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Billet de blog 21 août 2015

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21 août 2013, attaque d'Assad au gaz contre la Ghouta - Les preuves

C'était le 21 août 2013 qu'a eu lieu l'attaque au gaz d'un quartier insurgé de Damas, par un bombardement de 8 roquettes pendant la nuit. Ce fut le franchissement de la "ligne rouge" définie par Obama.

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C'était le 21 août 2013 qu'a eu lieu l'attaque au gaz d'un quartier insurgé de Damas, par un bombardement de 8 roquettes pendant la nuit. Ce fut le franchissement de la "ligne rouge" définie par Obama.

Qui a commis ce massacre ?

Les mêmes responsables que ceux qui viennent récemment de bombarder aux barils d'explosif un marché bondé, dans le secteur de Douma (à proximité de Ghouta, dans la banlieue de Damas). Il convient de noter que ce bombardement visant des civils est intervenu en au moins deux vagues, la seconde frappant les secours déployés suite à la première attaque.

Pourtant, nombreux sont les complotistes de tous bords à nier la responsabilité des forces d'Assad, au point que le franchissement de la fameuse "ligne rouge" n'engendra aucune conséquence, les USA préférant une solution "diplomatique" (destruction de l'arsenal d'armes chimiques de l'armée d'Assad), face au soutien de la Russie et au risque de "destabilisation" de la région.

Rappelons que les thèses vont fleurir pour :

1)- dans un premier temps nier le caractère chimique du bombardement. Le premier réflexe des soutiens d'Assad est donc la négation du crime commis par leur "héros".

2)- Puis les preuves de l'emploi du gaz (Sarin) s'accumulant rapidement, la défense va "contre-attaquer" en accusant les rebelles d'avoir eux-même agi en vue de "provoquer" une intervention des USA. C'est la déclaration officielle du Ministère des affaires étrangères russe, par son porte-parole Aleksandr Lukashevich qui fait état dès le 23/08/13 d'un acte criminel clairement provocateur, prétendant que des informations auraient circulé sur le net sur cette attaque avant son déclenchement (thèse désormais classique des complotistes). Cette thèse a reçu un renfort de poids avec les déclarations de Mère Agnes Mariam de la Croix, qui déclare qu'il s'agit d'un coup monté par les rebelels qui ont massacré des hotages pris dans la région de Lattaquié par le JAN. Elle produit un rapport qui se révèle un modèle de désinformation (disponible ici).

Il s'avère que les otages qu'elle identifié comme victime de ce massacre qui aurait été perpétré selon elle par les rebelles seront relâchés en mai 2014 (et de toutes les façons ils n'auraient pu être transportés de la zone du JAN au nord-est de Lattaquié jusqu'à la Goutha en quelques semaines).

Afin "d'affiner" cette théorie, une autre explication complotiste va apparaître dès le 29 août 2013 : il s'agirait d'une erreur des rebelles armés de gaz grâce à l'Arabie Saoudite : cette théorie est née sur le net par un article (qui est ici), qui est là encore un modèle de propagande.

Les détails donnés sont nombreux, jusqu'au prince saoudien qui aurait fourni les gaz (Prince Bandar), mais Dave Gavlak qui est mentionné comme l'auteur de l'article va nier l'avoir écrit, et l'autre auteur (Yahya Ababneh) présenté comme journaliste jordanien free-lance est inconnu. Il s'agit d'un texte traduit en anglais par Dave Gavlak, qui affirme n'avoir effectué aucune enquête ni aucun des contacts qui sont mentionnés...

3)- sous la pression internationale, la Russie va consentir à ce qu'une enquête soit effectuée sur place (tout en s'inquiétant de la sécurité des enquêteurs dans une zone de combats qu'elle alimente en armes et en munitions - sic), mais par un tour de force lié aux rapports de force internationaux au sein de l'ONU (alors encore marqués par l'intervention "forcée" par la France et les USA en Libye), elle obtient que l'enquête ne porte que sur la réalité du gaz et non sur les responsables de ce bombardement.

4)- Pour autant, l'enquête va rapidement confirmer la réalité et la nature du gaz employé - le sarin - et à mesure que les enquêteurs de l'ONU sur place accumulent des preuves contre les troupes d'Assad, se développent d'autres théories complotistes, dont la principale va désormais viser la Turquie.

Il s'agit d'un article d'avril 2014 paru sur le même site Mintpress qui avait déjà propagé la théorie d'une attaque de gaz "saoudienne". L'article fait appel à plusieurs "'autorités" : Seymour Hersch, Theodor Postol... pour contrer la thèse sur la responsabilité des troupes d'Assad.

Selon cette thèse, il s'agirait d'un matériel livré par la Turquie aux rebelles.

Là encore, l'article cherche avant tout à renverser la responsabilité, d'un régime dictatorial et criminel soutenu par la Russie vers... les USA (l'article cite ainsi My Lai et Abou Ghraib, soit tout le "panthéon" des crimes de guerre américains - il manque juste Little Bir Horne et Kaycee Ranch battle).

La découverte de nombreuses preuves (restes de roquettes "Volcano" et d'autres pièces) obligent les théories complotistes à des assauts de mauvaise foi et de complexité pour expliquer comment les rebelles auraient pu "s'auto-bombarder" avec un matériel qu'ils n'avaient pas mais que leurs ennemis (les troupes d'Assad mais aussi Hezbollah) avaient en nombre et utilisaient chaque jour contre eux...

C'est alors l'escalade dans la complexité du "complot" qui a mené à l'attaque au gaz : Al-Qaida est désigné comme l'auteur du bombardement, et les théories vont citer la Turquie, puis la Géorgie, puis Israël... Et parfois plusieurs de ces pays mêlés : toujours des alliés des USA, et toujours des opposants de la Russie (c'est flagrant avec la Géorgie). Ces théories variées et qui ne s'embarrassent pas de cohérence entre elles, émanent de Seymour Hersch et de Gordon Duff, et se basent sur les nombreuses vidéos montrant des armements bricolés pour adresser des projectiles employés par les rebelles syriens (souvent appelés "hell canon"), et sur le postulat que l'armée d'Assad n'emploie jamais de tels matériels. Or, l'armée d'Assad, comme les milices du régime (et le Hezbollah) emploient aussi de tels matériels, et les roquettes qui ont été les vecteurs de cette attaque ont été identifiées par l'enquête et font partie de l'arsenal de l'armée d'Assad utilisé dans le secteur de la Ghouta.

5)- enfin les théories complotistes vont utiliser l'inaction blâmable d'Obama à la suite du franchissement de sa "ligne rouge" comme démonstration de l'absence de responsabilité d'Assad dans ce massacre.

Si Obama n'a pas attaqué le régime, c'est la "démonstration" ab absurdo qu'il n'est pas sûr de la responsabilité, voire qu'il a des éléments (qu'il ne communiquera bien évidemment pas) montrant le contraire.

Or, cet argument ne tient pas puisque l'inaction d'Obama s'explique d'abord par l'opposition tenace de la Russie, et la fragilité de la position des USA dans la région face aux tensions locales : KSA, Turquie, Iran... Et ensuite, c'est la Russie qui a fini par "lâcher" en acceptant que l'arsenal chimique d'Assad soit détruit sous supervision internationale (ce qui démontre la réalité des responsabilités, et qui "sait mais ne dit pas").

L'analyse chimique de l'agent sarin utilisé lors de cette attaque démontre qu'il s'agit d'un gaz syrien, et le taux d'hexamine est caractéristique des gaz employés par l'armée d'Assad. la responsabilité du régime n'est aujourd'hui plus douteuse, et il est primordial de rappeler qu'avant même l'Etat islamique, ou les différentes factions rebelles, c'est le régime d'Assad qui tue le plus de syriens.

Enfin, la portée  de ces roquettes est de 2 km. Le 21 août 2013, l'armée d'Assad est à l'offensive notament dans la zone entre Jobar and Qaboun soit à moins de 2 km des impacts (6 des 8 roquettes sont tombées entre 1,5 et 1,8 km des positions des forces d'Assad, seules 2 seront tombées à 2 km).

Tous les arguments prétendûment "techniques" opposés par les complotistes ne prennent pas en compte ces réalités : vecteur et gaz utilisé, portée et position, configuration tactique (l'armée d'Assad est alors à l'offensive).. tout désigne les forces d'Assad.

Et surtout, les théories complotistes faisant appel à des "puissances étrangères occultes" supposent des faits invraisemblables : les gaz fabriqués par le JAN à Alep, comment les transporter jusqu'à la Ghouta ? Comment les stocker ? comment les employer ? comment les cacher ? et surtout, pourquoi tirer sur ses propres enfants

La solution à la guerre, comme la victoire sur l'Etat islamique, passent nécessairement par la fin de ce régime criminel et la traduction des responsables de ces horreurs devant un Juge.

Et surtout que nous ne reproduisions plus jamais cette inaction criminelle qui a été la porte ouverte aux pires atrocités : en refusant d'intervenir alors, le monde s'est humilié, et la destabilisation tant crainte s'est accélérée, entre extensions de l'Etat islamique, désastre humanitaire et culturel et émigration incontrôlée dans toute l'Europe.

Pour finir, quelques photos (attention images choquantes et insoutenables) des victimes de cette attaque du 21 août 2013, pour ne pas oublier et refuser de soutenir Assad.

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