QU'EST CE QU'UNE GUERRE CIVILE ?

Avant d’avancer dans l’étude d’histoire comparée des guerres civiles syriennes, iraquiennes et libyennes, il apparaît important de procéder à quelques rappels théoriques de ce qu’est une guerre civile.

J’aborderai ici non seulement la définition de ce phénomène historique, mais également les implications et conséquences, ce qui est important pour bien comprendre en quoi les évènements en cours dans ces différents pays (j’écarte faute de connaissance l’Ukraine même si chacun pourra éventuellement utiliser les informations partagées ici pour les appliquer à la situation dans le Donbass que je n’étudie pas – les journées n’ont que 2’ heures).

Je précise que le propos peut paraître aride, mais qu’il s’agit d’une simple analyse, qui ne porte aucun jugement sur les horreurs et les drames que toute guerre et toute violence peut engendrer pour les populations frappées par un mal aussi détestable qu’irrésistible.

Définition de la guerre civile :

Comme son nom l’indique, la guerre civile est une guerre qui ne concerne pas seulement des militaires, ou toute autre catégorie sociale dédiée au maniement des armes et à la défense de la collectivité.

En histoire militaire, on distingue donc traditionnellement les guerres civiles des guerres internationales (qui mettent aux prises deux pays ou nations distincts).

Sans entrer dans les détails, et en prenant pour base la définition traditionnelle de la guerre (« la lutte armée et sanglante entre groupements organisés » cf. Gaston Bouthoul), on peut critiquer aisément cette définition trop restrictive puisqu’elle fait appel à des notions telles que le droit international ou l’existence d’un Etat, qui sont loin de recouvrir tous les phénomènes historiques relevant de la guerre civile.

Si évidemment, la guerre civile fait aujourd’hui référence pour la plupart d’entre nous, à un conflit à l’intérieur d’un Etat, il n’en a pas toujours été ainsi, et la notion de guerre civile préexiste ainsi à l’apparition des Etats dans l’histoire humaine.

La notion de guerre civile fait avant tout appel à une intériorité intrinsèque du conflit. La guerre civile est la guerre qui frappe, divise une communauté politique préétablie, qu’il s’agisse d’un empire, d’une monarchie, d’une entité politique (tribu, califat..) ou d’un Etat ou d’une nation.

Il s’agit d’une lutte armée et sanglante entre groupes à l’intérieur d’un même groupe, et non pour la défense de ce groupe contre une menace extérieure (cette idée est centrale pour définir une guerre civile, donc je la répète lourdement).

Cela signifie que les combattants d’une guerre civile faisant partie d’un même groupe (clan, tribu, nation, état, empire…), se connaissaient, et vivaient en commun.

Et surtout, cette connaissance et cette vie en commun impliquent que les combattants d’une guerre civile partageaient de manière plus ou moins affirmée et complète, une communauté ou une identité de valeurs, de culture, d’histoire, de confession, de langue, de résidence, etc.

Le fait sous-jacent à une guerre civile est l’idée de déchirement, de séparation, de division (de fitna disent les musulmans). Il ne s’agit pas d’un affrontement traditionnel ou héréditaire mais d’un conflit interne qui marque une rupture intérieure, sépare une communauté de vie et jette les uns contre les autres ses membres.

Enfin, une guerre civile n’est pas nécessairement un conflit asymétrique, c’est à dire un conflit opposant deux camps de force militaire inégale. Malgré les nombreux exemples contemporains, qui peuvent laisser penser le contraire, la distinction grande guerre/petite guerre (guérrilla en espagnol) ne correspond dont pas à la distinction conflit interne/guerre extérieure.

La question de l’asymétrie des moyens de guerre est donc indifférente pour qualifier une guerre de civile ou non. Songeons à la guerre sécession américaine, ou à la guerre civile d’Espagne, pour des guerres civiles symétriques.

Le commencement d’une guerre civile :

Comme toute guerre, la guerre civile implique un déplacement de normes.

Par exemple : le meurtre qui était interdit devient une obligation, le citoyen soucieux de la dépense publique se fait ardent défenseur de l’endettement et de la volatilisation de ses précieuses économies en effets pyrotechniques divers, et parfois dangereux…

Mais contrairement aux guerres internationales, le changement de norme se fait de manière désordonnée, voire chaotique.

Le passage de l’état de paix à l’état de guerre n’est donc que rarement clair, et linéaire. Ecrire cela ne signifie pas que toutes les guerres extérieures se distinguent clairement de la paix, mais en revanche il est très rare qu’une guerre civile se « déclare » officiellement.

C’est ainsi que le déplacement de normes lors d’une guerre civile peut être plus ou moins soudain, mais s’effectue toujours sans ordre ni limitation par un pouvoir supérieur.

Rappelons que l’Etat (ou l’autorité politique pour les sociétés plus anciennes) se définit par le fait qu’il possède le monopole de la violence légitime au sein de la société, du groupe humain.

Or, par définition, la guerre civile amène à la fin de ce monopole (qu’il s’agisse d’une contestation de l’autorité, ou d’un effondrement de celle-ci), et à l’irruption de multiples sources de violence légitimées par un état de fait.

C’est tout le drame de la guerre civile que la guerre surgit au milieu même de la Société, l’impliquant dans son ensemble, sans qu’aucun des rites sociaux propres à la guerre (qui existent depuis l’Antiquité – les exemples sont multiples, citons le temple de Janus, les hérauts du Moyen-âge ou l’affiche de mobilisation générale des Etats-nations industriels) ne vienne encadrer et limiter ce déplacement de normes.

L’ennemi est partout, et les règles qui pourraient limiter les désordres et la violence n’existent plus.

Pire encore, ce déplacement de normes s’étend à tous les segments de la société : les activités économiques interdites deviennent autorisées (trafics, drogues, etc.), les circuits de financement des activités, de redistributions des ressources, de prélèvements fiscaux sont bouleversés, etc.

Ce changement est donc plus traumatisant et plus déstabilisant, les rituels et verrous mis en place pour protéger la Société des écarts des combattants n’existent pas.

Ce surgissement du conflit dans le chaos n’exclut pas le caractère structurel des guerres civiles (inhérentes par exemple à tout l’empire romain, qui est resté dépourvu de règles successorales jusqu’à sa chute).

Ce changement de norme va bien au-delà de la disparition d’uniformes ou d’institutions militaires (disparition souvent temporaire nous le verrons), et il s’inscrit en revanche pleinement dans le processus de barbarisation qui est l’un des signes les plus marquants de la guerre civile.

Ce désordre dans le passage de l’état de paix à celui de guerre civile explique qu’il soit parfois difficile de qualifier clairement, de dater précisément ce passage. Le début d’une guerre civile peut ainsi prendre des années, comme bredouillant entre les phases de violence et de trève.

Enfin, les causes d’une guerre civile peuvent être multiples, qu’il s’agisse des raisons officiellement invoquées par les combattants, comme des origines structurelles mises en lumière par l’historien bien plus tard (et souvent différentes de ce qu’en disent les acteurs).

Les guerres civiles peuvent être des guerres de succession, des guerres de sécession, des guerres de religion ou idéologiques, des guerres raciales ou sociales…

Les objectifs poursuivis par les belligérants engagés dans une guerre civile sont donc indifférents pour la qualification du phénomène, comme pour en analyser les conséquences comme nous allons le voir ci-dessous.

Spécificités de la guerre civile :

Sur la base de la définition de la guerre civile, on peut identifier trois spécificités intéressantes :

-       la barbarisation

-       l’ultra-violence

-       la polarisation

-       l’internationalisation

-       la stabilité de l'état de guerre civile

 La barbarisation

La barbarisation est un des processus d’une guerre, mais il n’est systématique que dans les guerres civiles.

Il ne s’agit pas seulement du changement de normes inhérent à toute guerre, mais de modifications importantes au sein des sociétés en guerre : les psychologies, les réactions individuelles et collectives, les modes de vie, les matériels, etc.

La barbarisation se manifeste par une perte de complexité et de modernité des armées (en termes d’organisation et de matériels). Elle se manifeste aussi par un nivellement par le bas des forces armées opposées.

Les armées et forces de police constituées se dégradent au fur et à mesure de l’affrontement jusqu’à ressembler aux milices et aux groupes de civils militarisés. C’est notamment flagrant durant la guerre de sécession américaine, mais aussi durant les guerres civiles mexicaines, russes ou espagnoles, où il devient impossible de différencier les unités de troupes régulières des milices armées.

Il frappe aussi les institutions politiques, les services publics, la qualité de vie, et la satisfaction des besoins fondamentaux de ses membres qui légitiment une société et qui sont pour les sociétés modernes : nourriture (et eau potable), santé, sécurité, éducation et transport.

Ce processus de barbarisation peut parfois se rencontrer dans des guerres internationales, mais il n’est aussi complet et systématique que dans une guerre civile, et c’est ce qui marque souvent les contemporains.

Il induit en effet une perte de repères parfois brutale et déstabilisante, une idéalisation de la période antérieure à la guerre civile, une dépression morale et intellectuelle, et des phénomènes d’émigration de masse (qui sont rarissimes dans les conflits internationaux).

Une ultra-violence :

Malgré la définition de la guerre comme phénomène de violence collective et concertée, il faut relever que les guerres internationales sont encadrées dans l’histoire par de multiples mécanismes limitant la violence, aussi bien au regard des combattants blessés ou prisonniers, que des civils.

Il existe même des cycles relatifs à cette modération de la violence guerrière, surtout lorsqu’elles sont le fait de professionnels, qu’il s’agisse de mercenaires stipendiés, ou de soldat de métier chargé de défendre leur communauté.

Après chaque « révolution des affaires militaires », on constate ainsi la mise en place de normes, ou de règles, permettant de limiter la violence au strict nécessaire dans les conflits internationaux. Et ce jusqu’à la révolution suivante, bien sûr…

La guerre civile présente en revanche, une ultra-violence permanente qui la place parmi les pires évènements historiques pouvant frapper  une communauté.

Cette ultra-violence s’explique par trois facteurs cumulatifs :

-       le conflit se déroulant à l’intérieur d’un groupe humain, il se construit en rupture avec les règles admises. La guerre civile est par définition une guerre sans règles où tout est permis aux combattants, surtout le pire. La distinction entre les civils et les militaires perd sa pertinence, comme les hiérarchies militaires ou les pratiques d’auto-modération (mercenaires, soldats vétérans,…).

-       Le conflit interne qu’est la guerre civile suppose que des membres d’un même groupe humain se battent les uns avec les autres.

Or, la haine n’étant pas un sentiment contrôlable, il est donc nécessaire pour les combattants de déshumaniser un ennemi qui est si proche d’eux. C’est ce qui explique que les guerres civiles soient toutes accompagnées de ces actes horribles, montrant le pire de ce dont l’homme est capable : viols, massacres, meurtres, tortures, pillages et destructions gratuites…

Les ennemis qui s’affrontent lors d’une guerre civile ont besoin de cette ultra-violence pour faire naître et alimenter la haine nécessaire au combat. Et la connaissance que les différents camps opposés ont les uns des autres amène à ce que cette ultra-violence soit encore plus terrible car dirigée sur les points faibles (l’exemple des viols des femmes bosniaques par les serbes ou des égorgements commis par les Croates lors de la guerre de Yougoslavie, marquent parce qu’ils touchent les symboles ou les éléments les plus sensibles d’un ennemi qui était hier un voisin).

-       enfin, l’ultra-violence est aussi un moyen de se distinguer pour des groupes constitués dans une guerre civile, qui n’ont ni la légitimité (tradition, gloire passée, reconnaissance publique,…), ni l’aura d’une tradition militaire, et qui doivent amener les autres belligérants à se polariser autour d’eux (voir plus bas).

L’ultra-violence est ainsi dans une guerre civile, le signe « d’efficacité » militaire permettant à une milice de montrer sa puissance et de recruter ses rangs.

 

Cette ultra-violence inhérente explique que les crimes et atrocités à grande échelle de la soldatesque, qui sont l’exception dans les guerres internationales (Sac de Magdebourg, Ravage du Palatinat, Blitz sur Varsovie, Rotterdam, Coventry ou Belgrade, bombardement de Dresde,…), deviennent la règle dans les guerres civiles, où ce sont les moments de modération et d’indulgence qui deviennent l’exception marquant les contemporains (Jules César, Charles de Bonchamps…).

La polarisation des camps :

Dans une guerre internationale, les camps sont définis clairement par les groupes humaines opposés, qu’il s’agisse de tribus, de nations, d’empires (même s’il peut y avoir des trahisons ou des changements d’alliance).

Lors d’une guerre civile, les camps sont rarement bien définis au début, et l’un des enjeux de la guerre civile (et la cause de sa prolongation), réside souvent dans la constitution de camps cohérents, dans le cadre d’un processus de polarisation.

Ce processus de polarisation peut prendre quelques heures ou quelques jours (Malraux l’a décrit ces nuits de juillet 1936 à Madrid où le téléphone permettait d’identifier les amis/ennemis), ou des décennies, mais il constitue l’une des spécificités de la guerre civile.

En effet, il ne s’agit pas comme dans un conflit international de vaincre un ennemi extérieur, si possible en s’alliant avec d’autres, mais d’abord de séparer un groupe humain préexistant, avant de pouvoir former des camps, qui tendront progressivement vers deux (sans toujours y arriver).

L’entrée en guerre civile passe donc par un morcellement du groupe à l’intérieur duquel elle survient, et ensuite par une polarisation.

Le morcellement des groupes existants est la conséquence du changement de norme, et de la perte d’efficacité des institutions existantes, qui soit s’effondrent, soit sont contestées. Ce morcellement peut être partiel pour certains groupes (souvent ceux qui sont déjà armés) mais il est toujours observé.

Les membres du groupe humain, qu’ils choisissent d’être acteurs ou non du conflit, doivent se regrouper selon des critères qui peuvent très différents selon les conflits et les situations.

Dans l’histoire, le morcellement initial que l’on peut observer lors du début d’une guerre civile est fondé sur deux critères primordiaux:

-       la famille ou la parenté ;

-       le voisinage ou le territoire.

Des plus anciennes guerres civiles au plus contemporaines, les premières milices s’organisent ainsi sur ces deux critères.

Mais ce n’est qu’une première étape, puisque ces « groupes primaires » constitués (rarement créés ex nihilo), vont ensuite se polariser, se regrouper, se  fédérer, s’amalgamer jusqu’à former des camps dont l’affrontement va pouvoir se déployer, devenant d’ailleurs plus « compréhensible » pour un observateur étranger.

Les critères de polarisation des groupes primaires peuvent être très différents selon la société touchée par la guerre civile. Il peut s’agir :

-       d’un critère racial et/ou territorial ;

-       d’un critère confessionnel ;

-       d’un critère idéologique et/ou social.

La particularité d’une guerre civile est ainsi que les camps qui vont s’affronter vont se former au cours de l’affrontement.

Le ou les critères sont parfois évidents (guerre de sécession) ou parfois difficiles à prévoir, lorsque la société dans laquelle se déclenche la guerre civile, est traversée de crise multiple.

En revanche, l’histoire montre que la plupart des polarisations vont se réaliser sur des critères qui correspondent à une crise préexistante de la société, qu’il s’agisse d’un problème nouveau, ou ancien et refoulé ou contesté.

En effet, qu’il s’agisse de guerres de sécession, de guerres de religion, d’une révolution ou de guerres idéologiques, dans chaque cas, on constatera que l’autonomie du territoire, la question confessionnelle, politique ou idéologique sont des éléments sous-jacents qui préexistent.

La polarisation inhérente à la guerre civile correspond donc à des failles ou des séparations du groupe concerné, qui préexistent et qui sont plus ou moins niées, ou oubliées.

Rappelons enfin que le processus de polarisation peut être inachevé (beaucoup de guerres civiles voient s’affronter plus de deux camps), et qu’il est fortement influencé par l’efficacité militaire (et la violence) des groupes (la polarisation privilégie ainsi les groupes les plus extrêmes de chaque camp), mais aussi par les influences étrangères.

La guerre civile est en effet également marquée par une internationalisation du conflit.

L’internationalisation de la guerre civile :

Il n’existe pas de guerre civile, telle que définie ici, qui ne se soit pas déroulée sans intervention, officielle ou secrète, directe ou indirecte, des groupes étrangers, à commencer par les voisins.

 L’internationalisation d’une guerre civile, comme les concepts de « proxy wars » sont donc inhérents à toute guerre civile.

Même lorsque la guerre civile n’est pas consubstantielle à un conflit international (par exemple extension à un pays d’un conflit voisin, guerre civile suivant une défaite face dans un conflit extérieur, etc.), il y a toujours des ingérences, des interventions étrangères dans une guerre civile.

Il n’est pas possible à un pouvoir politique de ne pas s’ingérer dans la guerre civile qui se déroulerait dans son voisinage.

Cette ingérence peut intervenir pour plusieurs objectifs :

-       entretenir ou faire cesser le conflit

-       amener la victoire d’un camp ou lutter contre la victoire d’un camp

-       défendre ses intérêts ou agrandir son territoire.

Elle peut découler de l’engagement de volontaires ou d’armées, ou de l’envoi de matériel, ou même en tolérant simplement des campagnes de presse ou de financement privé, en soutien ou opposition à l’un des camps en présence,

A ce stade, il convient de distinguer cette internationalisation d’une manipulation venue de l’étranger. Par son caractère endogène, une guerre civile ne peut résulter exclusivement d’un « complot » extérieur, même lorsque l’internationalisation est très rapide et préparée (parfois avant son déclenchement officiel).

En effet, les entités étrangères (Etats, nations, puissances...) qui interviennent toujours dans une guerre civile, ne peuvent être tenues pour seules responsables d’un conflit interne, qui comme nous l’avons vu, mobilisent d’abord des combattants intérieurs pour des facteurs et sur de critères endogènes jusque-là réprimés ou niés.

La théorie du « complot étranger », qui est très fréquemment conçue par au moins un des camps, n’est qu’un élément de langage d’une propagande, qui cherche ainsi à nier ou réduire les problèmes internes qui sont les facteurs de l’émergence et du développement d’une guerre civile.

La stabilité d’une société de guerre civile :

La guerre civile voit ainsi l’effacement des institutions politiques précédentes, qui sont remplacées par des nouvelles autorités, souvent assises sur la violence.

De même, l’économie de paix est détruite, remplacée par une économie de guerre civile.

De nouvelles autorités politiques apparaissent, avec un renouvellement rapide des élites politiques et militaires, dont la légitimité, le pouvoir et la richesse n’ont d’autre origine que la guerre elle-même.

Il découle de cela qu’une société de guerre se met en place, dont la raison d’être est la continuation du chaos et de l’économie liés à la guerre civile.

Si le phénomène du mercenariat a pu voir apparaître des entrepreneurs de guerre lors de conflits internationaux, c’est une des grandes spécificités de la guerre civile d’impacter toute la société, et de tendre vers un « équilibre » de guerre. Cette stabilité constitue un obstacle intrinsèque à tout projet de paix, et explique les difficultés fréquentes à terminer une guerre civile, qui se prolongent souvent en une succession interminable de trêves et de reprise des violences.

 

Une fois avoir rappelé ces éléments constitutifs, on se rend compte que la perception que l’on peut avoir des guerres civiles qui frappent la Syrie, l’Irak et la Libye, s’en trouve modifiée.

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