L’Apartheid en Afrique du Sud des années 1930 à 1950

Des années 1930 aux années 1950, un orphelin d’origine anglaise né en Afrique du Sud, découvre la violence de l’Apartheid. Aux confluences des cultures qui l’origine, il prend fait et cause contre la ségrégation au risque de perdre sa vie et celle de ses proches.

"La Puissance de l’ange" (The Power of One) de John G. Avildsen © BQHL "La Puissance de l’ange" (The Power of One) de John G. Avildsen © BQHL
Sortie DVD : La Puissance de l’ange de John G. Avildsen

Pour rendre hommage à la fin de l’Apartheid, le réalisateur de Rocky 1 et 5 ainsi que de la trilogie Karaté Kid, raconte l’histoire d’un jeune homme qui s’affirme autant dans la boxe que dans ses études universitaires. Même si le réalisateur est spécialisé dans des films d’apprentissage de techniques de combat, ce qui lui valut l’Oscar du meilleur réalisateur pour Rocky, la boxe n’est ici qu’un prétexte pour raconter l’histoire méconnue d’un pays qui a pris fait et cause pour le nazisme et a maintenu sa violence contre toute une partie de sa population, opposant ainsi Afrikaaners aux Noirs.
Le film est une adaptation sage du roman à succès de Bryce Courtenay, dans lequel le réalisateur ne s’est hélas pas plus impliqué pour disposer de davantage d’informations historiques pour reconstituer en détails le contexte politique de l’époque. Ainsi, l’Apartheid est présente comme une donnée de fait, avec ses opposants, comme ses défenseurs farouches, sans qu’aucun élément ne soit donné pour comprendre l’organisation sociale : les forces de l’armée semble pouvoir donner la mort, brûler des maisons en toute impunité et le film ne permet pas de comprendre comment se positionne l’État de l’époque : est-il officiellement nazi ? Quel est son statut après la fin de la Seconde Guerre mondiale après la victoire contre le nazisme ? Ce sont hélas des données qui manquent, limitant la portée réflexive et politique du film. Le film se concentre davantage sur l’enjeu de l’hommage de la lutte contre l’Apartheid durant les décennies qui ont précédé l’activisme politique de Nelson Mandela qui conduiront à son incarcération. L’enjeu pédagogique du film est ainsi louable et peut-être aussi encore davantage trois décennies après la fin de l’Apartheid où les nouvelles générations peuvent se situer à des années-lumières de la prise en considération de cette situation ségrégationniste dirigée par un État.
Ce film est également la première apparition devant une caméra de cinéma de Daniel Craig, connu actuellement pour son interprétation de James Bond, et qui jouait ici dans le rôle du sergent Botha le tortionnaire nazi, ennemi juré depuis son enfance du héros. Ce dernier est joué par un jeune acteur qui débutait aussi au cinéma : Stephen Dorff. Quant à Morgan Freeman, après trente ans de métier en tant qu’acteur, il commençait à sortir de l’ombre dans laquelle il avait été jusqu’ici relégué et Hollywood ne cessa les années suivantes de lui confier des rôles positifs d’homme sage, toujours dans des seconds rôles, permettant au personnage principal d’évoluer, qu’il s’agisse de ce film, comme d’Impitoyable, Les Évadés ou encore de Seven pour n’en citer que quelques-uns réalisés à peu temps d’écart.

 

 

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La Puissance de l’ange
The Power of One
de John G. Avildsen
Avec : Stephen Dorff (P.K 18 ans), Morgan Freeman (Geel Piet), Daniel Craig (le sergent Botha), Nomadlozi Kubheka (Nanny), Armin Mueller-Stahl (Doc), Agatha Hurle (la sage femme), Nigel Ivy (P.K., nouveau né),Tracy Brooks Swope (la mère de P.K.), Brendan Deary (P.K., enfant), Winston Mangwarara (Tonderai, enfant), Guy Witcher (P.K. à l'âge de 7 ans), Tonderai Masenda (Tonderai), Cecil Zilla Mamanzi (l’employé du ranch), John Turner (le ministre sud-africain), Robbie Bulloch (Jaapie Botha), Jeremiah Mnisi (Dabula Manzi), Paul Tingay (le grand-père de P.K.), Winston Ntshona (Mlungisi)
Australie, France, USA, 1992.
Durée : 127 min
Sortie en salles (France) : 18 novembre 1992
Sortie France du DVD : 25 juin 2020
Format : 1,85 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : BQHL

 

 

 

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