A l'invitation de son maire Damien Carême, nous nous sommes rendus ce jeudi 27 janvier, avec une délégation d'élu/es écologistes sur le site de Grande Synthe pour constater la situation humaine dramatique que vivent les migrants qui ont fui la misère et la guerre dans leur pays d'origine.

Ce sont aujourd'hui près de 2.400 personnes qui se sont installées sur ce site en quelques semaines (NB: Grande Synthe compte 21.000 habitant/es). Ils sont pour la plupart d'origine kurde et ont fui des zones de conflit où leur vie était menacée. Il leur en a coûté 5.000 à 10.000 euros pour rejoindre l'Europe et l'espoir d'une vie en sécurité et digne.

Mais le message de "bienvenue" que leur adresse notre pays est tout autre. Les conditions de vie sur place sont terribles, indignes de la France du 21e siècle. "La boue", c'est ce que l'on retient en premier. Des centaines de tentes, des centaines de personnes - enfants, femmes, hommes - vivent, dorment, jouent, vont à l'école - dans ce décor d'un autre temps. Ce contexte est aussi celui de l'insécurité, les organisations de "passeurs" restant omniprésentes sur le site.

grande-synthe-3 © Celia Blauel grande-synthe-3 © Celia Blauel

 

Face à cette situation d'urgence et de détresse humaine, j'ai un profond respect pour le Maire de Grande Synthe, ses équipes ainsi que celles de l'association Médecins sans Frontières, qui depuis des semaines travaillent pour accueillir les migrants dans des conditions plus dignes. Hier et aujourd'hui en fournissant des tentes, des toilettes et des points d'eau, et en organisant la solidarité. Demain, par la création d'un site d'accueil respectant les normes internationales. Je tiens aussi à saluer les habitants de Grande Synthe et des communes alentours qui, dans leur grande majorité, accompagnent cet élan de solidarité et rejettent les messages de haine vis à vis des migrants.

Cette dynamique locale est d'autant plus exemplaire qu'elle se fait dans un contexte de totale démission de l'Etat, dont relève pourtant la compétence d'accueil des réfugiés. Il n'est pas concevable que les élu/es locaux aient à assumer seuls la question de l'accueil des migrants, alors que c'est l'un des enjeux majeurs des décennies à venir pour nos territoires.

A toutes celles et ceux qui prennent position de manière forte dans les médias et les hémicycles, je leur conseille de se rendre sur place et de venir constater la réalité de la situation. 

Sans doute cela permettra t-il de se rendre compte de la futilité d'un débat sur la déchéance de la nationalité pour se concentrer enfin sur les réelles problématiques : lutter contre le terrorisme en asséchant ses ressources financières et en stoppant les achats de pétrole, intensifier les dispositifs de solidarités internationales, et redistribuer les richesses dans le cadre d'une transition écologique ambitieuse de nos sociétés.

L'heure ne doit pas être aux grands éclats de voix mais bien à l'action concrète et responsable.

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