- 1re époque : La Trahison (99’33”)
- 2e époque : La Vengeance (90’01”)
Sortie en salles (France) : 14 janvier 1954
Sortie France de l’édition Blu-ray + DVD bonus + livret : 16 septembre 2025
Format : 1,37 – Couleur
Langue originale : français - Sous-titres : français.
Éditeur : Sidonis Calysta

Bonus :
Présentation par Patrick de Jacquelot, collectionneur et journaliste, spécialiste des oeuvres inspirées par Alexandre Dumas (55’)
Portrait de Jean Marais (52’)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.