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Sortie Blu-ray : Minecraft, le film de Jared Hess
Les adaptations de jeux vidéo s'enchaînent ces dernières années dans une industrie du cinéma nord américaine adepte d'un public préalablement conquis. Le développement des effets numériques permet d'ailleurs de trouver toujours plus d'hybridation entre le cinéma et les jeux vidéos, les deux médias nouant une idylle qui n'a de cesse de s'autoalimenter.
Ici, c'est un grand succès des jeux vidéo qui est adapté et met en valeur la nostalgie d'une époque passée où le réalisme n'était pas l'essentiel de la représentation du monde, bien au contraire. Ainsi, la « cubisation » du monde, à mille lieues malgré tout du cubisme artistique, est ici la manière choisie de réinventer le monde sous les traits d'une nouvelle fantaisie.
Jack Black est l'acteur parfait de la synthèse entre cinéma et jeux vidéo, comme son interprétation dans les deux Jumanji (2017 et 2019) réalisés par Jake Kasdan, l'a démontré, avec son sens jouissivement régressif de la représentation de l'aventurier au cinéma. D'ailleurs, le scénario écrit sans inventivité ni aucune inspiration originale, a largement repris la structure de Jumanji avec un personnage enfermé dans un jeu qui devient un guide pour un nouveau groupe à dimension familiale entrant dans le jeu. De même, le casting semble également reprendre les choix des Jumanji récents, où la musculature de Jason Momoa vient seulement remplacer celle de Dwayne Johnson.
L'animation a beau être bien réalisée avec des personnages qui caractérisent bien l'univers du jeu, il manque encore beaucoup de singularité dans le style d'animation choisie. Tandis que l'esprit même du jeu reposant sur l'inventivité du joueur ou de la joueuse manque cruellement, évoquée superficiellement avec le rôle de l'adolescent qui devient très vite secondaire alors que sa présence aurait pu permettre d'explorer l'âme du jeu. La plupart des acteurs et actrices sont délaissé.es au profit d'un Jack Black qui semble trouver un véritable bain de jouvence à explorer toutes les facéties de son personnage sans jamais avoir besoin, à la différence des autres, de puiser dans une psychologie factice pour donner corps et crédibilité à son identité : on ne saura jamais rien de ses liens familiaux mais cela ne manque pas du tout, faisant de lui un véritable avatar de jeu vidéo. Si les meilleurs moments du film sont associés à Jack Black mais il est dommage que Danielle Brooks, Sebastian Hansen et Emma Myers soient complètement oublié.es. Il est vrai en revanche que l'amitié-rivalité qui cache une amitié homoérotique explicite entre Steve et Garett est aussi audacieuse que savoureuse.
Il en découle un film sans surprise, où les cochons après l'adaptation d'Angry Birds au cinéma sont à nouveau diabolisés, avec en outre l'affirmation décomplexée d'un matriarcat associé à l'enfer, où une seule cochonne a réduit à l'esclavage martial et minier toute une société de cochons mâles.
Minecraft, le film
A Minecraft Movie
de Jared Hess
Avec : Jack Black (Steve), Jason Momoa (Garett Garrison), Danielle Brooks (Dawn), Sebastian Hansen (Henry), Emma Myers (Natalie), Jennifer Coolidge (Marlene, la principale adjointe), Jemaine Clement (Daryl), Jens Bergensten (un serveur)
E les voix de : Rachel House (Malgosha), Jared Hess (le général Chungus), Jemaine Clement (Bruce), Kate McKinnon (Alex), Matt Berry (le villageois en tenue verte)
USA, Suède – 2025.
Durée : 101 min
Sortie en salles (France) : 2 avril 2025
Sortie France du Blu-ray : 6 août 2025
Format : 1,85 – Couleur
Langue originale : anglais.
Éditeur : Warner Bros. Entertainment France
Bonus :
« Construisez le monde de Minecraft » : Making of