Ron Paul, le 03 juin 2019
La semaine dernière, dans un article de mon quotidien Ron Paul Liberty Report (voir traduction en bas de ce billet), nous nous sommes posé la question de savoir si les gouvernements américain et britannique essayaient réellement de tuer Julian Assange, éditeur de Wikileaks en prison. Il y a plus de sept ans, Assange s'est vu accorder l'asile par le gouvernement équatorien parce qu'il craignait que des accusations d'espionnage ne soient portées contre lui par Washington. Il a passé ces années dans une petite pièce de l'ambassade de l'Equateur à Londres, sans soleil, sans air frais, sans exercice physique, sans traitement médical.
Ensuite, le Fonds monétaire international, contrôlé par les États-Unis, a accordé un prêt de quatre milliards de dollars au président équatorien, Lenin Moreno (élu en 2017, en remplacement du président qui avait accordé l'asile) et Moreno a remis avec empressement Assange aux autorités britanniques, qui l'ont renvoyé le même jour devant le tribunal pour répondre de son manquement à la liberté sous caution. Pas d'examen médical après sept ans d'assignation à résidence. Directement au tribunal. Il a été condamné à 50 semaines - la peine maximale.
Et que s'est-il passé pendant qu'il purgeait sa peine dans la célèbre prison de Belmarsh ? L'administration Trump a décidé d'aller là où l'administration Obama avant lui n'osait pas aller : il a été inculpé de 17 chefs d'accusation en vertu de la loi américaine sur l'espionnage et risque maintenant 170 ans de prison - ou pire - une fois la formalité de son audience d'extradition terminée, il risque la prison à vie pour avoir agi en tant que journaliste - publiant des informations sur le gouvernement américain qui sont clairement d’intérêt public.
Mais veulent-ils vraiment le juger ?
Lorsque le citoyen américain, Otto Warmbier, est mort dans la cellule misérable d’une prison nord-coréenne après s'être vu refuser un traitement médical approprié, le monde occidental a été dégoûté par le mépris de Pyongyang pour les droits humains fondamentaux. Aujourd'hui, nous savons que l’état de santé de Julian Assange ne lui permet pas de comparaître, ne serait-ce que par vidéo, à ses propres audiences. Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Nils Melzer, a enquêté sur le traitement d'Assange au cours des neuf dernières années et a conclu que le journaliste avait été "victime d'une torture psychologique brutale".
L'enquêteur de l'ONU N. Melzer a conclu : " En 20 ans de travail avec les victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique, je n'ai jamais vu un groupe d'États démocratiques se rassembler pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu pendant si longtemps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et l'État de droit ".
Les gouvernements détestent qu'on dise la vérité à leur sujet. Ils préfèrent tuer le messager plutôt que d'affronter le message.
Le juge Andrew Napolitano a écrit la semaine dernière que " le but du Premier Amendement [...] est de promouvoir et de provoquer un débat politique ouvert, large et solide sur les politiques du gouvernement ".
Nous devons comprendre que c'est notre premier amendement qui en procès, parallèlement à Julian Assange. L'administration Obama, qui n'était pas défenseur des libertés civiles, a voulu poursuivre M. Assange, mais a décidé que son "crime" était du même ordre que celui pratiqué tous les jours par le journalisme mainstream.
Espérons que le président Trump se remettra de son amnésie - il a loué Wikileaks plus de 100 fois pendant la campagne électorale, mais prétend maintenant ne rien savoir d'eux - et ordonne à son procureur général de démissioner. Assange mérite notre gratitude, pas une vie en prison.
Source ici
Note : Ron Paul est un est un homme politique américain, membre du Parti républicain, il est surnommé "Doctor No" au Congrès parce qu'il est diplômé en médecine et parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine, augmentent les revenus des membres de la Chambre des Représentants, ou augmentent les impôts.
Dans La guerre contre la liberté d'expression, dit Assange : "Tout le monde doit prendre ma place".
Marc Salvo, 30 mai 2019
La santé de Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks, se détériore dans une prison britannique, mais le journaliste a pu envoyer une lettre au public. Dans la guerre contre la liberté d'expression, Assange demande à tous ceux qui s'opposent à la corruption de prendre sa place et de continuer à dire la vérité face au pouvoir.
«Le cas de Julian est d’une importance historique majeure. Cela restera la pire atteinte à la liberté de la presse de notre temps », a déclaré la rédactrice en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, exhortant les populations du monde entier de combattre les bus de pouvoir de leurs politiques, tribunaux, police, prisons qui laisseront une tache noire dans l’histoire.
Dans une lettre manuscrite de la prison de Belmarsh, Assange dit qu'on lui refuse la possibilité de se défendre et que des éléments (des représentants du gouvernement) aux États-Unis " haissent la vérité, la liberté et la justice ". M. Assange affirme que le gouvernement américain veut qu'il soit extradé et qu'il meure pour avoir dit au public l'horrible vérité sur son gouvernement.
La lettre a été envoyée au journaliste britannique indépendant Gordon Dimmack, selon un article de RT. Elle était datée du 13 mai - dix jours avant que les États-Unis n'annoncent 17 chefs d'inculpations supplémentaires en vertu de la loi sur l'espionnage contre le dénonciateur emprisonné. À la lumière du nouvel acte d'accusation, Dimmack a lu la lettre dans une vidéo YouTube. Une photo de la note manuscrite fut bientôt mise en ligne.
La situation d'Assange met en lumière les efforts du gouvernement américain pour empêcher que la vérité ne se sache. "J'ai été isolé de toute capacité à me préparer à me défendre : pas d'ordinateur portable, pas d'Internet, jamais, pas d'ordinateur, pas de bibliothèque, jusqu'à présent, et quand j'y ai accès, c'est pour une demi-heure, avec tous les autres, une fois par semaine", écrit Assange. "De l'autre côté ? Une superpuissance qui se prépare depuis 9 ans, avec des centaines de personnes et des millions déboursés dans cette affaire."
Je suis sans défense. Je suis ininterrompu, quoique littéralement entouré de meurtriers, mais l'époque où je pouvais lire, parler et m'organiser pour me défendre, mes idéaux et mon peuple, est révolue jusqu'à ce que je sois libre ! Tous les autres doivent prendre ma place.
Le gouvernement américain, ou plutôt ces acteurs regrettables qui détestent la vérité, la liberté et la justice, veulent tricher jusqu'à mon extradition et ma mort, plutôt que de laisser le public entendre la vérité, pour laquelle j'ai remporté les plus hautes distinctions en journalisme et j'ai été nominé 7 fois pour le prix Nobel de la paix. La vérité, en fin de compte, c'est tout ce que nous avons. - Julian Assange, lettre manuscrite
La santé d'Assange a beaucoup diminué pendant son séjour en prison. Même avant son arrestation, elle était chancelante. "La décision des autorités pénitentiaires de transférer Assange au service de santé parle d'elle-même ", a déclaré WikiLeaks, ajoutant qu'il a perdu beaucoup de poids et a été à peine capable de parler à son avocat suédois la semaine dernière.
"L'état de santé d'Assange le vendredi était tel qu'il n'était pas possible de mener une conversation normale avec lui ", a déclaré son avocat Per Samuelson aux journalistes après sa visite à Belmarsh. Ces propos ont à peine été rapportés en Suède, et encore moins ailleurs. Les médias ont déjà pris parti, et c'est contre la liberté d'expression.
Traductions Céline Wagner
Source ici