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Billet de blog 31 mai 2019

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Craig Murray alarme sur la santé de Julian Assange et ses conditions de détention

"Les moulins de Dieu broient lentement, ceux du diable semblent tourner dangereusement vite..."

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L'État implacable

Article de Craig Murray 
Le 31 mai 2019

Nous sommes très préoccupés par l'état de Julian Assange. Il était trop malade hier pour comparaître devant le tribunal et son avocat suédois, Per Samuelson, rapporte qu’il était incapable de tenir une conversation et de donner des instructions. Il montre des symptômes physiques évidents, en particulier une perte de poids rapide, et nous ne sommes pas sûrs qu’une attention particulière ait été portée pour établir un diagnostique médical et en connaître la cause.

Julian était détenu depuis un an dans des conditions de détention déplorables, très confinées et de plus en plus oppressantes à l'ambassade de l'Equateur et sa santé se détériorait déjà de façon alarmante avant son expulsion et son arrestation. Un certain nombre de conditions, y compris les abcès dentaires, peuvent avoir des conséquences très graves si elles ne sont pas traitées à long terme, comme le refus continu du gouvernement britannique et, plus récemment, des Équatoriens de lui permettre un accès aux soins adéquats dans un dénie absolu d’une politique des droits fondamentaux de l'homme.

J'avoue avoir ressenti un certain soulagement personnel après son arrestation, à savoir qu'au moins il recevrait maintenant un traitement médical approprié. Cependant, cela ne semble pas avoir le cas et, depuis qu'il est à Belmarsh, les problèmes de santé de Julian se sont accélérés. J'ai été suffisamment témoin de la complicité de l'État britannique dans la torture pour savoir que cela peut être plus que la simple conséquence d'une négligence involontaire. Que l'homme le plus lucide que je connaisse ne soit plus capable d'avoir une conversation rationnelle est extrêmement alarmant.

Il n'y a aucune raison rationnelle de garder Assange dans un établissement de haute sécurité pour terroristes et délinquants violents. Le motif de sa longue peine d'emprisonnement pour être passé outre la mise en liberté sous caution de la police britannique quand il est entré dans le système d'asile politique, est sans précédent à notre connaissance. Reconnu coupable, Assange peut subir un régime pire qu’en détention provisoire durant sa procédure d'extradition. En particulier, son accès à ses avocats est extrêmement limité et pour un homme confronté à des procédures judiciaires majeures au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Suède, il est impossible, même s'il était en bonne santé, que ses avocats aient suffisamment de temps avec lui pour préparer correctement son dossier alors qu'il est sous les restrictions imposées à un condamné. Bien sûr, nous savons que dans les trois heures qui ont suivi sa sortie de l'ambassade équatorienne, il avait déjà été condamné à une longue peine d'emprisonnement et que l'État n'avait pas l'intention de laisser aux avocats d’Assange le temps de s’y préparer.

J'ai déjà demandé et je demande à nouveau. S'il s'agissait d'un éditeur dissident en Russie, que dirait la classe politique et médiatique britannique de son arrestation par la police armée et de sa condamnation à la prison par un juge sans jury, à peine trois heures plus tard, après une farce de "procès" où le juge l'aurait insulté et traité de "narcissique" avant qu'il ait parlé pour sa défense ? Les médias occidentaux seraient en guerre si cela se produisait en Russie. Ici, ils l'encouragent.

Ci-dessous se trouve une photo de Julian à l'ambassade à des moments plus heureux, pendant la présidence de Correa, avec un groupe uni de personnes formidables dont nous pouvons suivre et raconter chacune des histoires : 

Capture d'écran

De gauche à droite : Thomas Drake, Coleen Rowley, Julian Assange, Elizabeth Murray, Ray McGovern, Nadira, Ann Wright

 Je dois ajouter que j'essaie actuellement de voir Julian personnellement avec deux autres amis proches, mais l'accès est évidemment extrêmement difficile.

Les biens personnels de Julian ont été saisis par les Équatoriens pour être remis au gouvernement américain. Il ne s'agit pas seulement d'ordinateurs, mais aussi de ses papiers juridiques et médicaux. Il s'agit là d'un autre exemple d'une action tout à fait illégale de l'État contre lui. En outre, tout transfert doit concerner le matériel volé qui transite physiquement par Londres, et le gouvernement britannique ne prend aucune mesure pour l'empêcher, ce qui est un signe parmi d'autres du degré de coordination gouvernementale internationale à l’œuvre derrière la piètre apparence d'une action judiciaire indépendante.

Julian est emprisonné pour au moins cinq mois de plus, même avec libération conditionnelle (qu'ils trouveront probablement le moyen ne pas accorder). Après cela, il sera maintenu en détention provisoire. Il n'y a donc pas lieu de se précipiter.

Le refus de la cour suédoise de retarder une audience sur un éventuel mandat d'extradition, et donc de permettre à Julian de récupérer pour qu’il puisse se préparer avec son avocat, et le très bref report de l'audience d'extradition américaine à Londres, avec la possibilité qu'elle puisse avoir lieu dans la prison de Belmarsh si Julian est trop malade pour bouger, sont deux exemples de précipitation totalement inhabituelle et inutile avec laquelle l'affaire est traitée en urgence. Les moulins de Dieu broyent lentement; ceux du diable semblent tourner dangereusement vite.

Enfin, pour ceux qui croient encore que les actions contre Julian, en particulier mais pas seulement en Suède, sont motivées d'une manière ou d'une autre par un souci de justice, en particulier de justice pour les femmes violées, je vous invite à lire cet excellent récit de Jonathon Cook (Article traduit ici). Pour résumer l'époustouflante série d'abus juridiques commis par les États à l'encontre d'Assange, que les entreprises et les médias d'État ont délibérément déformés et cachés pendant une décennie, il n'y a pas mieux à faire. 

Traduction : Céline Wagner

Source ici

© Céline Wagner

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