PALMYRE : DILEMME TRAGIQUE TELLEMENT BANAL

En ce paisible dimanche de mai, nous suivons en direct le drame de Palmyre, cité antique, aux ruines multiséculaires en excellent état.

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Comme il fallait s'y attendre, ISIS a lancé une nouvelle offensive en Syrie contre les territoires contrôlés par la dictature Assad. Lancée dans le gouvernorat de Homs, l'offensive prend par surprise l'armée d'Assad mobilisée plus à l'est face à l'offensive lancée par le regroupement jihadiste anti-ISIS dans le secteur clé d'Idlib (Jisr al-Choughour).

à l'heure où ce billet est écrit, ISIS a pris possession de plusieurs villages autour de Palmyre, dont le village d'Arak qui contrôle un champ de gaz important.

à l'intérieur de Palmyre, ISIS a pris le contrôle de la partie nord, et encercle les soldats qui défendent des bâtiments dans la ville. L'armée contrôle encore le site des ruines antiques, et l'aéroport.

Selon les affirmations du gouverneur de Homs, des renforts ont été acheminés (mais il s'agit d'un dignitaire de la dictature).

En quoi cette offensive, ni surprenante, ni inédite, présente-t-elle un risque particulier pour nous (la France) ?

Elle pose un dilemme que nous avions jusqu'ici évité en Syrie : doit-on lancer des frappes pour protéger les sites antiques ?

La réponse semble être évidente pour l'UNESCO. Elle l'est pourtant moins pour les chefs militaires, ou pour les populations civiles.

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Comment seront interprétées et exploitées des frappes lancées par les aviations occidentales pour protéger des ruines antiques (alors que les populations n'ont pas été protégées, notamment lors des attaques au gaz), et pour venir en aide aux forces d'Assad ?

Le dilemme est impossible à résoudre :

- soit on laisse succomber un nouveau site antique d'une exceptionnelle richesse, connu dans toute l'Humanité ;

- soit on alimente nos ennemis, leur propagande et leur légitimité, en agissant de la pire des manières.

Ce dilemme, dans lequel nos politiques nous plongent une nouvelle fois, est sans issue. Il est malheureusement commun aux nombreux défis auxquels notre pays est confronté : comme avec la crise, la finance, la dette, le communautarisme, la crise environnementale....

L'urgence est grande.

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