DESASTRE EN IRAQ : ISIS DAESH CONQUIERT RAMADI

Pendant que le monde se passionne pour les vestiges antiques de Palmyre en Syrie, menacés par une offensive d'ISIS, la situation tourne au désastre en Iraq, avec la perte de Ramadi, capitale de la Province d'Al Anbar.

Les scènes de chaos se succèdent tandis que les militaires et policiers du gouvernement iraquien abandonnent le front, laissant seuls les miliciens anti-EI sunnites, dont le sort n'est guère enviable s'ils tombent aux mains de l'Etat islamique. Un exemple dans cette vidéo qui montre les policiers iraquiens abandonner la ville à pied, sous les quolibets des miliciens sunnites.

Une autre tournée aujourd'hui montrant la déroute des forces iraquiennes, fuyant Ramadi avec armes et bagages.

à l'heure où ces lignes sont écrites, la ville est tombée, avec elle les bâtiments publics (dont ceux de l'anti-terrorisme, ISIS annonçant à l'instant la libération de prisonniers). Les jihadistes d'ISIS paradent dans les rues, à la recherche des opposants sunnites, qui seront traités comme des apostats (la mort).

Le quartier al-Maalab, bastion de la résistance anti-Califat des sunnites, est ratissé, alors que la 8ème brigade iraquienne située à proximité de Ramadi n'est pas intervenue (mais le peut-elle ? en a-t-elle reçu l'ordre ?).

Cette défaite, intervenant dans le cadre d'une large offensive (les combats font actuellement rage aussi dans le secteur de Falloujah), n'est pas simplement un nouveau démenti de tous ceux qui pensaient qu'avec la prise de Tikrit, ISIS entamait son déclin.

C'est aussi un désastre en ce que les sunnites anti-califat, qui devraient être la priorité de nos opérations et de nos préoccupations, sont abandonnés à eux-mêmes, et anéantis. La lutte contre ISIS, qui doit passer par un soutien local, régresse donc à mesure que le Califat parvient à extérminer ses adversaires directs au sein de la communauté sunnite d'Iraq et de Syrie.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.