Chelsea Manning au 16 mai 2019

Traduction de l'article paru dans The Sparrow Project : Aujourd'hui, non seulement Chelsea a été remise en prison, mais le juge Anthony Trenga lui a imposé une amende de $500 tous les jours après 30 jours de détention, et $ 1000 après 60 jours...

Article paru dans The Sparrow Project le 16 mai 2019 

Déclaration des avocats de Chelsea Manning concernant la mise en détention provisoire de Chelsea

Alexandria, VA - Aujourd'hui, Chelsea Manning a été placée en détention provisoire par le gouvernement fédéral pour avoir refusé de témoigner devant un grand jury fédéral.

En plus d'être maintenue en détention pendant toute la durée de l'enquête du grand jury, ou jusqu'à ce qu'elle purge son outrage et témoigne, le juge du tribunal de district, Anthony Trenga, a condamné Chelsea à une amende de $500 chaque jour où elle est sous garde au bout de 30 jours et de $1 000 chaque jour en détention après 60 jours.

Bien que des sanctions financières coercitives soient communément imposées aux témoins de corporations, qui ne peuvent être emprisonné pour outrage, il est moins courant de les voir utilisées contre un témoin humain.

Au cours d’une audience scellée, le juge Anthony Trenga a entendu des arguments selon lesquels cette assignation à témoigner postérieure à l’accusation devrait être annulée, considérée comme une tentative inacceptable de contraindre Chelsea à participer à la préparation du procès, ce qui déborde le cadre de la fonction d’investigation du grand jury.

Le juge Trenga a également entendu des arguments sur la question de savoir si Chelsea était soumise à une surveillance électronique illégale, refusant finalement de demander au gouvernement de nouvelles assurances à ce sujet ou d'annuler l'assignation à comparaître.

Avant d'être jugée coupable d'outrage, Mme Manning a été entendue en audience publique pour ses objections au grand jury en tant que procédure secrète allant à l'encontre de ses valeurs.

Les audiences d’aujourd’hui se sont déroulées exactement une semaine après sa libération, après 63 jours d’emprisonnement, dont 28 jours passés en isolement cellulaire, pour refus de témoigner devant un grand jury séparé qui souhaitait obtenir des réponses aux mêmes questions qui lui avaient été posées aujourd’hui.

Les requêtes et les transcriptions peuvent être partiellement descellées après examen et rédaction par les parties et le tribunal.

Capture d'écran Capture d'écran

On trouvera ci-après une déclaration à la presse de Moira Meltzer-Cohen, procureur de Chelsea Manning :

"Nous sommes bien sûr déçus du résultat de l’audience d’aujourd’hui, mais j’espère que ce sera exactement aussi coercitif que la sanction précédente - c’est-à-dire pas du tout.

En 2010, Chelsea a pris la décision de laisser au monde la véritable nature de la guerre asymétrique moderne. Il est révélateur que les États-Unis se soient toujours davantage préoccupés de la divulgation de ces documents que de la substance accablante de ces divulgations.

Le gouvernement américain s'appuie sur le consentement éclairé des administrés, et la presse libre est le mécanisme vigoureux pour nous tenir informés. C’est une fierté pour cette administration d’être publiquement hostile à la presse. Les grands jurys et les poursuites comme celles-ci représentent une menace grandissante pour la presse, et portent atteinte à l'intégrité d'un système conforme au Droit. Cette administration est également obsédée par saper les avancées apportées par le président Barack Obama, allant du recul de la politique de santé à la commutation de Chelsea Manning.

Il appartient à la presse de se défendre, de défendre le journalisme et de défendre Chelsea de la même manière qu'elle a toujours défendu la presse."

Traduction Céline Wagner et Juliette Bouchery

Source ici

Céline Wagner d'après capture d'écran Céline Wagner d'après capture d'écran

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